Interview des Princesses Leya – Warm Up Hellfest Krakatoa

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Mérignac – Krakaota, le 24 Avril 2019.

Bonjour à tous. En quelques mots, comment décririez-vous le concept de « Princesses Leya » ?

Antoine : Princesses Leya, c’est un doux mélange entre de l’humour, du théâtre et du concert rock. C’est né d’une idée que j’ai proposé à Dédo il y a 2 ans. Je faisais du « one man show », mais cela faisait longtemps que j’essayais d’associer la musique à l’humour. Quand je l’ai rencontré, ce chanteur émérite, on a essayé de construire une histoire et non pas de juste faire un spectacle avec de la musique et des blagues. On voulait ramener ce que l’on aime écouter, et y ajouter de la fiction. On appelle cela parfois de la « comédie musicale », mais si c’est un peu bizarre car il n’y a pas de chorégraphie et les dialogues ne sont pas chantés et Kamel Ouali n’est pas intervenu.

Dédo : Et pourtant il a insisté…

Antoine : Mais c’est en réalité un mélange de tout ce qu’on aime : de l’absurde, du concert rock, de la pop. C’est un peu un duo de clowns entre moi qui joue un personnage qui n’aime pas le metal, qui a tous les clichés du monde sur cette musique, qui se confronte à Dédo qui représente le monde des metalleux, monde pouvant parfois faire preuve de raideur. Finalement, tout cela est très bon enfant.

Dédo : C’est cela qui est agréable. Le spectacle raconte le contraste entre ces 2 personnages qui apprennent à se connaitre, et qui au final sont réunis par la musique. Et c’est ce qui se passe dans la salle à la fin. Il y a les metalleux et les non metalleux qui sont attrapés par le côté spectacle-concert, et qui se retrouvent mêlés dans tout ça. Eux-mêmes font tomber leurs clichés sur les communautés antagonistes.

 

Ce sont au final 2 cibles qui se retrouvent dans un même spectacle ?

Antoine : Oui, au final on est très contents que les non metalleux viennent au spectacle et se disent « p*tain à la base je n’aime pas le metal, mais j’ai passé un super moment », et quand les metalleux se disent « ah c’était trop cool franchement, des concerts et des blagues on en veut plus », tout en les entendant chanter Dirty Dancing, ce qui est toujours un plaisir.

 

Le nom « Princesses Leya », d’où vient-il ?

Antoine : Vous connaissez Star Wars ? Au début de cette aventure, Carrie Fisher est morte. J’ai envoyé un texto à Dédo en disant « hé, ça ne serait pas marrant qu’on s’appelle Princesses Leya ? ». Il m’a répondu que oui. Voilà, ça s’est réglé en 2 textos.

Dédo : après on en joue dans le spectacle. La communauté Star Warsienne est très puissante. Il y a quelques allusions à la saga dans notre spectacle.

Antoine : voilà, c’est un hommage, un clin d’œil.

Dédo : Ca nous amuse d’avoir un nom féminin pour un spectacle assez metal, c’est très 2019.  En plus de cela, on a vu par exemple sur Twitter que beaucoup pleuraient sa mort, et parmi eux, beaucoup d’hommes metalleux bien velus, bien barbus.

 

Il y a des « Princesses Leya », et un « Prince des Ténèbres ». Comment s’effectue le partage des rôles ?

Antoine : Dédo c’est une princesse aussi…

Dédo : Voilà moi je suis unisexe en fait. C’est très 2019 comme spectacle vraiment. On me donne le sexe qu’on veut bien m’accorder, peu importe.

 

En termes d’écriture au sein du groupe, comment ça se passe ?

Dédo : On écrit principalement à deux, pour la partie comédie en tout cas.

Antoine : Dédo et moi on arrive avec une base. On échange beaucoup en écrivant des situations, des dialogues, etc. Il y a beaucoup de choses qui viennent en répétitions après tous les quatre réunis. Nos 2 acolytes ont tous les deux des personnages, ce ne sont pas juste des musiciens d’accompagnement. Ils ont une part très forte dans le spectacle. Comme on a naturellement une bonne entente, il y a parfois des blagues qui viennent se greffer sur le fil conducteur qu’on leur donne. Cela s’enrichit, c’est convivial.

Cléo : Voila nous sommes des comédiens émérites…

Antoine : … sortis du conservatoire de Meudon les Roupettes, et Xavier est prof de la méthode stanislas. C’est lui qui l’a écrite.

Dédo : D’ailleurs tu n’aimes pas trop Stella Adler

Xavier : Oui, très peu, mais j’adore Stella Artois en revanche.

 

Y-a-t-il une place pour l’improvisation ?

Dédo : On part sur un canevas qui est assez fixe, d’autant plus sur notre tournée Warn Up Hellfest puisqu’on est sur un format de 45 minutes imposé, contre 1h20-1h30 normalement. A partir de là, selon les réactions dans la salle, on rebondit sur ce qui se passe aussi. On est vraiment face à des gens qui sont pour la plupart assez avinés, donc ça crée plus facilement la discussion, comme en soirée en fait.

Antoine : On pousse à ce que les gens fassent de temps en temps un peu leur choix dans leur spectacle. On essaie de les faire interagir. De temps en temps ils sont pour Dédo, les autres moments ils sont contre lui.

Dédo : On essaie de faire participer le public aussi pleinement au concert-spectacle.

 

(faites plusieurs dates, vous verrez des choses différentes à chaque fois !)

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ? (musique, humour…)

Antoine : Tenacious D est notre plus grosse référence. Ils mélangent vraiment le côté absurde qu’on aime (anglo-saxon), et le côté fiction. C’est du rock qui ne se prend pas au sérieux. C’est une belle connerie.

Dédo : Ils aiment raconter des histoires. En live, ils scénarisent, théâtralisent beaucoup. On essaie de faire la même chose ; un peu moins dans notre format Hellfest puisqu’on essaie de garder en efficacité musicale pour rester dans ce cadre. On a envie que les gens ressortent en s’étant dit « on a vu plus qu’un concert. Un concert, un spectacle, un show hybride, pouvant faire en sorte de mettre tout le monde d’accord ».

Antoine : J’ai une nouvelle inspiration depuis quelques mois : Maximum The Hormone. C’est un groupe de metal japonais qui est extrêmement débile et qui fait des prestations scéniques assez tarées. Ils font des clips assez délirants.

Dédo : Les Monty Python aussi.

 

Question d’une lectrice de Pozzo Live : Comment pensez-vous que le public perçoit votre message ? Que se passerait-il si les textes étaient pris au premier degré (ex : tuer ses parents) ?

Dédo : Moi j’attends que ça. Tout ce qui est bon pour la comm’ de ce groupe ou pour moi en général, allez-y.

Antoine : J’espère que les gens sont pas assez fragile à se dire « tiens ils m’ont donné un ordre, je vais le faire parce que nous on ne connait pas les gens personnellement déjà.

Dédo : après, c’est toujours facile d’accuser après le media, alors que c’est plus les gens qui ont été instigateurs de cela.

Cléo : Comme Marilyn Manson par exemple.

Dédo : Les gens doivent être responsable d’eux-mêmes. Dans ce cas là il faudrait faire « tue tes parents si ça se passe mal chez toi et qu’ils t’ont fait des misères dans la cave ».

Antoine : Il y a une citation que j’aime bien : « Movies don’t make psychos, they make psychos more creative » (« les films ne créent pas les psychopathes, ils rendent les psychopathes plus créatifs »). Pour nous c’est la même chose. S’ils avaient du passer à l’acte, ils seraient passés à l’acte pour une raison ou une autre. Accuser le média, c’est un peu la facilité.

 

Comment vous est venue d’idée d’une reprise de « Makeba » de Jain ?

Antoine : Dans un bar. On cherchait des morceaux à détournés parmi ceux qui n’avaient pas encore été faits. Il existe déjà beaucoup de reprises metal.

Dédo : On cherchait un morceau cool, pas encore repris et dans l’air du temps. On cherchait un morceau français, et « Makeba » de Jain tournait en boucle à l’époque. C’est un titre qu’on écoutait beaucoup dans les loges quand on faisait nos tournées ensemble.

 

Comment vivez-vous cette tournée Warm Up Hellfest ? Avez-vous été stressés ou impatient de proposer un spectacle différent ?

Dédo : Je ne me suis même pas posé la question…

Antoine : Avant, on avait déjà fait une date avec Black Bomb A. On avait déjà vu le public venu pour du metal. On a tout de suite pu voir qu’il n’y avait pas de problème avec ce public-là, puisqu’ils ont beaucoup d’humour. On n’était pas inquiets. Au contraire, c’est une expérience de dingue, on est hyper heureux. Le retour public est vraiment super. C’est physiquement qu’on prend cher…

Cléo : Alors que pourtant tous les soirs c’est « tisane et dodo »

Antoine, montrant sa bouteille de bière : Là par exemple on pourrait croire que c’est de la bière, mais en fait c’est juste que je cherchais un récipient pour mon tilleul.

Dédo : J’avais une petite appréhension, puisqu’on est avec plein de gens : Dagoba, l’équipe du Hellfest, ça se passe bien. Mais on ne sait jamais vraiment à l’avance comment cela peut se passer, surtout quand ils sont marseillais (ndlr : Dagoba est un groupe marseillais). Ici, tout se passe très bien, tout le monde s’entend bien, il y a une vraie bonne ambiance dans le bus et en dehors. On dirait vraiment une colonie de vacances.

 

Votre meilleur ou votre pire souvenir de scène ?

Dédo : Moi j’ai beaucoup aimé Lille sur la tournée Warm Up.

Xavier : La Boule Noire est un très bon souvenir aussi.

Antoine : Moi je vais dire un truc hyper nostalgique, mais la première date de notre spectacle à Nantes. L’excitation restera inégalée parce qu’on ne savait vraiment pas à quoi s’attendre. Maintenant on commencer à mieux percevoir les réactions, mais cette date là c’était l’inconnu. Le public était assis dans un théâtre à l’italienne. La salle était remplie à moitié de metalleux, oui oui, dans un théâtre à l’italienne. On se savait pas du tout quel accueil on allait avoir. Au final il y a eu un Wall au Love (variante du wall of death), avec des vrais vieux qui y allaient avec l’entrain qui leur est personnel d’un côté, mélangés avec des metalleux, c’était assez impressionnant !

Xavier et Cléo : Mulhouse c’était vraiment le pire.

Antoine : En fait pour Mulhouse, on a fait une tournée de « pré-chauffe » discrètement. Sans trop communiquer, on a fait une tournée des théâtres. On s’est rendu compte que ce n’était absolument pas adapté pour ce qu’on fait. On a fait une date à Mulhouse dans une salle qu’on aime beaucoup pour faire de l’humour, mais qui n’est en réalité pas vraiment adaptée pour faire du metal. De plus, le public de cette salle est habitué du théâtre et pas du tout de musique metal. Le pire, c’est que le soir même il y avait un festival de metal gratuit à 2km. Fatalement, on a joué chaque soir devant une vingtaine de personnes. C’était particulièrement difficile au moment où Dédo se jette dans la foule pour un porté. Ce soir-là, tout le public portait Dédo en fait… On était un peu peiné, mais en même temps ce sont des bons souvenirs, et ça forge notre expérience.

Xavier : Effectivement, ça fait des trucs à raconter…

 

Y-a-t-il des rêves que vous souhaitez réaliser ? Des scènes où vous aimeriez jouer ? Des projets un peu fous ?

Xavier : Moi c’est le Krakatoa (ndlr : la tournée Warm Up était au Krakatoa ce jour même…)

Cléo : Le Splendidà Lille.

Antoine : Là en réalité on est déjà en train de réaliser un rêve de gosse. On joue en moyenne devant 600 personnes, on termine la tournée à 6 000 personnes. On est très satisfait mais s’il y a plus et mieux, on prendra.

 

Si vous deviez ressusciter un musicien légendaire pour l’intégrer dans le groupe, qui choisiriez-vous ?

Antoine : Moi ce serait Amy Winehouse.

Dédo : Cliff Burton

Cléo : David Bowie. Pas un bassiste… Je risquerais beaucoup trop ma place dans le groupe

Dédo : Sinon moi je prendrais bien Prince, mais il risquerait de niquerle groupe en 3 secondes. Il jouerait de tous les instruments en même temps, et il n’aurait même plus besoin de nous après.

Xavier : Moi je ressusciterais bien Johnny Hallyday !

Antoine : Moi je ressusciterais bien Dick Rivers aussi !

 

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait faire de la musique et de la scène ?

 

Antoine : Il faut être curieux de tout, écouter plein de choses différentes, aller voir plein de concerts. Il faut se nourrir constamment de choses différentes. C’est comme cela qu’on se crée un bagage qui nous est propre et qu’on trouve son style.

Dédo : Il faut jouer partout, dès qu’on en a l’occasion, même devant 4 personnes, ou 17 comme nous à Mulhouse…, c’est très formateur.

Cléo : Il faut y aller, il faut oser, et voir ce qui se passe tout simplement. Ça apporte forcément quelque chose : des rencontres par exemple.

 

Un groupe ou un artiste à nous conseiller ?

Dédo : Nine Inch Nails.

Xavier : Maximum The Hormone. Il y a pas mal de monde qui ne connaît pas de groupes japonais, et celui-là vaut vraiment le coup.

Antoine : Counter Parts.

Cléo : En ce moment j’écoute beaucoup Tamino. C’est un chanteur très jeune avec une voix très intéressante et sensible.

 

Musique ou comédie ?

Antoine : Musique

Dédo, Cléo, Xavier : Comédie

 

Bref ou Golden Moustache ?

Dédo : Bref

Antoine : Bref

Xavier : Bref

Cléo : Bref, parce que je trouve qu’en matière de comédie (étant comédienne moi-même), je m’y retrouve plus.

 

Luke ou Han Solo ?

Dédo, Antoine, Cléo : Han Solo

Xavier : Luke, pour toujours

 

Dick Rivers ou Jean-Pierre Marielle ?

Dédo, Antoine, Cléo : Marielle

Xavier : Dick Rivers

 

Les Témoins de la Force ou un chinois aveugle dans Rogue One ?

Dédo : Les Témoins de la Force puisque j’ai joué dedans !

Antoine : Ben moi forcément je choisirai un chinois aveugle dans Rogue One… Et oui, vous ne le savez pas forcément mais je suis le doubleur de cet acteur dans Rogue One !

 

 

L’équipe Pozzo Live remercie chaleureusement les Princesses Leya pour ce moment fait de gingembre et de Stella Artois. Pour un souci de lisibilité et afin d’éviter d’ajouter trop de notes « rires« , des coupes ont malheureusement dues être faites. Merci pour votre bonne humeur, votre humour et votre gentillesse !