[Review] Tame Impala – The Slow Rush

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Si « Currents » (2015) avait un souffle différent et nouveau en comparaison avec les albums précédents. Dans le fond, on se disait que Kevin Parker reviendrait tôt ou tard au garage-psyché qui avait révélé Tame Impala. Voilà, son petit frère qui est une mise à plat du passé pour de nouvelles bas(s)es. « The Slow Rush » confirme la fin du garage pour ce dernier. Des bongos pour la célébration, s’il vous plaît ! 

Ouverture

On ouvre le bal avec One More Year, un titre qui pose le cadre et reflète la redondance de l’existence avec maturité. La seule chose qui change entre deux, c’est la vision qu’on a des choses et de la personne. La redondance peut être effrayante et le risque est de se lasser. Dans un sens, on peut se dire que cette angoisse pourrait être l’élément déclencheur de ce changement de genre.

Idem en amour, Instant Destiny est dans la continuité de ce questionnement. K. Parker s’est marié en 2019 avec une certaine Sophie, d’ailleurs, il a un S tatoué qu’il référence dans ce titre. Assez surprenant, même pour lui, quand en pense à « Lonerism » (2012) qui était une ode à la solitude. Quoi qu’il en soit, l’engagement est quelque chose de sérieux, amenant une certaine maturité. Selon Kevin, le passé est bon à être raconté et le futur doit être pleinement vécu, donc on embrasse la pop !

Quitte à être Borderline, ici la version de l’album est légèrement différente de celle révélée précédemment et s’avère plus groovy dans les synthé et la batterie en puissance. 

Posthumous Forgiveness

Tout cela, pour introduire le génial Posthumous Forgiveness ! Et oui, le passé est présent qu’on le veuille ou non, certains éléments ne peuvent pas être ignorés. Durant la réalisation de son premier album consécration, la perte de son père a laissé un vide qui ne peut qu’être difficilement comblé. On le sent dans la ligne de basse de la première partie qui rappelle « Innerspeaker » (2010). Les paroles sont particulièrement touchantes puisqu’elles ne sont que trop explicites. Le titre capture parfaitement les sentiments d’amertume et de peine que l’on peut ressentir dans cette situation. Ensuite, la deuxième partie semblable à « Currents », donne une composition instrumentale magistrale. 

Cette remise en cause, invite à Breathe Deeper, n’est-ce pas ? C’est une source d’inspiration qui invite au renouvellement et à la renaissance, une régénérescence aux travers d’un synthé et un beat battant la chamade.

Tomorrow’s Dust est probablement le titre le plus proche des débuts de Tame Impala, une balade réflexive pour se remettre en question sur ce qui a été fait. C’est sûr, avec un changement de registre, on a son lot de questions (et de critiques). « Currents » avait surpris par son style si différent. Une fois de plus, Kevin Parker invite à ne plus regarder le passé car demain est différent.  « There’s no use trying to relate to that old song ». Au passage, on remarque que les transitions dans l’album sont très bien faites. Ici, on ré-entend Breathe Deeper en fond.

Après réflexion

avec On Track, Kevin Parker est toujours dans la course. La chanson est très optimiste dans son rythme qui donne toujours plus envie de danser. Et ses paroles, on pense à Alter Ego d’ « Innerspeaker » pour ici : « the only one who’s really judging you, is yourself, nobody else ». 

Parfois, il faut laisser faire et ne pas être trop exigeant avec soi-même. Au risque de rester Lost In Yesterday. On a tendance à juger l’artiste sur la fidélité qu’il peut avoir à son genre. Désormais, si on veut écouter du rock garage, il ne faut plus écouter spécifiquement Tame Impala. Le projet a trouvé sa propre identité, son propre genre et il est cool ! Inutile de se coltiner éternellement cette étiquette garage.

Is It True ? C’est vrai. Pourquoi ? La ligne de basse est excellente et entêtante, comme on aime. On continue de faire la fête ! Malgré la maturité, on a toujours l’impression d’être un ado avec Kevin Parker. Pour se faire, on a des clappements groovy et du clavier rappelant des Daft Punk des années 2000 qui ne vieillissent pas. 

Et oui, Tame Impala n’est plus le projet d’un ado dans son garage. It Might Be Time souligne que c’est un projet qui est parfaitement maîtrisé par un mec expérimenté. La batterie que Kevin Parker affectionne depuis toujours est mise en avant comme il se doit !

La fin de l’album est assuré par l’« interlude » assurément groovy, Glimmer, des lignes de basse, en veux-tu en voilà, un assemblage qui donne un mix génial !

L’album s’achève avec One More Hour : Ici, on commence par un piano sobre, une batterie puissante et on retrouve ces riff de guitare grandioses pour finir. Une prod’ digne de Supertramp. C’est ainsi que durant les dernières minutes de cette chanson, le soleil est à son zénith.

À retenir de The Slow Rush :

On peut dire ce que l’on veut, Kevin Parker a bien évolué depuis le garage « Innerspeaker ». Néanmoins, il est resté fidèle à ses prod’ de qualité, c’est clairement visible dans l’ensemble de The Slow Rush. Il n’y a aucun faux pas, Pozzo attribue un 10/10 à cet album. Hâte d’entendre le prochain album !

On te laisse avec la pépite One More Hour :