Live Report : Ice Nine Kills, a nightmare on Paris streets !

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Qui dit « rentrée » ne dit pas seulement reprise du travail mais surtout reprise des concerts ! Et quoi de mieux qu’un bon show metalcore bien énervé des américains de Ice Nine Kills pour lancer la saison, n’est-ce pas ?!

C’était hier soir au O’Sullivans Backstage By The Mill, premier groupe à passer à l’acte, A Reason To… La salle est déjà pleine à craquer, une aubaine pour le jeune groupe français. Le set démarre très fort avec « Overcome the Rage », Ils en veulent et ça se voit! Mention spéciale au batteur Geox qui détruit son pied cymbale après même pas une minute de jeu mais qui ne se démonte pas pour autant. Impressionnant c’est le mot car il aura fallu un seul morceau au groupe pour conquérir ce public qui dans les 3/4 devaient les voir pour la première fois, bravo ! A Reason To (ou AR2) assène un metalcore puissant, alternant entre riffs saturés/gros breakdown et passages en clean du plus bel effet, le tout chanté (et crié bien sûr !) uniquement par Cédric (chant).

Justement, Cédric est impressionnant par sa justesse que ce soit en scream ou chant clair. Il s’avère être aussi un très bon frontman vu comment le public répond à la moindre de ces interventions.

A Reason To se permettra même un guest sur « Remember » en la personne de Coco, chanteur de Out Of My Eyes qui est tout simplement venu, a vu et a vaincu ! Alors oui le groupe est jeune et cela se ressent parfois notamment sur la timidité scénique de certains membres (Kevin sourit un peu ahah) ou sur quelques autres détails mais force est de constater que le potentiel est là et que ça fonctionne déjà pas mal en live. C’est après un « Join The Crew » plus que fédérateur qu’AR2 tire sa révérence sous les cris d’un public heureux, good job guys !

Après une entrée en matière réussie (Thanks AR2), Ice Nine Kills nous invite déjà dans son ambiance horrifique avant même d’être sur scène. Exit la playlist lambda pour patienter durant le changement de plateau, ce sera une succession de thèmes bien angoissants pour ce soir. Côté scénique d’ailleurs impossible de se tromper on est bien sur la tournée de l’album « The Silver Scream » (2018). En effet, même si nous n’aurons pas droit aux « IX » lumineux (taille de la scène oblige), les pieds de micros sont tout de même affublés d’une panoplie de détails tout droit sortie de classiques de l’horreur comme des roses noires, une tronçonneuse, des membres coupés … Ils ont même pensé à mon némésis avec un ballon rouge flottant devant la scène, le ton est donné.

Le massacre commence un peu après 21h sur le violent et très entrainant « American Nightmare ». Comme sur l’ensemble de la tournée, chaque membre du groupe campe un personnage tiré de films et avec la tenue qui va avec ! Spencer (chant) est Freddy Krueger, Joe (basse) the Crow, Patrick (batterie) le tueur de Saw et pour finir Dan et Ricky (guitares) seront respectivement Leatherface et le pauvre Georgie. Un casting de choix, c’est un peu la Justice League de l’horreur. Passé le côté visuel, le son est puissant et précis, I9K assène son metalcore énergique devant un public plus que ravi d’être là, il ne faudra pas plus d’un refrain pour qu’on ait déjà droit à des circle pits de folie. A chaque titre son accessoire, c’est une jolie hache que Spencer brandit violemment sur « Merry Axe-Mas » au grand damn d’une foule qui en redemande à chaque instant !

« Savages » ne manquera pas de nous achever et de mettre totalement la salle à la merci d’ice Nine Kills. C’est là que réside la force du groupe, cette capacité à mêler titres plutôt extrêmes avec d’autres beaucoup plus rock et catchy, le tout avec brio.Et ce n’est pas l’enchaînement The Jig Is Up/Thanks God It’s Friday qui prouvera le contraire, ça chante, ça crie à tout va et le groupe se permet même des harmonies sur les parties « screamées », les voix (ou cris plutôt) de Dan et Ricky sont si complémentaires, c’est un plaisir !

Spencer sur cette dernière déverse quant à lui sa rage à violents coups de machettes tel un Jason Voorhees des grands soirs. Ice Nine Kills s’éffondrera sur scène à la fin du titre, annonciateur d’un ton plus calme ? Eh bien ce ton plus calme tout le monde l’attendait car le public ne manquera pas de hurler sa joie dès que les premières notes de piano de « A Grave Mistake » résonnent dans la salle. Cette « ballade » puissante sera pour moi le véritable moment fort du show, refrains repris à gorge déployée, groupe totalement possédé, bref juste magique !

C’est après cette interlude « émotion » qu’Ice Nine Kills se décide (enfin!) à jouer quelques morceaux de son album précédent. Car oui, « Rocking The Boat » mis à part, nous avons droit à un panel des meilleurs titres de « Every Trick in the Book » (2015),tuerie grandiose qui démarre en trombe sur « The Nature Of The Beast », s’en suivront les monumentaux  « Hell in the Hallways/Me, Myself & Hyde/Tess-timony » dont l’efficacité n’est pas a prouvé ce soir.

De retour aux classiques de l’horreur avec le violent « Stabbing in The Dark » sur lequel Spencer campe le stoïque et inquiétant Michael Myers, célèbre tueur de « Halloween », on aurait presque envie de ne croiser aucun des membres du groupe après un concert pareil. La fin du set approcherait-elle avec le machiavéliquement mais toujours délicieux « Communion of the Cursed »? On espère tous que non vu l’ambiance folle régnant au Backstage grâce à Ice Nine Kills ce soir ! Eh bien non, c’est en compagnie de Mickey (Wtf ?) que le groupe va sceller le sort du pauvre Georgie et de son public en clôturant son show avec le non moins angoissant « IT is The End » tout droit inspiré du roman de Stephen King, excellent choix !

Alors que dire, une jeune première partie à suivre de près, un groupe américain qui joue sa carte à fond sans compromis, un show de tueurs (promis je m’arrête là), bref pas besoin d’en dire plus…rentrée réussie !

Report – Jeff Bones

Photographies – Swan Desrumaux