[Interview] Discussion avec les québécois de Story Untold

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Lundi 20 mai 2019, c’est sur une banquette du O’Sullivans que je tape la causette avec Story Untold juste avant leur concert au Backstage by the Mill

Le jeune groupe fraîchement débarqué de Montréal a accepté de répondre à quelques questions afin de mieux les connaitre.

Story Untold bonjour, pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas, est-ce que vous pourriez vous présenter en quelques mots ?

Janick : Je m’appelle Janick, je chante. Enfin je fais semblant de chanter, tout est pré-enregistré (rires)

Diego : Je m’appelle Diego je suis le vrai chanteur. Non, je chante en même temps que Janick, et je fais de la guitare aussi.

Aiden : Moi je suis Aiden, je joue la basse donc l’instrument qu’on s’en fout un peu, c’est pas important.

Jonathan: Je suis Jonathan je joue le drum et puis j’aime les pizzas.

Janick : Et ensemble nous sommes un groupe qui s’appelle …

Diego : Backstreet boys !!

Janick : Non .. Story Untold (rires)

En mai 2016 vous avez signé chez Hopeless Records, un label chez qui sont signés par exemple Sum 41 ou Silverstein, et même anciennement All Time Low. Est-ce qu’à partir de ce moment là on passe une étape ? Vous vous dîtes qu’on peut voir plus grand ?

Aiden : Définitivement ça aide beaucoup, ça donne une poussée de plus, parce-que y a quelqu’un derrière toi qui t’aide à t’amener plus loin, t’es plus tout seul. Et puis on va pas se le cacher ça aide beaucoup à financer certaines choses. Donc ça nous a permis d’être sur certaines playlists, quelques tournées, le warped tour etc .. C’est définitivement un plus.

Diego : Je ne pense pas non plus qu’il faut s’asseoir sur le fait d’avoir signé chez une maison de disque. Il y a quand même du travail qui vient du band, c’est pas seulement la maison de disque.

Janick : Je pense qu’il y a une espèce de fausse idée que les gens ont beaucoup. Que quand t’as signé avec une maison de disque, t’as comme gagné, que t’as plus rien à faire. C’est pas ça, faut que tu continues de pousser toi de ton côté, puis de faire tes preuves. Parce-que eux sont là pour t’épauler, mais il reste que le gros du travail c’est toi qu’es dans le groupe, toi qui sait ce que tu veux. Et puis il faut que tu fasses en sorte de faire les choses nécessaires pour arriver à tes fins. Le groupe aussi faut qu’il en fasse : travailler, boire de la bière, tout ça …

Début 2018, en février sort votre premier album, Waves, après un EP éponyme. Il y a une grande question autour de l’artwork. Est-ce qu’il a une signification ou bien il est sorti de l’esprit de quelque artiste ?

Janick : On a fait un voyage amoureux moi et Aiden à Toronto (rires). Puis pendant ce voyage amoureux on a été dans un aquarium, puis il a vu une méduse dans l’eau et il s’est dit que ça ferait une bonne pochette d’album.

Aiden : C’est un petit peu plus compliqué que ça, mais c’est pas loin. J’avais pris une photo d’une méduse, je l’avais mise en noir et blanc, puis j’étais comme « hmm c’est quand même très beau, ça pourrait faire une bonne pochette d’album ». De là on est parti et on a envoyé ça comme idée, puis ils sont revenus avec ça, pas plus loin que ça.

Question totalement gratuite pour se faire congratuler en tant que français. On a pu voir sur vos réseaux sociaux qu’il y a quelques jours vous avez passé une journée à Paris, la veille de votre tournée qui débutait par deux dates en Allemagne. Était-ce les vols qui vous obligeaient à passer par Paris ou c’était une volonté de votre part de visiter notre capitale ?

Diego : Un mélange des deux, on voulait tous venir à Paris.

Aiden : On est jamais venu à Paris, puis c’était aussi beaucoup moins cher de voler jusqu’à Paris.

Janick : En fait c’est moins cher l’avion, l’alcool était pas cher, c’était les deux raisons principales. Et puis on était du bon côté pour louer notre van. On pouvait aussi arriver en Angleterre mais c’était de l’autre côté de la Manche. C’est pas forcément ça qui a fait pencher la balance mais c’était un point avantageux.

Vous avez joué en Europe l’année dernière en première partie de With Confidence. Est-ce que c’était important pour vous de vite revenir jouer dans des salles européennes ?

Janick : Je pense qu’on peut tous s’entendre pour dire qu’on avait adoré ça la dernière fois qu’on est venu. C’est pas mal plus que ce qu’on aurait pu espérer avoir.

Diego : C’est tellement différent en Europe par rapport à l’Amérique du Nord, pas que c’est mieux, c’est juste différent. Le monde est très agréable, il nous accueille très bien.

Janick : Les shows sont vraiment plus intenses. C’est pas que le monde en Amérique s’en fout, mais ils sont plus en arrière à regarder le spectacle et pas nécessairement autant disjonctés que le monde ici.

Aiden : De revenir vite, peut-être pas nécessairement, mais de revenir, définitivement, à 100%. Dès qu’on a sû qu’on avait la chance de jouer au Slam Dunk [Ndlr: festival se déroulant en Angleterre fin mai] puis de booker une petite tournée aux alentours on a tout de suite sauté dessus.

On parle de votre retour en Europe et de votre premier passage en France. Est-ce que vous vous rendez compte que dans le monde il y a plusieurs milliers de personnes qui vous suivent sur vos réseaux, qui attendent que vous passiez enfin dans leur pays, comme en France ce soir ? C’est quelque chose que vous visualisez ou qui vous parait encore surréaliste ?

Aiden : C’est quelque chose d’encore un petit peu, comme tu dis, surréaliste. C’est quelque chose que tu réalises pas tout de suite, mais une fois que t’es retourné chez toi, que t’es dans ton lit et que t’y repenses. Mais c’est quelque chose d’absolument incroyable. On a fait deux shows là en Allemagne, le monde était là, ils capotaient, puis nous aussi on capotait. C’est tellement fou, pour moi ça vaut tellement la peine de faire le voyage. C’est incroyable de savoir qu’il y a du monde de tellement loin qui viennent à nos shows, qui nous suivent, qui conduisent des Pays-bas jusqu’en Allemagne, c’est incroyable.

Janick : Il y a aussi le fait qu’on fait des spectacles parfois à 3h de notre maison au Québec puis il va y avoir 5 personnes dans la salle, puis on arrive ici et y a comme 10 fois plus de personnes que quand on fait des shows chez nous. C’est vraiment spécial, je comprends pas ça encore le monde qu’il y a.

Toujours en 2018 après cette tournée, vous êtes rentrés sur votre continent américain et vous avez participé à la tournée complète du Warped Tour [Ndlr tous les groupes ne font pas toutes les dates]. C’est un festival itinérant qui tourne en Amérique. Quel est votre ressenti face à cela ? Qu’est-ce que vous en avez ressorti ?

Aiden : La fatigue principalement (rires)

Janick: J’ai fait deux dépressions suite à ça..

Diego : En vrai ça nous a tous fait grandir. Autant en personne, le fait de se supporter pendant toute la tournée. De voir les fans, de voir les autres groupes qu’on écoute depuis qu’on est jeune, puis de jouer avec eux. C’est une bonne expérience.

Aiden : Le Warped Tour en tant que tel était vraiment un rêve devenu réalité. C’était complètement insane. Mais une fois dedans c’était différent. Tout le monde faisait la tournée en bus, puis on était les seuls crétins qui la faisaient en van. Puis on avait pas de chauffeur, c’était juste nous. C’était vraiment dur, on dormait des 2h par nuit. On était debout de 8h le matin jusque très tard le soir, puis toute la journée au soleil. Là on se sent comme si on était prêt à faire n’importe quoi, ce qui n’est pas nécessairement vrai, mais comme Diego à dit, ça nous a fait grandir. C’était une expérience incroyable et je le referais demain matin sans hésitation.

Janick : Moi je suis resté aussi petit (rires)

Est-ce que vous pourriez nous dire quels groupes vous influencent dans votre manière d’écrire ou même de jouer ? Que ce soit vos groupes fétiches ou même des plus récents.

Janick : Je pense que ça a changé entre l’EP et l’album. On a pris différentes influences pour écrire les chansons qui vont sortir prochainement. On arrive dans quelque chose de plus mature, moderne, alternatif, plus que du pop punk. On veut pas trop se dissocier de ce style là, mais c’est quelque chose qu’on a essayé. On veut essayer des choses différentes de ce qu’on a fait avant. Comme Bring Me The Horizon, PVRIS, Don Broco.

Diego : Tous ici on écoute dans les mêmes genres de musique, mais vraiment de choses différentes. Cela nous amène des inspirations différentes.

Aiden : Sans citer des bands en temps que tels, on s’inspire beaucoup de certains genres. On a des riffs de guitares qui sont vraiment heavy, comparés à des parties de nos chansons qui pourraient plus sonner comme du Chainsmokers. On se met beaucoup de pop, de rock, un peu de tout pour que ce soit intéressant.

Pendant vos différentes tournées vous avez rencontré pas mal d’artistes entre les festivals ou les premières parties. Est-ce que pour vos chansons vous avez collaboré avec certains de ces artistes ou prévu de le faire prochainement ? Je sais que la chanson California a été en partie écrite par Pierre Bouvier et Chuck Comeau de Simple Plan.

Janick :  Il y en avait d’autres dans la passé, History et If I Had One Dollar sur l’EP. Mais sinon on fait une bonne base pour se fier à notre instinct pour écrire les prochaines chansons du prochain album. On n’est pas non plus fermé à l’idée de faire des collaborations avec d’autres artistes dans le futur, c’est juste que pour le moment on est mieux de focuser sur trouver notre son à nous avant d’aller voir d’autres personnes pour que eux y mettent leur touche.

Et est-ce que vous êtes déjà en train de travailler sur le prochain album ? 

Janick : Oui on a commencé à travailler dessus depuis le mois de février environ. On va chaque dimanche chez Diego. On essaye de composer des choses tous les quatre. Des fois c’est bon, des fois c’est pas bon. Non en fait c’est tout le temps très bon !

Aiden : On va revenir à la maison et on va tout de suite entrer en studio, on va commencer le processus d’enregistrement, on a très hâte.

Diego : On a hâte de montrer tout ça. C’est très différent, comme Janick a dit tantôt. C’est comme un risque à prendre, ça se peut que personne n’aime ça mais on va essayer.

Merci à Story Untold de m’avoir accordé de leur temps pour répondre à mes questions. Le report du concert est disponible ici.

Interview par Gaël