LiveReport: PZZLE festival

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C’est à Lille et pas loin du parc JB Lebas bien connu des étudiants lillois que s’est déroulé le PZZLE festival ce weekend. Et plus spécifiquement à la Bulle Café dans la maison folie Moulins (soit dit en passant l’un des nouveaux lieu cool pour les amateurs de musique lillois avec un concert organisé quasi toutes les semaines).

Jour 1: au programme ce soir: Cyril-Cyril, Le prince Harry et TOY autant vous prévenir tout de suite, on va planer.

La salle est assez peu remplie en ce début de soirée, le public discute, la semaine de taffe…le weekend… et c’est comme ça qu’arrivent les deux gars de cyril-cyril, cheveux longs, barbe chatoyante, une chose est sur ces gars-là n’aurait pas fait tache à San Francisco dans les 70 s. 

Cyril-cyril c’est un duo de Genevois formé par Cyril Bondi et Cyril Yeterian, et c’est la nouvelle pépite que nous à dénicher le label Born bad Record.

L’un est assis derrière une batterie complètement bricolée, la grosse caisse en hauteur, les cymbales devant, des grelots dans la main gauche. L’autre fait craché un banjo, directement relié à un looper on a compris ça va être atypique. Et ils vont nous faire voyager… En distillant un subtil mélange de rocks psyché, d’influence orientale, et de textes hallucinés mélangeant habilement français et libanais.

Le duo nous emmènes. Tantôt au coeur de jungle où les sifflements des oiseaux se mêlent au coeur et aux rythmes quasi tribaux. Tantôt au coeur d’une ville fantasmé sur un spoken word très hypnotisant. Les deux gars ont en plus l’air extrêmement sympathique, ça rigole, ça sourit, on a quasi l’impression d’assister à l’une de leurs répets. Franchement bonne surprise.

Le temps de prendre une bière et on attaque sur le deuxième groupe de la soirée « Le Prince Harry« , et là on change de registre, ça va être plus « percutant ». Le duo belge hurle une cold wave froide et tranchante, stéroïdée, on se croirait dans un bar crasseux de Manchester au début des années 80.

Ça nous prend aux tripes, c’est punk, ça commence à bouger un peu dans le public, deux, trois gars commencent à bousculer. Çà et là on remue la tête. Ça ne partira malheureusement jamais en pogo (l’ambiance assez familiale du festival faisant aussi son effet) mais pourtant on voit bien que le groupe s’époumonne. L’un à la guitare, l’autre derrière une boîte à rythme et un synthé. Les titres? All is lost, Tears of a white male. On  a l’impression de se faire bastonner à l’aube de la fin du monde, j’y prends du plaisir et je suis loin d’être sado-maso.

Nouvel entracte, il est temps d’aller manger quelque chose, ça tombe bien, le festival qui se veut eco-responsable nous propose des galettes et des frites fraiches, accompagné d’une bonne bière on en redemande et le cadre est convivial, guirlande lumineuse, mur de brique, on en redemande mais le dernier concert de la soirée va commencer et pas des moindres.

Ça y’est c’est aux tours des 5 Anglais de TOY de faire leur entrée. Ça fait maintenant 3 mois que leur dernier album est sorti après une précédente mouture en demi-teinte et un changement de label. On débute le concert avec Jolt Awake qui vient de leur dernier disque, une compo très atmosphérique, on reste calme, il y a du clavier, des relents de krautrock, de la psyché, la voix et posée et les instruments aussi. Le chanteur col roulé et coupe au bol est assez monolytique, concentré sur sa voix, habité, il est accompagné par Panda le bassiste du groupe qui en plus des choeurs se mettra sur le devant de la scène une ou deux fois pendant le concert.

Le groupe va habilement louvoyer pendant le concert entre ses anciens et son nouvel album, Strange, Dead and gone, on est heureux de réentendre leur premiers titres. Peut être moins travaillées, plus bruts, mais c’est aussi ça qui fait leur charme.

On terminera le concert sur une version hallucinante d’energy, les musiciens paraissent quasi en transe, on est sur une explosion de punk psyché, la lumière des stroboscopes nous éclate la rétine. Ça y’est le concert est fini, le groupe reviendra pour un rappel et Tom Dougall mettra fin au concert en balançant sa basse de manière désinvolte. Les fans repartent, ils paraissent heureux. Je valide. Le groupe reste une valeur sure de la pop psyché à l’anglaise.

Une chose à dire ce premier jour n’est pas décevant, on attend la suite…

jour 2:

Aujourd’hui les concerts commencent un peu plus tot, j’arrive fin d’après-midi, il fait bon, des gamins jouent au ping-pong dans un coin, je prennent une bière.

Le groupe qui vient de s’installer c’est it it Anita, ils sont Belges et ils veulent envoyer du lourd, en témoigne le batteur du groupe qui a décidé de se ramener uniquement en short, bon c’est le printemps, les arbres sont en fleurs mais on est dans le nord, la température doit avoisiner les 15 degrés. Du bruit, ils vont en faire, et on ressent les influences, queens of the stone âge, Fugazi…

L’énergie est communicative, ça remue bien dans le public, 25, user guide, denial les titres s’enchainent. L’un des deux gratteux se permet une descente dans le public sur templier. C’est fun, c’est énergique, ça bouge, le concert se termine vite…40 minutes et ça se comprennent, les musiciens sont dégoulinants.

Deuxième concert de la soirée, on entre dans la grande salle, et là on va changer complètement d’ambiance, quatre chaises, des lumières tamisées, le groupe qui va venir c’est une collaboration entre Matt Elliott (dont l’ancien projet The third eye fondation avait sorti deux chefs-d’oeuvre de l’électro ambiant) et VACARME, un trio composé de deux violonistes et un violoncelliste (ils ont collab avec Rone pour ceux à qui ça parle).

Le set est tout simplement magnifique, des envolés d’une violences inouïes qui accompagnent le plus calme des soupirs du songwriter.

Une espèce de bulles, hors du temps, les musiciens sont heureux d’être là, ils sourient, Matt Elliott rit avec le public. Ça me hérisse les poils, et ça arrive presque à me mettre la larme à l’oeil. L’une des plus belles découverte du festival.

Arrive ensuite sur scène les quatre Bristoliens de This is the kit. On reste dans la douceur. On continue de se reposer, là encore, les musiciens s’amusent, Kate Staples doit retirer ses chaussettes qu’elle vient de tremper en renversant sa bouteille, ça blague, c’est agréable…

Pendant près d’une heure, la chanteuse nous délivre un rock boisé, champêtre, joyeux, passant tour à tour de la guitare au banjo. Un moment vraiment cool.

Enfin, C’est au tour de Shannon wright, la salle est comble et on entend des fans de tout âges. Certains viennent découvrir, d’autres la connaissent bien, et honnêtement, la dame n’en est pas à son coup d’essai, ça fait 25 ans qu’elle tourne, la scène elle connaît ça et elle va nous le montrer.

Elle arrive sur scène, épaisse chevelure, visage quasi invisible, jazz master vissé sur l’épaule. Elle est accompagnée par son batteur qui restera en retrait. La guitare hurle, elle joue aux doigts, c’est saturé, et pourtant sa voix perce, le rayon de soleil a travers la tempête. Les morceaux s’enchainent, Plea, fractures, the caustic light, elle pioche dans toute sa disco, et y a de quoi faire. Une petite bouffée d’air pur, elle se met au clavier pour Defy this love et Idle Hands puis reprend la guitare. Le concert se termine sur Portray, monstrueuse, une dernière salve de guitare. C’est fini.

La dame reviendra pour un rappel au piano, Avalanche magnifique puis le silence…

Bravo…

 

Encore merci à l’équipe du PZZLE pour l’accueil.