Review : Tool – Fear Inoculum

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Sacré année 2019 hein? SlipknotRammsteinKorn, pas mal non? Mais ce n’est pas tout, puisqu’après 13 ans d’attente, 2019 nous amène également le dernier album de Tool! Que vaut-il? L’attente valait-elle la peine? C’est ce que nous allons voir ici!

Avant de faire le point sur cet album, je tiens à préciser quelque chose. J’ai pris la décision de ne pas détailler au cas par cas les chansons de cet album, mais plutôt de traiter de l’album dans son ensemble. Pourquoi, me direz-vous? Pour plusieurs raisons. Déjà, pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte. Il est à vous de découvrir ces chansons comme bon vous semble. Ensuite, je vois vraiment cet album de Tool comme une entité. Difficile de faire du cas par cas, encore plus pour traiter de la globalité de l’album. Enfin, il s’agit d’une review après une dizaine d’écoute, ce qui est trop peu pour un album de Tool. Pour saisir toutes les finesses de chaque titre, il en faudra encore beaucoup!

Bref, fin de la parenthèse, rentrons dans le vif du sujet… OUI, cet album est excellent et NON les 13 ans d’attente ne mèneront pas à une déception! Il se compose de 10 titres: 6 chansons3 interludes, et un solo de batterie! Il s’agit d’un album long, très long, prêt d’1h30 tout de même! Et pourtant on ne s’ennuie pas une seule seconde, c’est un véritable exploit pour un disque de cette durée.

Pour ce qui est du style, on quitte parfois ce à quoi Tool nous a habitué par le passé. On quitte le côté metal des précédents albums pour se diriger vers quelque chose de plus ambiant, plus planant, plus hypnotisant. Cela ne veux pas dire pour autant qu’ils ont rangé les distos au placard, loin de là! Cet aspect plus calme et planant est notamment dû à la longueur des morceaux. Chacune des 6 chansons dure entre 10 et 16 minutes, rien que ça. Cela laisse donc plus de temps aux morceaux pour se développer, et mettre en place des ambiances si singulières. Les différentes parties de chaque morceau sont souvent répétées en boucle, de façon mantrique, pour bien s’en imprégner. La comparaison aux mantras hindous est particulièrement de mise pour cet album (notamment grâce aux tablas que Danny Carey a intégré à son kit). Cet effet de répétition, qui dure, mêlé à cette musique très planante, nous mène tout droit à des musiques hypnotiques. Mettez votre casque, posez le cerveau à côté et laissez vous planer aussi haut et loin que votre imagination vous le permettra…

Cependant, cet album a plus d’un tour dans son sac! Et pour ceux qui préfèrent le Tool complexe, alambiqué et déstructuré, vous en prendrez également plein la vue et les oreilles! Qu’on se le dise, ce nouvel album est un bijou musical de part sa composition. Des signatures rythmiques toujours plus asymétriques, des riffs à la fois majestueux et pourtant pas intuitif (pour la majorité), des décalages entre les instruments donnant parfois un côté presque bancal à la musique, et surtout la voix et les paroles de Maynard James Keenan. Un véritable combo gagnant, qui a déjà fait ses preuves mais qui est toujours aussi efficace. Evidemment, une fois de plus, la batterie est bien souvent mise en avant. Danny Carey nous gratifie de plans de batterie absolument surréalistes qui feront rêver tous les auditeurs batteurs (ou les découragerons, peut-être…). Une piste lui est même entièrement dédiée. 4 minutes de solo de batterie absolument virtuose. Une claque! Tous les morceaux sont d’une complexité sans précédent, allant piocher toujours plus loin dans la technicité. Il est bien souvent très difficile, voir impossible, de comprendre tout ce qu’il se passe réellement dans ces pistes si travaillées.

En conclusion, il s’agit bel et bien d’un très bon album de Tool, bien qu’il diffère légèrement des précédents. Morceaux plus longs et hypnotiques, sans pour autant renier la virtuosité et la technicité des 4 membres du groupe, pour un ressenti toujours plus fort en sensations. Bref, on ne peut que vous recommander d’écouter cette pépite musicale et de vous faire votre propre avis!

9.5/10