[Review] Allen/Olzon: Worlds Apart, du bon power mélodique

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Couverture de Worlds Apart
Couverture de Worlds Apart

L’association Russel Allen / Magnus Karlsson frappe une 4ème fois avec Allen Olzon: Worlds Apart. Après Jorn Lande, qui officiait sur les 3 premiers opus, Frontiers Records a fait confiance à Anette Olzon pour compléter la voix du chanteur de Symphony X. Alors, association réussie ?

Ce qui est clair dès la première écoute, c’est qu’on a à faire à un pur produit Power Mélodique. Tous les ingrédients y sont : orchestrations épiques, grosses guitares qui durent, solis à l’efficacité redoutables, et chants puissants aux mélodies accrocheuses. Ça tire parfois sur le progressif (One More Chance), mais tout ça est ma fois diablement efficace. Magnus est à la manœuvre partout : à la guitare, à la basse, aux claviers, à l’arrangement, à la production ! Et quand il n’est pas là, il l’est encore un peu, puisque la batterie est assurée par Anders Köllerfors, qui officie aussi dans… Magnus Karlsson’s Free Fall. Comme nous le confiait Anette, les chanteurs étaient en mode commandé et sont intervenus à la marge sur le projet, chacun enregistrant ses parties dans son pays respectif. Néanmoins, l’album, sans être original, ravira les fans de Power Mélodique et leur en donnera pour leur argent.

Sans qu’il soit clair si le projet est vraiment un concept album, style très à la mode dans le milieu symphonique et mélodique en ce moment, l’opus se vit facilement comme l’histoire de deux âmes damnées isolées dans leur côté du monde et cherchant à se rapprocher – ou au contraire peut-être à supporter de vivre côte à côte. Le titre d’ouverture, Never Die, nous projette tout de suite dans une ambiance épique. D’orchestration plutôt pop avec ses voix doublées sur le refrain, il nous balance tout de suite un bon gros solo, avant de faire monter la tension. Tension qui se résout bien vite sur Worlds Apart, le single éponyme de l’album.

Ce 2e titre, d’ambiance très Nightwishienne, est l’occasion d’entendre la première des rares associations du duo. Car c’est l’ironie de cette album : une petite moitié seulement des chansons implique les deux chanteurs (7 sur 11, voire 5 si on cherche des vrais duos), qui jouent à cache-cache l’un avec l’autre sur le reste de l’album. Etait-ce voulu de les garder à l’écart (apart) pour mieux souligner l’idée de 2 mondes qui se cherchent sans vraiment se trouver ? C’est en tout cas un peu dommage, tant l’association fonctionne bien sur les titres où ils chantent ensemble.

I’ll Never Leave You, sous ses airs un peu pop, nous offre un titre bien efficace, dont le refrain restera longtemps dans la tête. La belle Anette peut donner ici libre cours à sa puissance vocale et montrer sa maîtrise des différents registres, tandis que Magnus se lâche encore sur un solo à un rythme endiablé. What if I Leave nous propose ensuite un joli jeu entre les deux chanteurs, qui se répondent sur les couplets. Porté par une mélodie très travaillée – c’est d’ailleurs le cas sur tout l’album, qui a été écrit pour être accrocheur – il nous emmène dans une quête épique de l’identité. Magnus joue avec brio sur nos sentiments, entre espoir et doute.

L’album sait nous offrir aussi des passages plus heavy, comme Lost Souls et ses grosses guitares. Mon titre préféré de l’album, avec des accents de Sabaton dans certains riffs. On reste d’ailleurs dans la même ambiance avec No Sign of Life, qui là encore nous offre une ligne de chant très fédératrice, soulignée par la guitare qui la reprend. Le piano annonce toutefois la couleur, et introduit le titre suivant, plus calme : One More Chance. On voit là encore le soin apporté à la réalisation et à la cohérence de l’album. Plus calme, certes, mais on est sur un album de power metal oui ou non ? Alors on s’excite un peu sur le refrain quand même.

My Enemy nous ramène dans un registre plus pop, aux accents d’Evanescence, avec encore un refrain catchy. C’est une des chansons qui met le plus en valeur le duo des voix. On peut entendre le travail d’Anette sur les harmonies aiguës. On a droit à un assez joli break de batterie, comme sur le titre précédent d’ailleurs. Who You Really Are reste dans la même énergie, mais cette fois Russel est seul à la manœuvre.

Il fallait quand même une ballade sur cette album, et c’est Cold Inside qui nous la fournit. Malheureusement un peu trop stéréotypée, avec son schéma calme / emballement / calme / énergique / calme, elle est le titre qui exhibe plus le défaut principal de l’album : son côté trop lisse et fabriqué. C’est millimétrique, c’est efficace, c’est grandiose, mais ça manque d’un petit supplément d’âme. L’album s’achève quand même sur un titre diablement efficace, avec un joli duo des deux duettistes du micro, qui finit en apothéose et nous renvoie réfléchir à ce qui vient de nous arriver pendant 56 minutes.

Anette Olzon et Russel Allen
Anette Olzon et Russel Allen – photo d’Anette par Patric Ulleus

Le bilan

Que tirer de cette écoute ? L’album, sans être révolutionnaire, est un bon exemple de bon power mélodique bien maîtrisé et bien réalisé. Probablement pas l’album que j’écouterai en boucle pendant un mois, un peu trop aseptisé à mon goût, mais on s’évade bien à l’écouter, et il contient des titres auxquels je reviendrai avec plaisir.

La note : 7/10 – du bon, mais très classique

Track List :

  1. Never Die – 5:47
  2. Worlds Apart – 4:24
  3. I’ll Never Leave You – 4:51
  4. What If I Live – 5:35
  5. Lost Soul – 5:10
  6. No Sign Of Life – 4:25
  7. One More Chance – 4:41
  8. My Enemy – 4:54
  9. Who You Really Are – 4:42
  10. Cold Inside – 5:40
  11. Who’s Gonna Stop Me Now – 5:52