[Review] Avenged Sevenfold – Diamonds in the Rough

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Artwork de Diamonds in the Rough
Artwork de Diamonds in the Rough

Avenged Sevenfold a réédité son album de « B-sides » Diamonds in the Rough, originellement sorti en 2008. L’album, couronné disque de platine à l’époque, se voit pour l’occasion enrichi de 5 titres supplémentaires : un inédit, Set me Free, et 4 titres difficiles à trouver qui étaient disséminés sur des éditions japonaises ou en fin d’édition d’albums. Que penser de l’ensemble? Allez venez, on l’a écouté, on vous dit tout.


Le groupe Avenged Sevenfold début 2020Live In The LBC & Diamonds In The Rough était la première compilation de Avenged Sevenfold. Le DVD contenait le concert du 10 avril 2008 au Long Beach Arena (en tête d’affiche de la tournée “Rockstar Taste Of Chaos”) alors que le CD contenait des faces B inédites non retenues pour l’album éponyme de 2007, des reprises et d’autres matériaux inédits.

Le chanteur et co-fondateur du groupe M. Shadows explique : « Il est typique pour des musiciens d’écrire 20 ou 30 morceaux pour un album. La plupart du temps, vous prenez le meilleur du lot et vous en restez là, vous mettez le reste de côté. Nous n’avons jamais écrit comme ça. Généralement, nous ne finissons des chansons que s’ils servent à quelque chose. La seule exception à cela, c’était pendant la période de l’album éponyme. Nous expérimentions autour de notre son, nous étions auto-produits, et personne n’était là pour nous guider. Au final, les chansons non sorties issues de ces sessions ont été publiées sous le nom Diamonds in the Rough. Nous avons reçu tellement de demandes de fans qui voulaient écouter cet album en streaming, et nous voulions en faire quelque chose de spécial. Donc, nous avons remasterisé l’album et ajouté quelques pistes difficiles à trouver. Nous avons même trouvé une piste inédite tirée des sessions de Hail to the King que nous pensons que vous apprécierez. »

A l’épreuve de l’écoute

Il y a à boire et à manger dans cet album. Des reprises d’abord, beaucoup de reprises. M. Shawn, grand fan de Pantera, nous offre une reprise de Walk, très fidèle à l’originale et qui n’apporte pas, il faut le dire, grand chose de nouveau, si ce n’est qu’elle est jouée un demi-ton plus bas. Le solo est retranscrit quasiment à l’identique, le chant et la rythmique également… assez oubliable. Flash of the Blade, à l’inverse, apporte un côté plus heavy dans l’orchestration, avec une batterie plus présente et une guitare plus agressive. Le solo prend un caractère épique avec le jeu des 2 guitares qui se répondent, même si on regrettera quand même les envolées lyriques de Bruce Dickinson.

1 autre reprise complète l’album : l’éternel Paranoïd des anglais de Black Sabbath. Hommage aux pères du métal, là encore Avenged Sevenfold apporte sa touche personnelle, principalement due à la voix rauque du chanteur qui à nouveau renforce le côté heavy du titre.

On trouvera également 2 versions alternatives de titres bien connus des fans. Almost Easy, paru à l’origine sur le hit Hail to the King, se voit remixé par l’ingénieur du son Chris Lord Alge. Le son est plus compressé, punchy, intense, là où le mix d’origine (par le talentueux Andy Wallace, qui a également produit Nightmare et Hail to the King) privilégiait la profondeur et la dynamique. Les goûts et les couleurs… chacun appréciera. L’autre « auto-reprise », Afterlife, n’apporte pas grand chose à l’original, si ce n’est des violons qui parsèment le titre.

L’album nous propose également un duel de singles : Crossroads, single de la sortie originale de 2008, et Set me Free, inédit tiré des bandes de Hail to the King et single 2020. Crossroads est symptomatique du Avenged Sevenfold des premières années : très axé sur les riffs, mais des riffs beaucoup plus complexes que ce qu’on peut trouver sur Hail to the King ou City of Evil par exemple. La chanson a des accents de Pantera (tiens, encore), et nous propose une combinaison de refrain heavy et de pont plus mélodique. Set me Free, lui, nous offre une ballade digne des plus beaux quarts d’heure américains de vos jeunes années. Mention spéciale aux batteries de Arin Ilejay sur le pont qui redonnent de l’énergie au titre.

Des ballades, il y en a d’autres sur cet album. Until the End est lancée par une ligne de guitare épique, qui revient ensuite ponctuer le refrain. Le titre s’installe ensuite dans une ambiance nostalgique, qui finirait très bien un concert à la lumière des briquets. La chanson finit par monter en puissance, avec l’arrivée de cordes et d’une guitare rythmique plus appuyée… magique. 4:00 AM commence lui aussi comme une ballade, mais la voix rocailleuse se charge de nous ramener dans un monde plus sombre.

4 titres se détachent pour moi de l’album. On a déjà évoqué Crossroads, du A7x pur jus. Demon, qui ouvre l’album, suit le même schéma. C’est l’un des titres les plus heavy de l’album, notamment la batterie, mais aussi le double-stop de basse après le refrain. Le lancinant « Demons they follow me » (Les démons, ils me suivent) vous restera dans la tête ! Girl I Know, chanson sur la prostitution, est un titre assez peu connu du groupe mais très énergique, avec l’utilisation typique de lignes de guitare derrière le chant du refrain. Enfin, Tension est un titre particulier de par sa construction et ses paroles. Avenged Sevenfold évoque souvent des histoires dramatiques, épiques, dans un monde dystopique (Paradigm), horrifique (A Little Piece of Heaven) ou réaliste. Ici, le groupe évoque la décadence psychologique d’un homme écrasé par sa vie ordinaire, comme si le groupe parlait aux fans au lieu d’inventer une histoire hors-normes.

Le reste de l’album nous offre des ambiances variées. The Fight avec ses riffs accrocheurs, a des accents du Metallica de St Anger (mais est-ce vraiment une bonne référence ?).  Dancing Dead, très épique, se plonge dans une ambiance d’opera hard-rock. Saluons le travail de Johnny Christ à la basse, qui apporte beaucoup de groove au titre. Groove qu’on retrouve sur Lost it All, avec un petit bijou rythmique sur l’introduction.

Et pour conclure ?

Il est difficile de donner une note à cet album. Cette nouvelle édition n’apporte pas grand chose à l’originale, si ce n’est de réunir ensemble plus de titres méconnus.  Les fans seront servis, on a du Avenged Sevenfold typique, même si pas à son meilleur niveau – mais on n’appelle pas les faces B comme ça pour rien. Les reprises sont assez décevantes de la part d’un groupe qui a su faire évoluer son style avec les années et aurait surement eu plus de choses à dire. Dans l’ensemble, un album sympathique, mais certainement pas leur meilleure production.

6/10 – on n’est pas radins, mais ils ont fait mieux

Les pistes originelles

1. Demons
2. Girl I Know
3. Crossroads
4. Flash Of The Blade (reprise d’Iron Maiden)
5. Until The End
6. Tension
7. Walk (reprise de Pantera)
8. The Fight
9. Dancing Dead
10. Almost Easy (remix de Chris-Lord-Alge)
11. Afterlife (version alternative)

Pistes additionnelles ajoutées à la nouvelle édition

12. St. James (bonus track de Hail To The King limited edition)
13. Set Me Free (inédit; enregistrée pour Hail To The King)
14. 4 AM (B-side de l’EP Welcome to the Family)
15. Lost It All (Bonus track sur l’édition japonaise de Nightmare)
16. Paranoid (reprise de Black Sabbath)