[Review] T.O.M.B. – Thin The Veil

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T.O.M.B. est un groupe particulier et mystérieux comme il se fait de plus en plus rare dans la scène black metal qui n’a cessé de se populariser depuis plus de deux décennies désormais.

J’ai pour le coup eu l’immense honneur de référencer la formation au culte Metal Archives, sorte de « Wikipédia-metal » référençant un maximum de groupes jugés assez « metal » pour y être immortalisés. En effet les styles trop « modernes » ou trop « noise » y sont exclus. C’est le cas de ce groupe, T.O.M.B. (comprenez Total Occult Mechanical Blasphemy), formé en 1998 aux États-Unis dans le petit village de Upper Black Eddy, situé non loin de Philadelphie. Les ricains ont pour le coup été « blacklistés » en 2016, puis « whitelistés » en 2020 par Metal Archives, grâce à une discussion (très rapide) sur un forum du site avec moi-même et un forumeur mexicain. Les premières sorties du groupe, peu connues, sont alors un concentré de musique noise, aux influences black metal affirmées et à l’esthétique blasphématoire. Nos compères américains imagent leur musique par des clips filmés dans des lieux abandonnés ou des squats désertés (un mini documentaire a d’ailleurs été réalisé il y a une dizaine d’année, disponible sur YouTube). Le groupe est assez friant des prestations scéniques puisqu’ils ont ouvert notamment pour Watain (rien que ça !) en 2018 durant leur tournée américaine, puis sur de nombreuses dates aux USA et en Europe, notamment en Belgique l’année dernière. Les shows sont assez inégaux, allant du « bâteau » au sensationnel (de vraies messes noires morbides et sanglantes, dans le sens littéral du terme : scarification du chanteur, visage froid et inerte du claviériste…).

Avant de commencer cette chronique, il me faut expliquer ma relation compliquée et bizarre quant à ce groupe qui m’a toujours fasciné. Matérialiste que je suis, il est ainsi dur pour moi de repartir d’un magasin de CD sans rien dans les mains. Ce « défaut », il y a presque 4 ans, m’aura rendu service. Alors dans une grande surface française vendant des produits culturels, je parcours les bacs à CDs à la recherche d’une bonne surprise… C’est là que je vis une pochette aux allures sombres, un logo black metal sur le recto. Sur la pochette se trouvait ainsi un sticker mentionnant la participation d’Hellhammer (Mayhem) aux fûts, et Erik Danielson de Watain (tiens tiens) à la réalisation de la cover. Je l’achète avec peu d’hésitation, pensant (pour le moment) avoir fait une bonne affaire.

Une fois à la maison, l’album, nommé Fury Nocturnus, a un goût insipide et l’ennui s’installe vite, car il se présente comme un mélange de black metal low tempo et de samples noise et ambient. Album pour lequel il m’a fallu quelques années pour l’apprécier puis être fasciné, à tel point qu’il me fallait parler aujourd’hui du nouvel enfant maudit et mal béni de T.O.M.B..

Thin the Veil donc, sorti chez Peaceville Records (Darkthrone, Bloodbath, Pentagram…) et Dark Essence Records le 24 janvier, est alors le premier vrai long format black metal des Pennsylvaniens. Les premiers extraits m’avaient alors excité au plus haut point, rendant la chute d’autant plus douloureuse… En effet, ce Thin the Veil, sera une déception, la première de l’année. Pourtant, le premier titre, No return, qui a été le dernier clip du groupe, annonçait du bon : avec les blastbeats d’Hellhammer, le chant démoniaque, les guitares réduites à leur strict service mélodique minimum, la suite ne peut qu’être attractive. Le second, Where the Wretched Lurk, renoue le mariage noise et low tempo du groupe avec des sonorités rappelant l’avant dernier d’album. La basse saturée vient ici nous accabler d’une intro terrifiante, tel le diable s’amusant à gratter les cordes d’un violon accordé bien trop grave. Pestilence, juste après, casse l’ambiance avec ce retour plus violent mais, comprenons-le, sans grand intérêt. Après ces quelques minutes d’ennui (il faut le dire), c’est au tour d’Invocation, interlude macabre, de prendre place, dommage justement qu’elle soit aussi courte, car la chiantise est de retour avec le morceau éponyme, qui n’apporte toujours rien de nouveau et d’attractif sur cet album qui commence déjà à nous rappeler que la vie, finalement, est longue quand on s’occupe mal… Bon bref, reprenons nos esprit car c’est maintenant Decapitation of the Gods, premier morceau a avoir été annoncé avant la sortie de l’album, que l’intérêt commence. Une déferlente de haine et de violence, avec ces guitares sombres sous mixées, qui me fait oublier les titres précédents. La suite, pas vraiment la peine d’en parler, car aucun son ne se démarque vraiment, malgré les quelques changements de rythmes qui viennent juste varier les plaisirs. Il faudra attendre ainsi Hellmouth, piste finale pour nous faire frémir et nous plonger dans un univers sonore digne des écrits horrifiques de Lovecraft, qui je pense, fait partie des idoles des membres de cette formation.

En conclusion, ma première review ici n’aura pas été la meilleure à faire car ce T.O.M.B. aura malheureusement manqué à son devoir et son intention de mélanger les influences sonores bruitistes dont il est maître, avec le black metal froid et violent qu’il regardait de loin, avec envie. J’ose espérer que cet album soit une porte d’entrée vers d’autres sorties orientées black metal plus convaincantes et marquantes. Je suis d’ailleurs excité à l’idée de voir le groupe en live, si une date est proposée dans la capitale. Ne perdons pas espoir, la prochaine sera la bonne, Satan croise les doigts !

 

Note : 5,5/10

 

Tracklisting:

01. No Return
02. Where the Wretched Lurk
03. Pestilence
04. Invocation
05. Thin the Veil
06. Decapitation of the Gods
07. Lunar Reckoning
08. Escape from Phlegethon
09. License to Depart
10. Pure Noise Necromancy
11. Hellmouth