[Interview] Un mardi soir avec Trivium

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Sur la lancée d’une fin juin bien remplie avec entre autre le Knotfest, le Hellfest et le double concert parisien de Rammstein, Pozzo Live était mardi dernier au Transbordeur de Lyon pour une soirée toute en finesse avec Cane Hill, While She Sleeps et surtout Trivium. L’occasion pour Pozzo Live de rencontrer Paolo Gregoletto, bassiste de quatuor floridien.

Pozzo Live : Bonjour Paolo, et merci de nous accorder quelques minutes avant votre concert ce soir, qui est l’une de vos dernières dates sur cette tournée, je crois. Justement, comment se passe celle-ci ?

Trivium : Franchement, c’est super ! Nous approchons de la fin, et c’était notre dernier show en France, mais tout cela est incroyable. C’est vraiment un grand moment, pour nous, même si l’on commence à être fatigués. On a aussi hâte de rentrer à la maison !

 

Pozzo Live : A propos de tournée, vous étiez il y a quelques jours au Hellfest. Moi aussi, d’ailleurs. Comment était-ce ? Et que pensez-vous du Hellfest ?

Trivium : Oui, c’était même notre quatrième fois là-bas. Nous y étions déjà lors de la première édition, je crois (ndlr : en 2006) ! Et c’est toujours un grand moment à vivre ! Notre concert là-bas est l’un de mes préférés, et franchement je n’en suis pas étonné, car les concerts en France font toujours partis de nos show favoris. Les fans français sont géniaux, et le Hellfest aussi ! Les décors sont fantastiques, et l’ambiance est toujours extraordinaire, là-bas !

 

Pozzo Live : Au Hellfest, vous avez pu jouer devant des milliers de personnes sur une scène immense, tandis que ce soir vous allez jouer sur une scène bien plus « modeste » devant peut-être quelques centaines de fans seulement. Est-ce que cela change quelque chose, pour vous ? Et que préférez-vous, au final ?

Trivium : Tu sais, à nos débuts, on jouait dans de très petites salles, et souvent il n’y avait personne, vraiment. Ensuite, on a commencé à jouer sur des scènes plus grandes, et il n’y avait toujours pas grand monde, alors que c’était censé être de grandes salles. Donc pour nous, il n’y a pas vraiment de différence. Maintenant, on fait à la fois des tournées sur de grandes scènes mondiales et dans de petites salles, avec souvent des milliers de préventes, et des concerts sold out avant les dates, donc c’est surtout cà qu’on retient ! Les festivals ont leurs avantages et leurs inconvénients. D’un côté, c’est l’occasion de jouer devant beaucoup de gens qui ne sont pas tous des fans, et donc de se faire connaître, mais d’un autre côté, ils s’inscrivent dans une période où il y a beaucoup de concerts, beaucoup de groupes qui tournent, où les plannings sont très chargés, et où tu dois jouer devant une foule très hétérogène, face à laquelle il faut trouver les bons morceaux et les bons albums à jouer. Cela peut vite impacter l’image d’un groupe, en bien mais aussi en mal. Au final, ce que je préfère, c’est voir des petites scènes ou des petits événements évoluer pour devenir grands, et qui continuent à nous donner l’opportunité d’y passer.

 

Pozzo Live : On vous voit souvent interagir avec le public. Par exemple, au Hellfest, je me rappelle d’un énorme sit&jump sur In Waves. J’y étais et c’était super ! Est-ce important pour vous ce genre d’interaction ? De voir que le public réagit, s’amuse, et s’adonne à des pogos, des circle pits, des wall of death ?

Trivium : Donner un concert, ce n’est pas seulement jouer ta musique, c’est aussi créer un lien avec ton public, et faire en sorte que quand le concert se termine, ou quand ils quittent le festival, ton public conserve des souvenirs de toi, et te garde en mémoire. Tu vois, en festival il y a beaucoup de grands groupes, qui tous tentent de donner le meilleur d’eux-mêmes pour marquer les fans, ce qui peut d’ailleurs parfois donner lieu à une certaine compétition, mais dans un bon esprit (rires). Il faut donc essayer de faire mieux pour marquer les gens. Au Hellfest, particulièrement, où il y a toujours de super groupes, certains parmi mes préférés, on se doit de donner le maximum pour avoir une chance de rester dans l’esprit des gens, surtout après un WE entier de musique à boire sous le soleil !

 

Pozzo Live : Si tu le permets, j’aimerais tester ta culture française. Donc…première question : qui est l’actuel dirigeant de la France ?

Trivium : Honnêtement, je ne suis pas très branché politique. Je ne sais pas !

 

Pozzo Live : Pas de soucis. Nouvelle chance : dans quelle ville se déroule le Hellfest ?

Trivium : Clisson !

 

Pozzo Live : Exact ! Une autre facile aussi : quel est le sport majeur en France ?

Trivium : Je dirais probablement…le soccer ? (ndlr : aux USA, « football » désigne le football américain, tandis que « soccer » désigne le football que nous connaissons ici).

 

Pozzo Live : C’est cà ! Bon, ne le répète pas, mais personnellement, je préfère largement le rugby. Regarde un match, à l’occasion, tu devrais aimer. Question plus difficile : qui était le Marquis de Lafayette ?

Trivium : J’ai déjà entendu ce nom… Il y a un lien avec la Guerre d’Indépendance américaine, non ? C’est un français, c’est cà ?

 

Pozzo Live : Tout à fait ! C’est un général français qui s’est battu pour les américains dans ce conflit et a directement contribué à la victoire américaine, c’est à dire à l’indépendance. Un super mec ! Dernière question, pour revenir au metal : peux-tu me citer trois groupes de metal français ?

Trivium : Alors Gojira, bien sûr, et… (Il réfléchit) J’ai deux noms en tête que je n’arrive pas à retrouver… Je ne sais plus, désolé !

 

Pozzo Live : Ah, Gojira… Moi aussi j’adore ce groupe ! Justement, à propos du metal français, au Hellfest ou ailleurs, vous avez pu croiser la route de groupes français comme Dagoba, No One Is Innocent, Ultra Vomit ou, évidemment, Gojira. Que penses-tu de la scène metal française ? Et comment est-elle perçue aux Etats-Unis ?

Trivium : Je crois que c’est une scène très éclectique, où chaque groupe a son propre style, et fait ses propres choix, ce qui est une très bonne chose. Bien entendu, les gars de Gojira sont un peu les champions du metal français, car ils sont maintenant très connus aux Etats-Unis. Ce qu’ils font est vraiment cool ! Les groupes français ne percent pas encore chez nous, même je suis sûr que cela finira par arriver, parce qu’il y a beaucoup de bonnes choses, chez vous. Et pas que Gojira !

 

Pozzo Live : Si tu es d’accord, nous allons faire un petit jeu. Ca s’appelle le « tu préfères ? ». C’est très simple. Je te donne deux possibilités, et tu dois choisir celle que tu préfères. Alors, pour commencer : Metalcore ou Thrash metal ?

Trivium : Probablement le thrash metal !

 

Pozzo Live : Ensuite, Metallica ou Megadeth ?

Trivium : C’est compliqué, mais…Metallica !

 

Pozzo Live : Hellfest ou Download ?

Trivium : En tant que fan, je dirais le Hellfest. Parce que le line-up est tous les ans dingue, et que le site est fantastique !

 

Pozzo Live : Pizza ou pâtes ?

Trivium : Pizza !

 

Pozzo Live : Basketball ou football américain ?

Trivium : Hmmm…basketball !

 

Pozzo Live : Et pour finir : Cowboy ou samuraï ?

Trivium : Plutôt samouraï !

 

Pozzo Live : Cette année, vous avez été nominés aux Grammy Awards dans la catégorie « Meilleure performance metal ». Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Trivium : C’est un grand honneur, et surtout une grande reconnaissance de la part de l’industrie musicale. C’est aussi une occasion de mettre à l’honneur le metal car cette musique manque parfois cruellement d’exposition et de reconnaissance. En tout cas, c’est pour nous quelque chose qu’on aurait jamais espéré, donc c’est génial !

 

Pozzo Live : Parfois, certains disent que Trivium a d’abord été un groupe de metalcore, qui a ensuite évolué vers le thrash. Que réponds-tu à cela ?

Trivium : Je pense que lorsque le groupe a démarré, il développait effectivement un son typé « Göteborg » (ndlr : Death metal mélodique, originaire de la ville suédoise) teinté de hardcore ou du metalcore. Cette influence était en partie due à l’émergence aux Etats-Unis d’une nouvelle génération venue d’Europe (ndlr : Bullet For My Valentine, Bring Me The Horizon, Heaven Shall Burn, Architects…), qui venait renforcer ce courant initié par des groupes américains. Mais après, le son du groupe a évolué au fur et à mesure qu’évoluait nos intérêts et notre curiosité pour d’autres styles. Il est donc difficile pour nous de se définir comme appartenant à un genre précis, tant nos influences et les composantes de notre musique sont nombreuses et variées. Nous nous décrivons tout simplement comme un groupe de metal, car prétendre que Trivium est un groupe de metalcore, ou de thrash, ou d’autre chose serait quelque chose d’étrange et d’incohérent. En résumé, nous avons notre propre style.

 

Pozzo Live : Quelle serait la chanson ou l’album que tu recommanderais à quelqu’un qui veut découvrir Trivium ? Y a t-il un titre ou un album qui vous représente vraiment ?

Trivium : Tout à fait, et ce sera peut-être un peu cliché, mais je dirais que notre dernier album est idéal, pour cà. Il a été très bien reçus à la fois par nos fans les plus récents mais aussi par ceux qui nous suivent depuis le début. C’est donc une bonne base pour découvrir Trivium. Ensuite, je dirais qu’In Waves, Ascendancy et Shogun font partie de nos meilleures compositions, même si évidemment tous nos albums sont cool (rires) ! Tu peux aussi aller sur Spotify, mettre en lecture aléatoire et voir ce qui vient, car notre catalogue de titre est très varié, très diversifié. Parfois, nous-même on entend un de nos titres comme cà et on se dit « hey, on l’avait oublié, celui-là ! ».

 

Pozzo Live : Quel groupe ou quelle chanson écoutes-tu souvent, voir quotidiennement ?

Trivium : Difficile à dire, car j’écoute pas mal de trucs ! Par exemple, j’aime écouter les groupes qui tournent avec nous, ou les têtes d’affiches des festivals auxquels nous participons. Dans le genre, tu as le nouvel album de Slipknot, qui semble vraiment cool. J’aime aussi aller sur Spotify et découvrir les nouveautés, les albums qui viennent de sortir. Il y a ce groupe polonais dont j’ai oublié le nom (nldr : Batushka) mais dont le nouvel album est génial, ou encore Idle Hands, un tout jeune groupe de heavy originaire de Portland. Ils produisent un heavy metal traditionnel teinté de new wave, un peu comme Sisters of Mercy, que j’aime beaucoup. Tout cela est très différent, mais c’est justement pour cà que c’est intéressant.

 

Pozzo Live : C’est l’heure de la question « Pozzo Live », que nous posons à chaque interview. Quel groupe ou artiste nous recommandes-tu pour notre prochaine interview ?

Trivium : Et bien, je vous recommanderai probablement un groupe dont je viens de parler, Idle Hands, car j’adore leur musique mais je ne sais pas grand-chose d’eux et j’aimerais en apprendre plus, notamment sur la façon dont ils composent leur musique. C’est un nouveau groupe, alors si vous leur proposez, je suis sûr qu’ils seront intéressés par une interview !

 

Pozzo Live : C’est promis, on essaiera ! On arrive à la fin de cette interview. Un dernier mot pour vos fans français ?

Trivium : Merci à tous, vous êtes géniaux, et jouer devant vous est toujours un très grand plaisir ! Les fans français sont parmi les plus dingues au monde, alors continuez comme cà !

Merci à Paolo, à Trivium et à leur tour manager Andre pour leur amabilité et le temps qu’ils nous ont accordé.

 

Interview réalisée par Clément T., le 02 juillet 2019.