Review : Foals – Everything Not Saved Will Be Lost – Part 2

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Ah Foals, ils gâtent toujours avec leurs albums et n’ont pas encore dérogé à la règle avec Everything Not Saved Will Be Lost – Part 2, sorti le 18 octobre 2019. 

On avait déjà fait la review de la première partie et voici la deuxième :

10 titres, 40 minutes et 28 secondes pour un voyage d’Oxford à Neptune en passant par Icarie, riche en énergie et ambiance. On adore et on t’explique pourquoi.

On commence par Red Desert, une belle intro aux sons natures qui part en crescendo et ouvre la deuxième partie de l’album, histoire de reprendre la césure de la première partie. 

Ensuite, The Runner lié à cette première partie (Sunday et I’m Done With The World…) n’a plus rien à voir, des riffs de guitare puissants, on court à toute vitesse ! On remarque un pont avec des guitares qui invitent à continuer la course pour la seconde partie crescendo guitare, où l’on cherche un but. Outro en force, est-ce que le but est atteint ?

Après cette course effrénée, il est temps de passer à la douche avec Wash Off (ok, le jeu de mots est pourri). On remarque des ressemblances avec The Runner. Une petite énergie sur celle-ci, empreinte de « ouh-ouh » et de percussions. Le rythme fonctionne à différents jets comme ton pommeau de douche (c’était la dernière fois, promis). Elle est pas mal, mais pas la meilleure pour le coup.

Ensuite, Black Bull, comme son nom l’indique, propose dès le départ une guitare puissante, ainsi qu’une batterie bien là et Yannis Philippakis gueulant. Il est deter et vénère, rien de mieux qu’un black bull pour représenter cette masculinité toxique. D’après lui, cela caractérise la persona qui prend sa place sur scène ; une énergie à la limite de la violence.

En comparaison, Like Lightning est un peu plus légère. Si on parle lyrisme, il utilise pas mal de sons en [i] pour renforcer l’idée. L’ambiance est différente, la force est plus dans l’esprit et se mêle, par conséquent, à une sorte de paranoïa.

Progressivement, on perçoit une transition du corps à l’esprit, Dreaming Of ouvre ses portes. On commence par une intro « dreamy », suivie de la voix de Philippakis. Là, il y a un sentiment d’emprisonnement, dans une ville, dans un cycle et une volonté d’aller plus loin avec les montées de chœurs en arrière. La ville en question est Oxford, eh oui, quand le succès appelle, il faut bouger et cela laisse un sentiment mélancolique.

Du coup on retourne aux origines et on arrive à Ikaria (Ικαρία), l’île qui prend son nom d’Icare, fils de Dédale dans la mythologie grecque. Une intro piano charmante qui ouvre à une superbe réflexion.

En effet, dans 10,000 Feet, la petite basse et la batterie accompagnent des lyrics géniales : « Too close to the sun, with my wings all bound and twisted into one », superbe référence au mythe d’Icare, Kαλημέρα Ελλάδα (tr. Bonjour la Grèce). 

On est invité à danser (nan, pas le sirtáki J-C), dans la mer ou sous les rochers, peut-être les deux, on en revient à cette idée de mort certaine. 

Cependant, l’idée d’immortalité est présente dans le refrain et plus particulièrement dans le second couplet « When I’m like a diamond, I’m coal again, Turn me into a wedding ring that you can wear ». Et oui, car une oeuvre ne meurt pas avec son auteur, cette idée de faire perdurer un être semble avoir scotché le compositeur. Pour le coup, c’est vraiment une chanson puissante.

Into the Surf s’imprègne de mélancolie, avec un schéma digne d’un mythe grec : l’attente d’un retour. La lune comme seule amie, Pénélope attend Ulysse, sans grande certitude. Encore une fois, l’ombre de la mort est présente. D’ailleurs, on a lien évident avec Surf Pt. I de la première partie de « Everything Not Saved Will Be Lost ».

Pour finir, plus proche de la lune, on vise Neptune. Dualité qui tiraille Yannis, grec et britannique, il voudrait être en Grèce. Pourtant il vit à Londres, l’image est tel un héros de la mythologie grecque moderne. Au final, c’est une problématique que vit n’importe quel groupe à succès. On est rarement avec ses proches, mais la passion pousse toujours plus loin.

On peut dire que cet album est vraiment bien construit et la fin mérite une attention tout à fait particulière puisqu’elle permet une vision différente de l’ensemble.

Pozzo est sous le charme et octroie un joli 8/10. À ton tour d’écouter !

Extrait :