[Interview] Tankrust : Opposite Terror selon Schuff

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Nous avons échangé récemment avec Schuff, batteur du groupe de metal français Tankrust à propos de leur dernier album Opposite Terror, ainsi qu’à propos de la suite du programme pour ce groupe de metal déjà bien ancré dans le metal français. Interview à la cool d’un groupe à suivre de près ! 

Pozzo Live : Salut Schuff, pourrais-tu te présenter et présenter Tankrust pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ?

Schuff : Alors moi c’est Schuff, batteur de Tankrust depuis maintenant 6 ans, donc là c’est le deuxième album que je sors avec Tankrust. Tankrust c’est quoi ? On a l’habitude de dire que c’est du metal, on a beaucoup de mal à se ranger dans une case. On a tous des influences assez différentes et on va dire qu’il y a un mélange de death, de thrash, d’un petit peu de metalcore… On essaie de faire du jeune avec du vieux. On prend nos influences et on essaie de faire quelque chose qui correspond un peu plus à nos envies d’aujourd’hui.

PL : Votre album Opposite Terror est sorti en octobre dernier. Est-ce que les retours des fans t’ont plu ?

Schuff : Bah pour l’instant, oui. On a eu que des retours positifs donc c’est plutôt appréciable, ça a été bien accueilli par les fans, par la presse également pour les retours qu’on a eu pour le moment… En live également donc ça se passe plutôt bien pour l’instant, oui !

PL : Comment est-ce qu’il a été composé ?

Schuff : Eh bien on a pris notre temps, puisque le dernier était il y a 4 ans. Donc on a pas mal tourné derrière et je dirais qu’on a continué sur notre lancée. Peut-être en affirmant un petit peu plus nos choix, on se connaissait mieux aussi. Ça s’est composé sur la durée et en fait les récents changements de line up sont intervenus je dirais au moment de vraiment rentrer au taf. On a le guitariste qui a changé juste avant de rentrer au studio, et on a le deuxième qui a fini d’enregistrer mais qui a dû faire une « pause musicale », on va dire. Donc voilà il s’est composé au fur à mesure, assez classiquement, sur peut-être deux ans. On ne fait pas que ça parce qu’on ne vit pas de la musique non plus, puis comme on aime beaucoup tourner, on tourne et quand tu es sur scène tu ne travailles pas la suite.

PL : Et toi du coup tu vais quoi en dehors du groupe ?

Schuff : Moi je n’ai absolument rien à voir avec le metal malheureusement dans ma vie professionnelle. Je travaille en bureau d’études dans l’aéronautique ! Donc en gros je dessine des avions. Donc voilà, pas trop de rapport avec la musique dans ma vie professionnelle ! Mais bon, faut bien se nourrir !

PL : Vous avez un son encore plus death qu’avant sur cet album. Qu’est-ce qui vous a inspiré pour ça ?

Schuff : On a pas cherché forcément à sonner plus death, on a cherché à avoir un son plus massif. On a un son plus contemporain surtout, mais s’il sonne plus death c’est peut-être par la composition. C’est certainement un peu de ma faute ! Moi je suis très brutal death dans ce que j’écoute, dans mes influences. J’ai peut-être un petit peu tiré la couverture à moi sur le fil. En tout cas j’ai peut-être un peu plus apporté ma patte. Après, il n’y a rien de calculé, on ne se dit pas « on va faire un album plus ceci » ou plus core. C’est comme ça vient, après les compo elles ont un certain état squelettique on va dire, puis on les habille, on les structure… Ça se transforme au fur à mesure, donc il y avait une volonté de quelque chose de massif, y avait une volonté d’apporter un peu plus de violence, un peu plus de brutalité, mais pas forcément plus dans un style que dans un autre. En tout cas pas consciemment.

PL : Vous avez sorti un clip retro pour Another Blank Page. Tu peux nous parler un peu du morceau ?

Schuff : Another Blank Page, c’est vraiment l’idée qu’on se retrouve devant une page blanche, on essaie de trouver de l’inspiration, de retrouver les choses, mais en fait tout a déjà été fait. Qu’est-ce qu’on pourrait faire de plus que les anciens n’ont pas fait ? Qu’est-ce qu’on pourrait faire de nouveau ? Qu’est-ce qu’on pourrait inventer ? Donc c’est un peu autour de ça que tourne le titre, d’où l’idée d’avoir pas mal de vieilles vidéos en noir et blanc, d’avoir le dessinateur devant sa page, qui essaie de griffonner des trucs et qui cherche… C’est vraiment tout ce côté-là qui est dans ce morceau-là.

PL : La scène française est en plein essor dans le metal, est-ce que vous le ressentez avec Tankrust ?

Schuff : Alors on ressent en tout cas en effet, même en regardant la programmation du Hellfest de l’année dernière avec un vendredi très très français sur la main stage, des groupes dont on entendait plus trop parler à une période qui reviennent vraiment en avant… Donc on ressent, oui, que ça pousse un peu côté musiciens, il y a quelque chose qui sort. Il y a des gens qui se sortent les doigts et qui travaillent vraiment. Après, les infrastructures qui sont autour, que ça soit au niveau des scènes, production ou distribution, ça reste un milieu où il n’y a quand même pas tant d’auditeurs que ça et c’est pas quelque chose de très porteur. Donc il y a de plus en plus d’offre de qualité, de personnes qui font du travail de qualité côté musique, maintenant, c’est une scène qui est assez difficile.

PL : Là vous sortez d’une grosse tournée française, ça a été dur à mettre en place, du coup ?

Schuff : L’avantage qu’on a c’est qu’on est plus tout jeunes. Ce que je veux dire par là c’est que ça fait un moment qu’on tourne et que notre réseau, on l’a fait au fil des années et qu’on a heureusement beaucoup de contacts. Il faut croire qu’on est pas des gros connards parce que les gens nous gardent dans leurs petits papiers ! Et du coup l’avantage c’est que maintenant on a du coup des contacts aux quatre coins de la France, y compris dans les pays limitrophes. Donc pour monter ce genre de tournée, c’est pas encore trop difficile. On fait le tour des contacts, on voit comment les dates s’arrangent et on arrive à se faire quelque chose comme ça.

PL : Du coup la suite sera comment ? Est-ce qu’il y aura une deuxième tournée pour cet album ?

Schuff : C’est au moins en réflexion. Il est clair que ça se profile. On a pas encore de date fixée mais là déjà on sort de la première, on va passer les fêtes, on va hors tournée faire quelques petites dates pour continuer à défendre l’album dès la rentrée et en effet on est déjà en train de penser à programmer la prochaine. Ça s’organise.

PL : Quelques festivals peut-être !

Schuff : On aimerait bien ! Pour le moment on a quelques petits festivals avec lesquels on a des touches, en Normandie au printemps notamment. D’autres on attend de voir que ça se concrétise officiellement. C’est pas facile à démarcher à notre niveau.

PL : En ce moment qu’est-ce que tu écoutes ?

Schuff : En ce moment j’écoute beaucoup de brutal death. Je me rue pas mal sur le dernier Cattle Decapitation par exemple ! Je suis vraiment beaucoup dans cette scène-là, et je réécoute avec plaisir aussi des vieux Testament, toutes ces musiques qui ont un peu bercé mon adolescence à l’époque. Donc je fais un peu le grand écart en ce moment avec ça. Mais dans ce qui est nouveau, moi je baigne vraiment beaucoup dans le brutal death.

PL : Quel groupe ou artiste tu aimerais qu’on interviewe ensuite ?

Schuff : Oulà ! Bonne question ! Je vais penser aux copains et j’aimerais bien voir Corrosive Elements. Je sais que l’album est plutôt en préparation en ce moment, ils ont des choses proches d’être abouties. Et c’est des amis depuis un moment, il s’est passé un petit temps entre le dernier album et celui-là, et j’aimerais bien en savoir plus sur la suite de leur compo !

Merci à Schuff, Tankrust et à Replica Promotion pour cette interview !