Review : Bruce Springsteen – Western Stars

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Bruce Springsteen fait partie de ces artistes qui sans sortir d’albums, ne chôment jamais. Son dernier date tout de même de 2014 (High Hopes) et pourtant il faudra juste attendre, 2 tournées mondiales,  un show à Broadway sold out sur 2 ans et une autobiographie (Born to Run, 2016) rien que ça, pour avoir droit à un nouveau disque.

D’ailleurs je conseille vivement à tout le monde de jeter un œil à ce fameux show « Springsteen on Broadway » disponible sur Netflix, une vraie merveille forte en émotions mais là n’est pas le sujet de cet article.

Pour son 19e opus, c’est un Springsteen sans son mythique E-Street Band que nous retrouvons, donc véritablement en solo. Exercice auquel il ne s’était pas prêté depuis 2006 soit dit en passant.

« Hitch Hikin’ » ouvre sobrement le disque. On a là tous les ingrédients connus des disques solo de Bruce Springsteen, un duo guitare acoustique/voix mais pas que, la seconde partie du titre se voit accompagnée d’une belle section de cordes qui donne de la couleur à la chanson. Il n’y a pas à dire je suis content de retrouver le Boss et ce grain de voix si caractéristique qui est le sien, démarrage réussi, paré pour le voyage !

Malgré un début un peu longuet et redondant, « The Wayfarer » trouvera son rythme grâce à sa petite montée progressive et un passage uniquement instrumental résonant comme un écho des beaux jours de son E-Street Band.  « Tucson Train » et sa mélodie entêtante s’inscrit dans la continuité du titre précédent, on a ici un morceau du Boss comme on les aime, très bien chanté, très bien exécuté, rien de plus.

« Western Stars » comme son nom l’indique a un côté très western/cow-boy notamment par ces petites interventions de guitare au loin dans le mix des instruments. Bruce nous emporte dans de vastes étendues que l’on sillonne avec plaisir, le tout au gré d’une douce mélodie dont il a toujours le secret.

« Sleepy Joe’s Café », morceau beaucoup plus rythmé aurait largement sa place auprès des classiques composés avec son E-Street Band, pour moi une des pépites de l’album non sans rappeler « Mary’s Place » une de mes chansons favorites du Boss d’ailleurs, présent sur l’album « The Rising » (2001). Je l’écoute donc à oreilles grandes ouvertes !

On quitte cette ambiance bon enfant bien connue de l’univers « springsteenien » pour un ton plus calme sur « Drive Fast (The Stuntman) » qui même s’il n’est pas transcendant se laisse tout de même apprécier. Ce qui me fascine chez Springsteen c’est cette tendance à toujours trouver « l’élément » qui embellira un morceau même un peu oubliable. Je pense ici notamment à ce duo piano/violon jouant cette magnifique mélodie qui porte à elle seule le titre. Il y a toujours quelque chose à retenir.

Ne vous y trompez pas à l’intro de « Chasin’ Wild Horses », il ne s’agit pas du méga tube « Shallow » (A Star Is Born, 2018) mais bien d’un inédit de Bruce Springsteen. Passé cette blague ce morceau m’a tout simplement touché au plus profond, surtout dans sa deuxième partie avec ces passages à cordes de toute beauté. C’est fou de voir qu’après toutes ces années dans le métier, M.Springsteen reste aussi crédible dans ce personnage d’américain du New Jersey torturé par une vie un peu morose. Bien que la transition entre les 2 soit parfaite, « Sundown » est sans doute le moment le moins marquant de cet album, peut-être à cause justement de la claque précédente malheureusement. Il n’en reste pas moins agréable pour autant.

A l’écoute de « Somewhere North of Nashville », on a du mal à imaginer que c’est ce même artiste qui remplit les stades du monde entier tant cette ambiance intimiste et humaine lui scie à ravir, quel grand plaisir ce serait que de venir l’écouter seul avec sa guitare dans une petite salle.

J’aurais tenté bien des écoutes de « Stones » pour trouver les mots justes mais inexplicable semble approprié. Il est de ces titres qui nous font chavirer et nous transportent à chaque fois, c’est le cas pour moi avec celui-ci. Une analyse est donc vaine, je conseille tout simplement l’écoute. A mon goût le seul à garder si il ne pouvait en rester qu’un sur l’album.

Cependant le voyage n’est pas fini pour autant, il nous réserve  encore quelques belles surprises. Et ce n’est pas le flamboyant et orchestrale « There Goes My Miracle » qui viendra me contredire. Du « Springsteen » on ne peut plus classique certes mais qui s’essaye à quelques effets de production plus modernes sur certains passages histoire d’être en phase (un peu) avec son temps bien qu’en terme de production cet album est parfaitement maîtrisé pour le genre.

On approche doucement de la fin du disque avec le non moins entraînant « Hello Sunshine » mais c’est le fabuleux titre qu’est « Moonlight Motel » qui vient clore le voyage. On retrouve cette même ambiance que l’interlude « Nashville », quand Bruce Springsteen est seul avec sa guitare, il se passe tellement de choses c’est juste hallucinant. Par ce seul morceau on en viendrait vraiment à regretter qu’il ne donne aucun concert pour promouvoir ce disque, quel voyage musical tout de même !

Les +:

Beaucoup de bons titres

« Stones » et « Moonlight Motel »

Bruce Springsteen inspiré et très en voix

Production au top pour le genre

Les – :

Petite redondance sur certains passages

Aucune tournée en solo n’est prévue !

Note : 8/10

Comme dans tout album, il y a du bon et du moins bon, de l’oubliable au dispensable. Ici ce serait plus « oubliable » dans le sens qu’on prendra toujours du plaisir si le shuffle de l’ipod nous glisse un « The Wayfarer » ou « Sundown » dans la playlist du jour tant Bruce Springsteen propose des morceaux à la qualité indéniable, dispensable est donc à bannir de ce disque !

Adepte de l’univers du Boss ou pas, ce « Western Stars » est tout simplement un très bon album que je ne peux que conseiller. Il fera un compagnon de choix pour les vacances, sur les routes comme sur les plages.