Review : Duff McKagan – Tenderness

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Duff McKagan, emblématique bassiste 80’s des Guns N’Roses fraîchement de retour dans le groupe depuis 2016 trouve encore le temps de sortir un nouvel album solo, son troisième pour être exact.

Mais attention, ne vous attendez pas à un déluge de riffs et de solos assassins, Duff nous offre ici un disque très personnel dans un registre beaucoup plus calme tendant vers la country.

« Tenderness », titre éponyme qui annonce la couleur d’emblée avec son intro piano/voix d’une jolie mélancolie, comme annonçant le début du voyage au cœur du cow-boy McKagan. Simple et mélodique, on imaginerait très bien cette chanson dans la BO de bon nombre de films américains.

Malheureusement, cette ambiance très voire trop posée du disque en général ne sert pas vraiment les propos intimistes de l’album, je peine à trouver mon chemin en ce début de disque. Les chansons défilent et se ressemblent beaucoup avec une impression de « déjà entendu », plutôt dommage d’ailleurs car prise une à une c’est plutôt bien fait si on aime ce genre de musique, redondant sur une écoute complète.

A ma grande surprise, l’album trouve un véritable second souffle à partir de « Chip Away », on reste dans la même veine mais il y a plus d’énergie, de cœur à l’ouvrage si je puis dire et cela se ressent. Le ton semble avoir changé par rapport aux titres précédents, délaissant un peu sa mélancolie première pour une ambiance plus joviale et très western, on l’écoute avec le sourire aux lèvres.

On repart sur une ballade avec le titre « Cold Outside », pour moi la meilleure de l’album et simplement l’un des meilleurs titres. Tout y est, le thème, la mélodie, une section instrumentale pourtant très fournis (violon, piano, slide guitare etc…) qui n’empiète jamais sur le reste, le tout porté par un Duff McKagan véritablement crédible, bref une très bonne chanson.

Autant Duff n’a pas la voix la plus puissante au monde, autant son grain et sa façon de chanter sont totalement adéquats à la musique qu’il nous propose ici, pour moi il a trouvé « son » créneau. On flirterait presque avec du Bowie– oui j’ose- sur le tandem « Feel » / « Breaking Rocks », du plus bel effet.

« Parkland » est un peu le morceau dispensable de cette seconde partie, non pas que le titre soit mauvais loin de là, il est simplement à mon goût en dessous de la qualité que proposaient les chansons précédentes.

« Don’t Look Behind You » et son ode au temps qui passe, peut-être d’ailleurs a-t-on ici un message direct de son auteur qui se refuse à rester sur sa gloire passée et continu son chemin vers d’autres horizons qui sait. Le parti pris sur ce disque pourrait en attester quand on connaît le passé du bassiste. Une fin sur une note très positive donc, on a même droit à une superbe envolée de saxophone aussi réussie qu’inattendue.

Les +:

La voix de Duff dans ce genre de registre, vraiment adaptée

Le côté intimiste

La seconde partie de l’album

Les – :

Des longueurs sur les premiers morceaux

Redondance dominante jusqu’au 6e titre

Note : 6/10

Bien qu’il faille s’accrocher sur la première partie du disque, le sacrifice n’est pas vain tant la seconde partie vaut le détour. Pour ma part, un EP capitalisant celle-ci aurait largement suffi. Entre western et ballades au coin du feu, on imagine bien Duff McKagan en véritable « outlaw » arpentant l’ouest seul avec sa guitare sous un soleil couchant. Cette country pourtant très éloignée de son Hard Rock natif lui va si bien au final, RDV pris pour le Trabendo !