Review : Torche – Admission

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Parce que juillet/août, ce n’est pas les vacances pour tout le monde, Pozzo Live vous présente aujourd’hui une nouvelle review, avec un groupe atypique qui malgré un son de grande qualité et de très bonnes prestations en live – comme au Hellfest 2016 – ne fait pas encore parti des (très) grands noms du métal : Torche. Avec leur sludge teinté tantôt de stoner, tantôt de pop, le quatuor de Miami est de retour sur le devant de la scène avec un nouvel opus, Admission, qui espérons-le les fera enfin admettre dans la cour des grands !

Torche, c’est l’histoire d’un groupe bourré de talents, qu’il s’agisse de composer des morceaux ou de se produire sur scène, dont l’histoire n’a pas toujours été simple, entre changements de line-up ou de labels notamment. Mais loin de s’enfermer dans un carcan musical en se satisfaisant d’un sludge classique, le groupe a toujours cherché à se démarquer en explorant d’autres horizons pour en créer un nouveau qui soit unique et atypique, allant parfois même jusqu’à mêler des tonalités très éloignées comme le sludge et…la pop !

Après quatre albums ayant tous passé avec succès l’épreuve des critiques, dont le dernier Restarter qui en 2015 avait brillamment réussi à synthétiser les trois premiers et donc le parcours de Torche, les petits gars de Miami marquent ici un nouveau tournant dans leur carrière. Admission s’annonce en effet comme une certaine rupture avec ce qu’ils avaient produit jusqu’ici, mais qui prouve que la flamme de Torche est encore loin d’être éteinte – trololo ! – en matière d’idées et d’inspirations, bref, que le groupe est de nouveau prêt à faire ce qu’il a toujours fait : explorer de nouveaux horizons #ChristopheColomb

Si l’album démarre fort avec From Here et ses riffs bien bourrins aux allures de rafales d’armes à feu, on retrouve rapidement un tempo plus lent aux accents psychédéliques, typiques du sludge, avec Submission. Slide est ensuite l’exemple parfait de ces mélanges caractéristiques du groupe, ici en faisant cohabiter le tempo lent et le son lourd du sludge avec des notes plus peps et fraîches du rock. A ce sujet, la guitare semble sur cet album prendre une part plus importante, peut-être en raison de l’évolution récente du line-up, qui a vu Jonathan Nuñez, bassiste historique du groupe, se mettre à la guitare après le départ d’Andrew Elstner. On retrouve ensuite des influences punk sur What Was, mais toujours mêlées à ce son gras et saturé si typique du genre sludge et doom. Le mélange est étonnant, et si certains comme moi resteront sceptiques, d’autres y verront sûrement une nouvelle superbe trouvaille du groupe. Avec Times Missing, la présence de choeurs et de synthé donne un supplément de psychédélisme à l’album, nous donnant l’impression délicieuse de planer tout au long du morceau #grostrip Un excellent choix comme musique de fond, tiens !

Admission restera pour ma part le morceau phare du groupe. Pas étonnant qu’il ait donné son nom à l’album, donc. L’ambiance est clairement plus légère que sur ce à quoi nous avait habitué le groupe, et les fans de la première heures pourraient bien être déstabilisés ! La guitare est tout en finesse, tout en gardant le punch nécessaire pour faire légèrement hocher la tête à l’écoute. Pour peu, on se croirait en train d’écouter un morceau de rock alternatif aux accents new wave. Bref, un morceau tout en subtilité qui dans tous les cas ne laissera pas indifférent ! Derrière, Reminder nous ramène illico dans la lourdeur, tout on apportant des notes de stoner qui sentent bon le Jack Daniel’s et la Far West #LuckyLuke C’est simple, mais c’est efficace ! Extremes Of Consciousness fera office de retour aux sources en reprenant tous les codes du sludge, avec un chant qui pour ma part n’est pas sans rappeler l’un de mes groupes préférés : Mastodon. La fin de l’album se profile, et le groupe profite de On The Wire pour asséner un nouveau coup de bambou sonore avec ce morceau lourd à souhait, aux riffs lents qui martèlent les oreilles comme pour bien confirmer que Torche, bien que proposant un son riche en sonorités diverses et variées, reste bien un groupe de sludge.

Infierno se pose clairement dans la même veine, avec un morceau qui suinte le lourd et le gras, notamment au travers d’une basse qui dégouline de fuzz. Voilà un titre qui porte bien son nom, tant ses sonorités sombres et dissonantes transportent celui qui l’écoute au coeur d’une messe noire moyenâgeuse #cestsatanerie C’est finalement l’excellent Changes Come qui clôture, et ce de manière plus légère, plus aérienne, mais aussi étonnement lyrique. Ce mélange de lourdeur et de légèreté fonctionne encore une fois vraiment bien, et l’on en attendait pas moins d’un combo à la technique et à l’univers aussi remarquables. Ce dernier morceau sonne comme un générique de fin, tandis qu’on s’imagine sans peine voir nos quatre compères disparaître au loin, en route vers de nouveaux horizons dont eux seuls ont le secret.

Au final, alors que le précédent album, Restarter, se posait comme une synthèse des premiers albums du groupe, cet Admission se présente plus comme une ouverture et une réinvention. Probablement une nouvelle étape dans la carrière de ce groupe décidément à part. Peut-être que les fans de la première heure seront déstabilisés, voire déçus, par cet opus, mais il faut saluer l’audace et la volonté d’un groupe qui fait montre de vouloir sortir de sa zone de confort pour évoluer sans cesse et toujours tenter de proposer autre chose, ce que trop de groupes n’ont jamais fait ou ne feront jamais, par manque d’ambition, d’envie et/ou de talent. C’est beau. Vraiment beau. A bientôt, les gars !

8/10

Album sorti le 12 juin, disponible ici et dans les points de vente habituels.

Setlist :

  1. From Here
  2. Submission
  3. Slide
  4. What Was
  5. Times Missing
  6. Admission
  7. Reminder
  8. Extremes Of Consciousness
  9. On The Wire
  10. Infierno
  11. Changes Come