[Interview] Clint Lowery : renégat repenti !

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Nous avons récemment pu échanger avec Clint Lowery, guitariste de Sevendust et ancien guitariste notamment de Korn et de Seether à propos de son nouvel album solo, God Bless The Renegades ! On a dont pu parler avec lui des différentes périodes de sa vie, ainsi que de sa situation actuelle. Un moment fort !

Pozzo Live : Salut Clint, comment vas-tu ?

Clint Lowery : Je vais bien, comment tu vas, toi ?

PL : Très bien aussi, merci ! Ton premier album solo, God Bless The Renegades, sort le 31 janvier, qu’est-ce qui t’a fait prendre la décision de le faire ?

Clint : J’ai sorti d’autres projets qu’on pourrait appeler des projets solo. J’avais un projet acoustique appelé Hello Demons, Meet Skeletons, j’ai eu un autre projet avec Morgan Rose appelé Call Me No One, mais sortir quelque chose sous mon propre nom, c’est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps. Tout simplement parce que, tu vois, j’ai écrit beaucoup de chant et de parties vocales pour des chanteurs et j’ai chanté toute ma vie sans me considérer comme un « lead singer ». C’était une de ces choses où je sentais que j’avais besoin d’être celui qui chanterait ces mots aux gens. Je pense qu’il y a un certain message dans ces chansons, et je sentais que je devrais être celui qui le livrerait. Et c’était juste quelque chose qui avait besoin d’arriver pour moi, spirituellement, pour ma vie professionnelle ou tout simplement pour ma santé mentale. Je devais le faire. Et cette opportunité géniale s’est ouverte, et me voilà.

PL : Est-ce qu’il s’agit de chansons que tu as composé depuis longtemps ?

Clint : Quand j’étais sûr de faire cet album, je l’ai tout simplement écrit, et ça a fini par être un an et demi environ de chansons. Certaines étaient là depuis un moment, mais la plupart a été écrite sur une période de deux ans. Et j’ai écrit sur toute une variété de styles, toute une variété d’énergies… Je cherchais juste ce que je voulais faire en tant qu’artiste.

PL : Les paroles sont très personnelles, notamment sur Kings, Alive ou She’s Free. On dirait que tu as traversé l’enfer ! Qu’est-ce qui t’a fait prendre la décision de devenir sobre, et de calmer le jeu ?

Clint : Ouais, c’était plutôt la vie, et les conséquences de mes actions qui m’ont complètement exposé jusqu’à un point où j’étais tellement détruit par tout ce qui se passait, perdre ma position dans Korn, perdre mon mariage, perdre beaucoup d’amitiés… Et perdre toutes les options que j’avais ! Donc j’ai touché un fond très conséquent. Et ça m’a remis les pieds sur terre, assez pour écouter, et arrêter de faire les choses à ma manière, et réaliser que la boisson et la drogue ne feraient plus partie de mon voyage. Et tu vois, j’ai fait beaucoup de travail sur moi-même pour rester, pour aller au fond de ce qu’était le problème, mais la réponse courte est que je me suis fait détruire par tout. Par toutes les actions, leurs conséquences et ça m’a remis sur le droit chemin !

PL : Est-ce que c’est devenu plus simple maintenant, ta sobriété ?

Clint : Ouais c’est devenu plus facile. Je n’ai plus le désir de boire ou de prendre de la drogue. C’est parti. Maintenant le seul combat est contre ma personnalité. Essayer de, maintenant que ce n’est plus là, trouver d’autres choses. Et essayer de ne pas répéter de vieilles habitudes. Essayer de ne pas mentir, essayer de ne pas faire d’autres choses qui pourraient causer de l’animosité, et qui pourraient me remettre dans l’état d’esprit que j’avais quand je buvais. Et maintenant j’essaie de faire beaucoup de choses tous les jours, au meilleur de mes capacités, et ça m’aide à rester sobre. Et boire ou faire quelque chose comme ça, ça ne fait tout simplement plus partie de mon voyage.

PL : Tu as mentionné avoir perdu ta place dans Korn, tu leur parles encore de temps en temps ?

Clint : Oui, quand je les vois et parfois je leur parle via les réseaux sociaux, ce genre de choses. Je ne communique pas vraiment avec eux de manière régulière. Si je les vois, c’est toujours un plaisir. Sevendust a tourné avec Korn depuis mon départ. Je parle d’ailleurs beaucoup avec Brian Head Welch ! Parce qu’il est juste un mec super sympa. Il m’a donné des conseils pour le livre, sur son expérience d’écrire un livre, et son soutien m’a beaucoup aidé. C’est juste un mec bien, avec un esprit créatif. Et ironiquement, celui que je remplaçais en quelques sortes, c’est celui avec lequel je parle le plus.

PL : Pour revenir à l’album, comment écris-tu des super riffs compliqués comme celui de Silver Lining ?

Clint : C’est ma préférée ! Je pense que cette chanson aurait pu être une bonne chanson de Sevendust, étant un peu plus mélodique. Et elle a un style que j’aime bien, avec une énergie un peu à la Queens Of The Stone Age tu vois ? Je suis un très grand fan de Josh [Homme, ndlr] et de ce qu’il fait à la guitare, c’est un peu inspiré par ça à certains niveaux. Tu vois, une partie est un peu inspiré par Thrice, j’apprécie ce qu’ils font, ce qu’ils écrivent. Donc ouais, c’était un peu un clin d’œil à ces deux groupes en terme de riffs et tout ça.

PL : Une autre de mes chansons préférées sur l’album est What’s The Matter. Tu peux nous parler un peu de celle-là ?

Clint : Ouais, c’est plus une approche cynique sur comment nous, en tant que société, nous sommes attirés et distraits par le bordel, le chaos. On est distraits par tous les trucs négatifs. Et autant on dit « c’est une tragédie, c’est mal », ça reste du divertissement pour nous. C’est juste un peu parler de ça, sur comment on adore voir ces choses qui nous font juste nous sentir mieux à propos de nous-mêmes parce qu’elles sont si terribles. C’est essayer de le retourner. J’en suis coupable aussi, c’est un peu une lutte de… On devrait chercher des choses plus positives, mais c’est plus divertissant d’être celui qui donne des nouvelles négatives aux gens, et d’être le messager de ce genre de trucs. C’est un peu mon observation là-dessus.

PL : Do We Fear God semble un peu être la lumière au bout du tunnel dans l’album. Est-ce que c’est ce que tu ressens maintenant que les jours sombres sont terminés ?

Clint : Tu es le seul qui m’ait interviewé qui l’aies compris ! C’est la raison pour laquelle je l’ai mise en dernier. C’est très joyeux, encourageant, positif, et c’était le but en le mettant à la fin de l’album, après toutes ces autres chansons et toutes ces expériences différentes, la dernière c’est un peu moi qui me rends à un pouvoir supérieur. C’était intentionnel et c’est plutôt cool que tu l’aies remarqué !

PL : Vous avez aussi joué avec Wolfgang Van Halen sur cet album. Dans quel mesure a-t-il participé aux chansons ?

Clint : Une des raisons pour lesquelles je voulais travailler avec « Wolfie » est parce qu’il a un esprit créatif. Il est un excellent songwriter, il sait beaucoup de choses sur la mélodie, c’est un bon chanteur, tout ça… Je savais que ça ajouterait de la valeur au projet de l’avoir et qu’il en fasse partie. Même si c’est un projet solo, j’adore être autour de gens qui sont juste intelligents, et ont un « QI musical » élevé, et c’est son cas ! Il a vraiment apporté beaucoup en termes de chansons, d’arrangements, vers la fin de la pré-production c’était juste lui et moi et Elvis [Michael « Elvis » Baskette, ndlr]. Et il était juste un super atout en termes de suggestions. Quand on bloquait et qu’on savait pas quoi faire, il avait toujours une idée vraiment bonne, et c’est toujours super de l’avoir dans le coin !

PL : Je trouve que ta voix sonne souvent comme Mark Tremonti, et je sais que vous êtes amis. Est-ce qu’il t’a un peu inspiré à faire ton album solo, d’une certaine manière ?

Clint : J’ai toujours vu Mark comme une sorte d’âme sœur, et dans son groupe il a le même rôle que j’avais dans le mien, et au fil du temps, on s’est rendus compte qu’on était un peu pareils de bien des manières. J’ai viré de bord un peu plus vers l’écriture de chansons, et les pistes superposées, et des choses différentes comme ça, comme guitariste, et il est un peu plus virtuose. C’est un super songwriter, je ne veux pas le lui retirer, mais il se concentre plus sur ça. Et j’aime vraiment le regarder grandir comme chanteur et comme frontman, donc ça m’a carrément inspiré à être assez courageux pour me mettre dans cette situation. Et il l’a fait ! Et il fait un super boulot. Ouais il fait carrément partie de l’inspiration, c’est certain.

PL : Génial ! Tu as aussi été dans d’autres groupes, tu as mentionné Korn, tu es bien sûr dans Sevendust, mais tu as aussi été dans Seether… Comment trouves-tu le temps de participer à tous ces projets ?

Clint : Eh bien le truc de Korn est arrivé quand je n’étais pas un membre actif de Sevendust, il y avait beaucoup d’espace pour ça. Pour Seether, c’est arrivé à la fin du dernier cycle de Sevendust, donc c’était un peu en dehors du chemin de mes deux groupes principaux, donc ce n’était pas difficile de jongler avec. Vers la fin de la tournée avec Seether, Sevendust revenait en studio donc je devais en sortir évidemment, car ça devenait un peu difficile. C’était un peu plus dur mentalement de sauter d’un groupe à l’autre. Je pense que ce n’était pas une des meilleures choses à faire à l’époque, mais je suis reconnaissant de l’expérience, parce que jouer avec un autre groupe te fait apprécier le groupe dans lequel tu es, et te fais voir comment d’autres groupes fonctionnent, comment on a tous nos problèmes. Ça te fait apprécier où tu es.

PL : Je vous ai d’ailleurs vus avec Seether au Bataclan à Paris !

Clint : Ce show était vraiment très cool, on a passé un bon moment. Paris est une très belle ville, on l’adore !

PL : Tu tourneras avec Alter Bridge bientôt, qu’est-ce que tu attends pour ta tournée solo ?

Clint : Ecrire et enregistrer des chansons en studio est une chose, les jouer en live en est une autre. Je pense que c’est ce qui fait d’un groupe un groupe, et ce qui fait d’un projet un projet. Ça le rend réel, jouer sur scène et communiquer ces sentiments à ces gens et voir comment ils réagissent. Pour moi ça sera apprendre à être un frontman en le faisant, m’amuser avec. Je pense que le groupe que j’aurais avec moi est incroyable, je pense que les gens vont l’adorer. Les fans d’Alter Bridge sont super, et sont très loyaux, et je pense qu’ils sont ouverts à ce qu’on fera. Au final la tournée complète s’annonce comme étant un super moment, et très confortable, parce que on a de bonnes relations avec les mecs d’Alter Bridge, du respect, et ça sera super, j’ai hâte !

PL : Peut-on s’attendre à vous voir en Europe, avec peut-être des concerts solo en France ?

Clint : J’espère ! Je pense que ce serait juste incroyable d’aller là-bas avec ça et de le faire ! Les fans là-bas sont si passionnés et soutiennent les artistes… Ouais si l’opportunité se présente, je vais carrément essayer de le faire !

PL : Enfin, quel groupe ou artiste penses-tu qu’on devrait interviewer ensuite ?

Clint : Interviewez peut-être Mark Morton, de Lamb Of God. Il vient de sortir un EP acoustique. Il est sur le même voyage que moi je pense. Donc ouais, interviewez peut-être Mark Morton, je crois qu’il est d’ailleurs en Europe en ce moment !

PL : Merci beaucoup de nous avoir accordé de ton temps, et à bientôt en Europe !

Clint : J’ai hâte !