Review : Babymetal – Metal Galaxy

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Babymetal a sorti vendredi dernier son troisième album. Après le départ de Yui-Metal l’année dernière, le nouvel album du groupe était attendu au tournant par les fans du monde entier, et le groupe doit aussi faire face à bon nombre de détracteurs. Metal Galaxy fera-t-il taire ces détracteurs ? On vous propose notre avis dessus !

Trois ans après Metal Resistance, il est temps de se replonger dans l’univers du kawaii metal. On lit un peu partout que cet album sera ultra varié « comme une odyssée jusqu’à la Metal Galaxy », qu’il y aura de nombreux invités et qu’on sera surpris. On commence donc directement sur une première surprise : Future Metal semble sortir directement d’un jeu de Gameboy Advance. Je la verrais bien sur un Golden Sun par exemple. Passé l’intro un peu étrange, vient le premier « vrai » morceau : Da Da Dance. Bien nommé, le morceau fait référence à l’Eurodance par bien des samples. Le morceau ultra rapide envoie du pâté et on le voit bien sur une arcade Dance Dance Revolution (le jeu d’arcade où il faut danser très vite, très populaire au Japon). Il est aussi à noter que Tak Matsumoto de B’z est présent sur le morceau et que les riffs sont fous !

L’odyssée passe ensuite par les Etats Unis avec le morceau un peu doo woop Elevator Girl. Dans sa version anglaise, on trouve la performance un peu forcée, mais la version japonaise est plus naturelle, énergique et les riffs des deux clairement impressionnants ! Mais mon premier gros coup de coeur sera pour Shanti Shanti Shanti. Empruntant à la musique indienne, le morceau au début un peu cliché gagne en grandeur au premier pré-refrain Su-Metal se révèle une nouvelle fois comme une vocaliste hors pair. Bravo ! Le refrain magnifique fait d’ailleurs que Shanti Shanti Shanti se place selon moi entre Megitsune et Karate parmi les meilleurs de Babymetal ! Je ne m’attendais pas à une telle perle et ce n’est pas fini !

Quelle ne fut pas ma surprise d’entendre Joakim Brodén de Sabaton sur le prochain morceau ! Oh Majinai est un pure morceau de folk metal scandinave ! On dirait carrément un morceau de Korpiklaani, à tel point qu’on s’attend à chaque seconde à voir Jonne Järvelä débarquer ! Le morceau est bon et efficace, et arrivés à ce stade de l’album, on est très agréablement surpris de voir Babymetal jouer aussi facilement avec les styles de metal différents. Brand New Day, lui, sera très très (très) similaire à Medicine de Bring Me The Horizon, mais pour moi il n’arrive pas à l’efficacité de Medicine, malgré le son très travaillé et les apparitions de Tim Henson et Scott Lepage de Polyphia.

On continue de voyager avec Night Night Burn qui emprunte les codes de la musique latine, pour un nouveau morceau ultra efficace. On ne peut s’empêcher de remarquer que le groupe est très efficace sur ses morceaux les plus « world music », qui lui ouvriront sûrement de nouvelles portes pour les tournées et feront taire les détracteurs leur reprochant leur manque de variété ! Sur In The Name Of, on n’entendra pas Su-Metal ni Moa-Metal. Mais le morceau commençant comme un chant d’église sera sûrement le plus violent de l’album avec du scream death metal et des percussions à la Slipknot, encore une suprise de taille, qui varie encore le son de cet album.

Sur Distortion, ce sera au tour d’Alissa White-Gluz de faire une apparition, et ce single ultra rapide, qui rappelle la hardtek, est ultra puissant et entraînant, et remuera les foules du monde entier ! Mais c’était sans compter sur le massif Pa Pa Ya qui fait vite oublier Distortion avec le rappeur coréen F.HERO qui aura le droit à un passage rappé sur ce morceau qui lui aussi entre dans le top des meilleurs singles de Babymetal !

Kagerou entamera une suite de morceaux un peu moins efficaces, cependant. Malgré un riff d’anthologie, le morceau, plus posé que le reste de l’album, donne une impression de fadesse, et ce sera aussi le cas d’Arkadia qui calme un peu trop le jeu après un album qui s’écoute à fond. Starlight et Shine sauveront par contre le dernier tiers de cet album avec des morceau efficaces et taillés pour les stades, qu’on aurait bien vu clore cet album d’une belle manière. Starlight aura le droit à un refrain parfait suivi d’un riff encore plus parfait, permettant au Kami Band de s’illustrer, tandis que Shine et son riff mélodique se déversant dans un morceau de metal quasi symphonique mettent en valeur une Su-Metal plus efficace que jamais.

En conclusion, Metal Galaxy est largement au dessus de Metal Resistance, leur album précédent. Sa variété permet au groupe d’explorer de nouvelles sonorités qu’on ne leur imaginait pas, et de manière très efficace ! Cependant on se demande souvent où est Moa-Metal dans le mix, et on aimerait l’entendre un peu plus. Transition réussie en tout cas après le départ de Yui-Metal, et on a très hâte de les voir à l’Elysée Montmartre en février prochain ! Le seul vrai défaut de l’album est sa longueur : l’album dure en effet 52 minutes et aurait bénéficié d’une durée un peu plus courte pour plus d’efficacité.

 

8/10