[Interview] Olga des Toy Dolls revient sur ses 40 ans de carrière !

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Nous avons récemment pu rencontrer Michael Algar, alias Olga, chanteur du groupe de punk légendaire The Toy Dolls, à l’Elysée Montmartre pour parler avec lui des 40 ans du groupe, du nouvel album Episode XIII, des groupes que The Toy Dolls ont inspiré ainsi que de leur future tournée française. Rencontre détendue avec une légende !

Olga : Salut ! Comment tu vas ?

Pozzo Live : Très bien et toi ?

Olga : Pas mal du tout, vraiment ! Il a arrêté de pleuvoir, enfin !

PL : Vous célébrez vos 40 ans en 2019, comment vous trouvez ça ?

Olga : Ridicule ! Pour être franc, je ne pensais pas que ça durerait 4 ans, si on m’avait dit que ça durerait 14 ans j’aurais pensé que c’était ridicule, et 40 ans je ne me plains pas, mais je n’y crois toujours pas. Cependant j’en suis très heureux.

PL : Êtes-vous toujours en contact avec d’anciens membres ?

Olga : Avec certains ! Pas beaucoup. Parce que 40 ans c’est long, certains partent du pays, se marient, ont des enfants, ont des vies différentes… Je suis en contact avec peut-être 5 ou 6, quelques uns. J’aimerais les voir tous, à un moment !

PL : Vous avez récemment sorti Episode XIII, qui est le deuxième album après le dernier album, comment écrivez-vous des hits absolus comme Benny The Boxer après 40 ans ?

Olga : Merci ! C’est ma préférée de l’album !

PL : Moi aussi !

Olga : Merci ! Ça devient plus dur d’écrire une très très bonne chanson en vieillissant, je pense. C’est plus facile d’écrire beaucoup de chanson mais c’est de plus en plus dur d’écrire des chansons vraiment vraiment classiques. Je pense que celle-là en est vraiment une, mais tu ne sais pas si elle est bonne avant de l’avoir laissée, avant de l’avoir enregistrée. Je n’ai pas pu l’écouter en mars de cette année, car je ne savais pas si l’album serait bon ou mauvais, ou naze, mais je l’ai écouté il y a environ 2 semaines et j’en suis très content, surtout celle de Benny The Boxer. Je pense que c’est facile d’écrire beaucoup beaucoup de chansons en vieillissant, on devient plus expérimenté. Mais c’est juste plus dur d’écrire de vraiment bonnes comme… Par exemple, le premier album avait 12 chansons dont 8 vraiment bonnes, et quelques excellentes. Celui-là a peut-être deux ou trois excellentes. C’est de plus en plus dur d’écrire les classiques.

PL : Est-ce que c’était un album fun à faire ?

Olga : Oui, à enregistrer carrément. Ecrire c’est plus dur parce que tu es assis dans une salle vide, avec une feuille blanche pour l’enregistrer ensuite, et tu dois commencer de rien. Ça c’est dur, mais quand tu commences à vraiment enregistrer c’est très appréciable.

PL : Quel est votre processus habituel d’écriture ?

Olga : Eh bien tout le temps, même dans le train pour venir ici, j’écris des idées. Puis quand on doit écrire un album, j’arrive avec une liste de titres, ou d’idée de base. D’habitude, cependant, c’est la mélodie qui est au sommet, qui est le plus important. Car c’est international. D’habitude je réfléchis à la mélodie, puis au titre, et je travaille autour des vers et des paroles. Et quand c’est fait, je travaille sur la basse et la batterie, c’est le processus habituel. C’est pas tout le temps comme ça, mais d’habitude c’est comme ça.

PL : Cet album tourne autour du thème de la télévision, que regardez-vous à la télé ?

Olga : J’aimais beaucoup regarder des soap operas avant, et ce genre de choses, mais maintenant en vieillissant j’en ai ma claque, mais j’aime bien les programmes d’informations et de crimes. Mais pour être honnête, la raison pour laquelle c’est un peu autour de la télé c’est parce que c’est Episode XIII, et ça sonne comme un épisode de programme TV. Episode XIII ça veut dire qu’il y aura Previously et Until Next Time donc déjà deux chansons un peu écrites, et la chanson The Laptop Lifter, il y a un vrai extrait de programme de crime au début, c’est une histoire vraie.

PL : Le concept me rappelle un peu A Far Out Disc (deuxième album des Toy Dolls, ndlr).

Olga : Un petit peu. Mais j’espère qu’il est mieux que cet album, mais ouais un peu, tu as raison.

PL : Sur ces 40 dernières années, quel album avez-vous préféré faire ?

Olga : Mon album préféré à faire… Celui-là (Episode XIII on suppose, ndlr) a été mon album préféré à faire, et peut-être le premier, parce que c’était une époque si spéciale. Le premier a pris 3 jours à enregistrer et à mixer, celui-là a pris 2 mois. Donc ouais le premier et celui-là.

PL : Il y a plein de super personnages dans vos albums, comme Kendra, ou Benny le boxeur. Lequel est votre préféré ?

Olga : Eh bien ils sont tous basés sur des faits. Benny existe vraiment, et Kendra existe. Peut-être un qui s’appelle Dougy Giro, c’était un très bon ami. Je ne pense pas qu’il soit en vie maintenant, car c’était il y a 40 ans. Celui-là. Peut-être Dougy Giro et peut-être Alec’s Gone, qui est sur notre album de 1993, Absurd-Ditties.

PL : Y a-t-il une chanson que vous n’aimez plus jouer ?

Olga : Je pense qu’il n’y a rien que je n’aime plus jouer, mais certaines sont difficiles à jouer et à chanter en même temps. Parce qu’en studio tu as les parties guitare séparées et tu chantes après, mais je pense qu’il n’y en a pas que je n’aime pas trop jouer. C’est pas parce que je n’aime plus les jouer, c’est parce que c’est trop de boulot. Probablement la chanson appelée She’ll Be Back With Keith Someday, celle-là est très très dure. Mais c’est as que je n’aime pas la jouer parce que je ne l’aime pas, mais parce que c’est vraiment dur de la chanter en jouant la guitare en même temps. Si on n’aimait vraiment pas quelque chose on ne la jouerait juste pas.

PL : Vous tournerez bientôt en France. Doit-on s’attendre à vous voir sortir d’un gâteau d’anniversaire cette fois ?

Olga : Il y a quelques surprises, mais je ne peux pas te dire quelles sont les surprises, car sinon ça ne serait pas des surprises ! Vous allez devoir attendre et voir !

PL : Vous aimez jouer en France ?

Olga : Oui, la France est géniale ! Les gens sont si loyaux. On est là depuis 40 ans, c’est sympa ! Je pense que la France aime écouter le jeu de guitare plus que par exemple l’Espagne, où ils sont plus là pour faire la fête. C’est bien n’importe où pour être honnête, mais la France c’est top !

PL : Quel a été votre meilleur moment en tournée ?

Olga : Il y a une fois où on jouait au nord de l’Angleterre en 1983, avec GBH et The Exploited où on pensait que tout le monde penserait que c’était une blague. Mais le public a été vraiment mais vraiment vraiment bon, et c’était super sympa d’avoir du respect venant de là ! Et peut-être aussi jouer au Japon pour la première fois. Parce que c’est l’autre bout du monde, on s’attendait pas à avoir des foules pareilles à l’aéroport et aux gares. Ça c’était des moments spéciaux. Mais chaque concert est spécial d’une certaine manière, vraiment.

PL : Y a-t-il un moment spécial où vous vous êtes demandé ce qui se passait ?

Olga : Oui ! L’année dernière au Chili en Amérique du Sud, c’était incroyable. La foule était partout sur scène, et pour une raison inconnue ce mec était en dessous de moi et j’étais sur ses épaules ! Donc j’ai pensé exactement « bordel, qu’est-ce qu’il se passe, là ? ». Carrément.

PL : Sur votre carrière entière, est-ce que Nellie The Elephant a déjà fait un flop ?

Olga : Nellie The Elephant est une chanson étrange car on la jouait depuis des années avant qu’elle soit un hit en Angleterre. Puis quand elle est devenue un hit en Angleterre, tout le monde s’est dis « oh, c’est des vendus », donc elle a carrément fait des flops à ce moment là, car elle a été vendue à un demi million d’exemplaires, et le demi million de personnes qui l’ont achetée c’était des enfants de 5 ou 6 ans. Donc on a perdu beaucoup de respect. Même si on ne faisait rien de différent. C’était juste beaucoup de gosses qui achetaient le disque, c’est tout !

PL : Est-ce difficile physiquement de faire un show énorme comme vous le faites ?

Olga : Ouais ! Tu dois rester en forme. Je bois du café décaféiné, je ne bois jamais de caféine, j’évite l’alcool quand je peux, je fais beaucoup de vélo, de nage, je bois beaucoup d’eau, je mange des fruits et des yaourts, c’est du boulot difficile. Quand ça deviendra trop difficile, on arrêtera. Mais ça sera pas pour la semaine prochaine.

PL : Quels groupes écoutez-vous ces temps-ci ?

Olga : Je n’écoute plus autant de punk qu’avant, je veux dire, le punk est mon inspiration principale, The Jam, Sham 69 et tous ces trucs là… Mais j’écoute des trucs classiques comme Chet Baker, du jazz… Je ne veux pas entendre des guitares tout le temps, même si je les adore ! C’est sympa de donner des pauses à tes oreilles.

PL : Vous avez inspiré beaucoup de groupes de punk rock comme The Offspring et Sum 41.

Olga : Ouais, apparemment !

PL : Que pensez-vous de ces groupes qui prennent la relève ?

Olga : Ce sont des amis maintenant, à chaque fois qu’on les rencontre ils nous disent toujours « vous êtes la raison pour laquelle on a commencé », ce qui est flatteur, vraiment ! Et ils sont à un tout autre niveau que nous ! Et je suis très très content pour eux car ils sont très très bons. Et si quelqu’un est très très bon et s’amuse à faire ce qu’il veut faire, c’est bien pour eux ! Ouais c’est très flatteur !

PL : Y a-t-il un groupe ou un artiste que vous pensez qu’on devrait interviewer ensuite ?

Olga : Hum… Oui ! Je vous recommande Charlie Barker des UK Subs. Parce qu’il est beaucoup plus vieux que moi, et qu’ils tournent depuis 45 ans je crois. Donc carrément eux !

PL : Merci beaucoup ! On se verra quand vous jouerez ici ! C’est dans cette salle exacte, non ?

Olga : C’est exactement dans cette salle !

PL : Ça sera vraiment cool ! Merci beaucoup ! A bientôt !