[Review] King Krule – Man Alive! Une ode à l’espoir

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Archy Marshall, plus connu sous le nom de King Krule, revient avec un nouvel album « Man Alive ! ». Ce 5ème album virevolte dans un océan d’émotions et reflète l’ubiquité d’une angoisse constamment présente.

Ouverture

On commence dans une ambiance calme, avec Cellular et ses riffs de guitare, un synthé et une batterie augmentant crescendo. Cette sonorité robotique, sous-entend la perdition de l’individu dans les technologies, le téléphone. L’entente robotique/riffs de guitare s’accordent parfaitement pour ainsi créer un cocon. On passe à la réflexion concernant une romance laissée à l’abandon.

À l’arrière, on peut entendre « I phone my ex », hantant l’interprète, jusqu’au Supermarché! Ceci étant, une référence directe au brainwashing de la publicité et au jugement des pairs.

King Krule rêve de se débarrasser de ces réflexions constantes qui finissent par le ronger. Comment ? En les assourdissant avec Stoned Again. Les paroles et les instru’ sont hardies et embrassées de rage à l’égard de la middle class, par exemple. Les riffs de guitare s’apaisent grâce à un remède (on va pas faire de dessin). Néanmoins, les paroles laissent entendre que ce n’est pas le bon remède.

Comet Face, reprend ces riffs, en supplément d’une basse et d’un clavier qui sonnent comme des pas dans une rue bruyante : Peckham Rye. À ceux-ci, s’ajoute par moment un saxophone saccadé afin d’amplifier l’atmosphère pesante et la répétition du mécanisme. Au final, il refuse au passant de retomber dans cette spirale qui ne mène à rien ; « A waste of time » qui dessine une forme d’espoir. La fin de la chanson n’est qu’une voix.

Interlude

Cette voix, c’est The Dream. Une dose de satisfaction que l’on accepte vivement et qui donne le « La » à ce qui va suivre.

Un message : Perfecto Miserable, une voix douce qui se dévoile émotionnellement. « You’re my everything » résonne, tandis que l’instru’ est de plus en plus puissante, étouffant la voix. Le raisonnement de message continue et ouvre Alone, Omen 3. Un son particulièrement sympa, il n’y a qu’un soupçon de guitare, tout va bien on peut y aller. De plus, K.K. ajoute « don’t forget you’re not alone ». Les autres ont déjà rencontrés des difficultés, on passe tous par là. La vie est belle ! Enfin, « You’re the Omen of paradise » complète ce beau message plein d’espoir correspondant à la naissance récente de sa fille Marina.

Dans son ensemble, la seconde partie de « Man Alive ! » est plus calme. Slinky ressemble à la voix qu’on peut avoir dans la tête. On réfléchie et on est bercé en même temps. Derrière, un super sax’ pour accompagner, puis le pont, l’instru’ reprend le dessus pour se taire doucement.

Airport Antenatal Airplane

Le titre débute par une basse lourde (le casque est appréciable). Le titre peut être une référence aux sentiments expérimentés avant la naissance de sa fille (« antenatal »). Avec du recul, comme dans un avion, tout ce que l’on vit n’a pas vraiment de grande incidence en fonction de l’échelle associée. Ainsi, il est temps de se lancer.

Avec Draag On, une autre basse lourde, dans son propre monde. Cette chanson encourage à ne pas tomber dans l’auto-médication et « ce monde ». Même si cela est difficile, progressivement, on s’éloigne de plus en plus de la réalité. On perd la notion même d’entourage, pour imager : seuls l’esprit et la basse sont présents dans ce titre. Il ne faut pas devenir le prisonnier du dragon.

Theme for the Cross, commence avec une instru’ calme et un simple chuchotement en espagnol. Puis, on se laisse emporter par un saxophone désormais net, le son et la voix se précisent. Ils s’accompagnent de piano et cet ensemble devient le délire jazz de l’artiste. 

Man Alive !

Avec Underclass, on retrouve cette atmosphère dreamy-dub qui fait King Krule. Une batterie arrive à mi-chemin avec une mélodie de sax’ jazz-rock profonde. Un titre empreint du passé avec un regard vers le futur.

Une même guitare ferme et ouvre Energy Fleets. Ce titre réveille les esprits, pourquoi s’arrêter de vivre ? Pourquoi arrêter de lire son histoire ? C’est une ode à la vie avec un King Krule criant « Such a funny life ». 

On finit avec Please Complete Thee, un titre posté antérieurement sur Soundcloud durant « The OOZ » era sous le nom What Stars ? Cependant, l’instru’ est plus mécanique, tout comme l’ensemble de l’album et relate d’un vide ressenti malgré de nombreux efforts. Ce dernier titre relance un éternellement questionnement, propre à tous. 

L’ensemble de « Man Alive ! » invite à la réflexion personnelle et sonne comme une ode à l’espoir. Pozzo Live a aimé cet album et lui donne la note de 8,5/10.

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