Review : Hangman’s Chair – Bus De Nuit

0
157

Le 4 octobre dernier, Hangman’s Chair, nouvellement chez Spinefarm Records, ont sorti un nouvel EP : Bus De Nuit. Dans la lignée de leur album Banlieue Triste, cet EP nous fait voyager à travers sa musique sombre et aérienne. On vous raconte ça !

L’EP s’ouvre sur Lost Brothel, morceau qui commence sur une guitare clean que ne renierait pas Kurt Cobain, avec un effet chorus réglé à la perfection. On enchaîne ensuite sur un son doom très saturée, mais on perçoit la basse bien clean à travers la fuzz, ce qui apporte beaucoup de fraîcheur. La voix à la John Garcia de Cédric Toufouti renforce vraiment la forte impression que fait ce morceau en ouverture. On revient ensuite au clean pour clore le morceau d’une belle manière.

Je ne peux m’empêcher de remarquer que la couverture de l’EP montre un arrêt de bus du noctilien N134 que j’ai déjà pris. Pour la suite, on embarquera donc dans ce N134 sur le remix de Cloud de Negative Male Child. Le morceau qui était déjà clean et léger sur sa version originale (présente sur Banlieue Triste) gagne encore en légèreté, à tel point que le morceau est, je pense, comparable à du The XX des deux premiers albums. L’ambiance cold wave et contemplative fait que ce morceau serait parfait dans la bande son d’un film, et en revoyant le titre et la couverture de l’EP je me dis que je verrais bien ça comme bande son dans le noctilien, en s’éloignant de Paris et son agitation. Un magnifique morceau qui aura un regain d’énergie sur la fin avec une boîte à rythme vraiment sympa.

Pour la suite, le début de Sleeping On The Ground est lent mais la batterie limite industrielle, la guitare hyper réverbérée et la voix lointaine font penser à The Cure, et plus particulièrement à A Forest. On observe une montée en puissance calme mais efficace. La basse est lourde et puissante, on est sur une ambiance un peu inquiétante, qui dans le thème pourrait rappeler l’angoisse du retour à pieds chez soi après le bus en fin de soirée. La tension se relâche ensuite un peu. pour mieux se renforcer sur le morceau suivant.

Sur le remix de Screwed & Chopped de Minuit, on retrouve à nouveau une guitare clean (légèrement overdrivée) avec de la reverb. L’ambiance est quasi post punk, la batterie lourde, et la voix de Cédric Toufouti se fait inquiétante, rappelant les Viagra Boys. L’ambiance est lugubre et dangereuse, la reverb rappelle le silence de la ville passé minuit, dans laquelle on entend les gens hurler. Le morceau prend un virage vers son milieu, plus calme mais encore plus menaçant par l’accélération de tempo de la guitare et de la basse. La batterie fait comme des bruits de pas jusqu’à s’arrêter sur un passage résolument doom. Du grand art ! Le son s’alourdit pour devenir un morceau de doom alambiqué mais très entraînant et réussi. Le morceau se termine sur une alarme, comme un réveil signalant la fin de la nuit.

On applaudit des deux mains, on a vu défiler un film devant nos yeux pendant ces quelques minutes. Le seul défaut de cet EP ? Il est beaucoup trop court et on aurait aimé que ça dure au moins deux fois plus longtemps !

8.5/10