Live Report : Sting, Englishman in Paris !

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En ce soir du 18 octobre, j’étais aux anges, non pas parce j’étais en week-end mais tout simplement parce que j’allais voir pour la toute première fois un immense artiste que j’écoute depuis tant d’années, le non moins légendaire Sting. En grand fan de The Police et de sa carrière solo, c’est dire combien mon enthousiasme était grand !

La lourde tâche d’ouvrir la soirée s’est vu offrir à un certain Antoine Elie que j’avoue ne pas connaître du tout. Musicalement sympathique, je n’accroche pas pour autant car je ne suis vraiment pas fan de ce genre de groupe électro-acoustique servi par des textes en français. Mention honorable tout de même au groupe qui semble assez à l’aise dans une AccorHotels Arena déjà bien remplie. L’accueil est plutôt bon et ils auront même droit aux acclamations du public souvent rare pour une première partie à ce genre de concerts aux fans parfois difficiles.

Il est 21h, les lumières s’éteignent. A mon grand regret (le seul de la soirée), c’est un Sting avec le bras en écharpe qui fait son apparition sur la « petite » scène située au fond de la salle, il ne jouera donc pas de basse ce soir, vraiment dommage. En toute humilité, il s’explique lui même en français et nous apprend qu’il s’est blessé le matin même so… Show must go on ! Il en vient à nous raconter la genèse de l’un de ses plus grands tubes avec The Police, « Roxane » avec lequel il entamera le concert sur une version acoustique du plus bel effet accompagné d’un unique guitariste et d’une danseuse.

En pleine tournée pour son album « My Songs »(2019) qui retrace l’ensemble de sa carrière et chroniqué ici par mes soins, il est normal que la soirée soit empreinte de nostalgie. Sting enchaînera donc sur une anecdote retraçant cette fois-ci les débuts chaotiques de son groupe mythique et l’avenir incertain d’une certaine petite chanson du nom de « Message in a Bottle ». C’est à l’annonce du titre que le groupe démarre et se voit rejoint par Sting sur la scène principale, c’est bien parti pour 2h de hits pour mon plus grand plaisir ! Le son est bon, l’énergie est là et j’ai bien hâte de voir ce que réserve la setlist ! Passés les 2 brûlots d’introduction, il est temps de voyager un peu au sein de la carrière solo du bassiste/chanteur, les festivités commence avec le très entraînant « If I Ever Lose Myself in You » suivi d’un de mes titres préférés, le cultissime « Englishman in New York ». On se laisse volontiers embarquer par cette voix si emblématique et j’aurais même mes petits frissons sur le refrain qui sera repris en chœur par une salle déjà conquise. Sting sans surprise est bien loin d’être déstabilisé par sa blessure et se montre être un excellent frontman, très joueur avec les premiers rangs, se permettant même quelques déhanchés groovy sur le tubesque « If You Love Somebody Get Them Free ».

La faute à mon background musical, mon cœur s’emballe à chaque moreau de The Police interprété ce soir, en même temps ils sont tellement bien choisis. « Every Little Things She Does Is Magic » embrase totalement l’arena, la foule est en délire. Ce qui frappe ce soir au delà du talent scénique de ce cher Gordon Sumner ce sont ces musiciens, quel groupe incroyable ! Les guitaristes Dominic et Rufus Miller (oui père et fils) sont si complémentaires, cela faisait tellement longtemps que je voulais voir jouer Josh Freese et je ne suis pas déçu ce batteur est un monstre ! Le duo de choristes(Gene Noble et Mélissa Musique) n’est pas en reste, chacun des musiciens aura son moment. Moment qui commencera d’ailleurs avec le très jeune harmoniciste Shane Sager mis à l’honneur sur « Brand New Day » en interprétant la partie de Stevie Wonder. Après un chaleureux « Seven Days », nous aurons droit à un très beau « Whenever I Say Your Name » chanté en duo avec Mélissa Musique (choriste) le tout soutenu par des lights aux ambiances appropriées.

On en arrive à mon moment émotion sur ma chanson préférée de la carrière solo de Sting et je peux même dire une de mes préférées tout court : « Fields Of Gold ». Les mots ne suffisent pas tellement je suis transporté par son interprétation, je verse même ma larme, un pure instant musical comme on en vit peu en concert. On repart sur un ton plus joyeux sur le très dansant « If You Can’t Find My Love » issu de l’album 44/876 avec Shaggy. C’est en toute humilité d’ailleurs que Sting laisse une énorme place à son duo de choristes sur cette chanson qui prend totalement possession de la scène et enflamme le public déjà à bloc ! Mention spéciale à Gene Noble sur « Shape Of My Heart » qui vient sublimer le titre par sa superbe voix, un duo prenant.

Là je n’étais pas prêt, déjà droit à « Wrapped Around Your Finger » qui montre à quel point The Police est connu chez nous vu son accueil, c’est parti pour le voyage avec le méga hit « Walking On The Moon » ! Tout le monde est aux anges, chaque mot est repris avec ferveur au plus grand bonheur de son créateur, Sting nous gratifie de ces « Oh Oh » mythiques que nous nous empressons de lui répondre, nous aurons droit en prime à une petite transition « Get Up, Stand Up » des Wailers qui remportera tous les suffrages. Je pensais le summum atteint mais non, le prochain morceau je l’attendais tellement. Un rêve s’est réalisé ce soir là, j’ai enfin vu Sting jouer « So Lonely », la pierre angulaire de ma passion pour ce groupe, le point de départ de mon admiration pour sa musique. Sans faire dans le drame hollywoodien, je ne m’en suis pas remis à l’heure où j’écris ces mots, juste indescriptible j’en suis resté sans voix, émerveillé.

Passé cette déferlante, l’oriental et superbement mis en lumière « Desert Rose » viendra calmer un peu le jeu avant que n’arrive le tant espéré « Every Breath You Take » qui comme vous vous en doutez signera une fin de show (ou presque) en apothéose ! C’est quelques minutes plus tard que nous aurons droit à non pas 1 mais bien 4 chansons en guise de rappel ! « King of Pain » signe des lights magnifiques (ce spot unique sur Sting, magique) tandis que « Driven To Tears » que je ne pensais jamais voir un jour est méchamment rock et groovy, fin des tubes de The Police pour ce soir. Sting clôturera le concert en acoustique par 2 de ses titres les plus emblématiques, « Russian » et surtout « Fragile », marquant dignement le point final à ce concert grandiose.

Alors que dire, suis-je véritablement objectif sur cette soirée parce que je suis fan de Sting et de son oeuvre, oui car ayant fait fait énormément de concerts, beaucoup d’artistes que j’adore m’ont déçu et ce assez souvent. Là c’est même la première fois qu’en sortant je me suis dit « C’est fou, j’ai l’impression d’avoir entendu le CD tellement c’était parfait, c’est bien la première fois que ça ne me dérange pas » . Pourquoi ? Parce que tout y était, la setlist, le show efficace, la voix, une émotion palpable à chaque instant, le groupe, bref tout. Un des meilleurs concerts que j’ai fait à ce jour tout simplement.