Live report : YUNGBLUD, live for the underrated youth !

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L’hiver approchant à grands pas en cette froide soirée de novembre, je n’aurais jamais cru me retrouver dans une telle fournaise. Car oui, le jeune Dominic Harrison aka YUNGBLUD s’apprête à retourner le Trabendo comme jamais pour son deuxième soir consécutif et sold out s’il vous plaît!

Pour l’heure nous avons tout d’abord rendez-vous avec le duo fraternel SAINT PHNX en guise de première partie dans une salle déjà pleine à craquer. J’avoue ne pas connaître le groupe mais force est de constater qu’il a déjà un certain public tant les réactions sont bonnes dans le pit ! Dès le second titre ça « jump » de partout, la foule semble connaître les paroles et la prestation est vraiment énergique au possible. Un groupe donc qui mériterait légitimement de jouer en tête d’affiche, patience patience on ne sait jamais !

En même temps comment ne pas être réceptif au duo de frangins tout droit venu de Glasgow qui nous sert non seulement une électro-pop fédératrice au possible et ne cessera jamais de jouer avec la foule qui le lui rendra plus que bien. Mention spéciale au look rock très soigné du groupe et surtout au batteur qui jouera l’intégralité de son set debout. SAINT PHNX quitte la scène après une grosse demi-heure de jeu, la salle est en délire, contrat dûment rempli pour les écossais, à suivre de près !

A peine trente minutes de changement de plateau et les lumières s’éteignent, la tension est à son comble. Tension qui à mon sens va retomber un peu, dû à une introduction enregistrée bien trop longue. Le seul petit point noir de la soirée car dès que le nom YUNGBLUD s’affiche via un projecteur, la salle s’embrase et c’est parti ! YUNGBLUD démarre son show avec le puissant « 21st Century Liability » qui sera dès lors intégralement repris par son public au mot près. Il saute, court dans tous les sens arpentant la scène tel un terrain de jeu avec une énergie incomparable. S’en suit du déjà culte « Parents » qui voit l’ambiance monter encore d’un cran, le public lui mange dans la main, prêt à rendre au centuple ce que M.Harrison lui offre ! La foule est totalement captivée, YUNGBLUD ne perdra jamais un moment pour communiquer avec ses fans que ce soit à base de « je t’aime Paris » ou de nombreuses interactions participatives, la soirée ne fera d’ailleurs que monter en puissance !

S’il est avant tout chanteur et frontman, Dominic est au départ guitariste comme il nous le prouvera sur le tubesque « I Love You, Will You Mary Me » et son refrain accrocheur. Guitare qui au passage ne l’empêchera jamais de rester si énergique tellement il la martyrise. N’ayant jamais caché son côté politiquement engagé, il n’est pas surprenant qu’il introduise « King Charles » avec un enragé « Fuck Brexit » ! Il finira par lancer sa guitare (oui lancer!) après avoir tout donner sur le génialement chaotique « Anarchist ».

C’est surtout armé de ses titres que YUNGBLUD compte bien faire entendre sa voix et délivrer des messages forts comme le prouvent les très réussis « Polygraph Eyes » sur le consentement ou encore « Original Me » sur l’acceptation de soi. Des messages dans lesquels se retrouve justement son public créant alors un véritable lien avec l’artiste et de réels moments forts sur scène.« Loner » sera un véritable plaisir non coupable tant le titre surfe sur l’un de mes groupes préférés à savoir Oasis, mélodique et insolent à souhait. Harrison se permettra même un petit clin d’oeil au groupe en prenant la pose emblématique de Liam Gallagher derrière le micro sur le deuxième refrain, si c’est pas assumé ça! Ce sera pour moi l’un des moments forts du concert. Le plus étonnant sur ce titre restera la voix inaudible de YUNGBLUD non pas pour un problème de son mais tout simplement parce que nous foule en délire chanterons tellement fort qu’on couvrira le groupe lui même. Engagé et fédérateur, deux mots qui résument bien la bombe artistique qu’est YUNGBLUD.

C’est dans une salle plongée dans le noir qu’un nouvel enregistrement retenti, on recherche le fameux YUNGBLUD… Un gang encapuchonné vient alors se positionner au centre du pit et l’un d’eux se révèle être YUNGBLUD à la surprise de tous! C’est donc seul armé de sa guitare qu’il interprètera « Kill Somebody » pour sa nouvelle famille d’un soir, son public. Car oui c’est véritablement ce qu’on ressent à ce concert, la foule devient ici une immense fratrie, comme guidée par la folie bienveillante de Dominic. Folie qui le conduira à finir le concert en jupe(oui rien que ça!). C’est après le mega hit « I Think I’m Okay » que YUNGBLUD va s’octroyer une petite pose acoustique, histoire de souffler un peu. Affublée d’un discours poignant, « Casual Sabotage » est « le » moment du concert selon moi tant l’émotion est palpable. Je reste sans voix devant un Dominic seul avec sa guitare, livrant une performance poignante, criante de détresse et d’un mal-être véritable. On ressent qu’il y a un bagage émotionnel fort derrière tout ça, et c’est cette franchise peu commune qui fait la force de YUNGBLUD.

« California » se chargera de nous achever pour cette première partie de concert, il est maintenant l’heure du rappel. Bien qu’étant déjà en terrain conquis, le groupe se permettra d’en remettre encore une couche avec le trio de tueries que sont « Braindead/Hope For The Underrated Youth/Machine Gun(Fxxk The NRA) » histoire d’assoir sa domination sur la scène du Trabendo. Constat incroyable, le public aura littéralement repris l’ensemble des paroles de YUNGBLUD ce soir, légendaire!

Oui ce fut une soirée riche en émotions diverses! Quel concert, YUNGBLUD est vraiment à voir au moins une fois dans sa vie. Difficile de croire qu’il a tout juste 22 ans tant il gère avec brio sur scène et ce à tous les niveaux! Sa bonne humeur est vraiment communicative, on sent qu’il est content d’en être arrivé là et compte bien le partager avec son public. Son public qui d’ailleurs semble se retrouver énormément dans ce que YUNGBLUD chante et représente aujourd’hui, car Dominic à l’instar de beaucoup de jeunes artistes écrit avec franchise et conviction, fort de sa propre histoire personnelle qu’il n’hésite jamais à évoquer en concert et dans ses textes. La scène panse ses blessures et il entend bien faire de même avec celles de son public ou tout du moins l’y aider! Trouver les mots justes n’étant pas chose aisée, je me contenterai pour finir d’un simple « Allez le voir et vous comprendrez ».

Live report & Photos – Jeff Bones