[Review] Leprous – Pitfalls

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Leprous, le groupe de prog rock à la croissance fulgurante ces dernières années, a sorti ce vendredi 25 octobre son sixième album : Pitfalls. Ce nouvel album, placé sous le signe des prises de risque, va sûrement changer la carrière de Leprous du tout au tout. Mais quel est notre verdict sur ce nouvel album ?

Leprous l’avaient dit : « c’est l’album que personne n’attend de nous » ! Et la première moitié de l’album lui donne parfaitement raison ! Fini le metal progressif, voilà que Leprous nous offre son côté le plus « pop » (en plus complexe que ça quand même) en ouverture de l’album ! L’album, centré autour du parcours d’Einar Solberg (chant) à travers la dépression, commence sur une note de mélancolie avec Below. Néanmoins, le refrain lumineux et surprenant démontre s’il y en avait besoin qu’Einar est l’un des meilleurs chanteurs de rock que l’on puisse entendre de nos jours ! Le morceau est sombre, cependant il est à noter que tous ceux à qui j’ai fait écouter ce single (métalleux ou non métalleux) en ont salué la qualité indéniable. Below est clairement mon plus gros coup de cœur de l’album.

On continue ensuite avec I Lost Hope, à l’instru groovy permettant à Tor Oddmund de se mettre lui aussi en avant. Les cordes sont géniales, et le morceau fait inconsciemment danser. Observe The Train amènera lui aussi une bonne dose de complexité avec des orchestrations surprenantes venant d’un groupe de rock (xylophone, harpe…). By My Throne aura le droit au groove le plus dingue de ce début d’album avec une batterie au rythme complexe mais entraînant et des cordes magiques. Cependant sur ces trois morceaux, Leprous nous prend de court : pas d’envolées lyriques ! Leprous a décidément choisi de surprendre sur tous les points, car le groupe, depuis son premier album, est très connu pour ses envolées lyriques !

Alleviate commencera de manière minimaliste lui aussi, mais là, surprise : la voix d’Einar s’envole avec une puissance inouïe, et la transition est ultra naturelle ! On reste pantois face au brio avec lequel Leprous se joue de nous ! At The Bottom et Distant Bells seront sur le même modèle avec un début calme mais des progressions bluffantes, avec une préférence pour Distant Bells et ses choeurs magnifiques, sa basse sporadique et le violoncelle juste magique. Je pense que j’écouterais Distant Bells très régulièrement après cette chronique !

Pour Foreigner, on est plus sur un morceau tendu, mais encourageant, comme préparant à un combat, Einar chantera d’ailleurs « it’s a fight to stay alive » sur le refrain, comme pour évoquer le moment où l’on choisit de se battre contre la dépression. Les claviers et la guitare sont beaucoup plus présents sur ce morceau, qui est plus proche de ce qu’on attendait de Leprous. On terminera ensuite sur le morceau le plus sombre et étrange de cet album, The Sky Is Red, véritable opéra prog de 11 minutes, le morceau explore tous les aspects de l’album, avec un passage très étrange où l’on croit que tout est terminé, mais un petit bruit répété vient annoncer que ce n’est pas fini, et enchaîne sur un final instrumental impressionnant.

En bref, cet album de Leprous était extrêmement inattendu. Le groupe joue avec les attentes de son public et avec les styles avec brio, mais perdent un peu l’auditeur à certains moments par son faux minimalisme parfois un peu répétitif entre les morceaux. Le groupe se démarque cependant de son étiquette d’équivalent de Muse des débuts, ce qui est une bonne chose, et je pense que cet album va très bien marcher. A noter que la version deluxe de l’album comporte deux chansons bonus, dont leur excellente reprise d’Angel de Massive Attack.

7.5/10