Nous nous sommes rendus à l’Elysée Montmartre le 26 novembre pour le concert de Nothing More. Ce fût l’occasion de discuter avec le bassiste Daniel Oliver.
Pozzo Live : Bonjour. Vous enchaînez les dates de tournées. Comment ça va ? Est-ce que vous arrivez à vous maintenir en forme ?
Daniel Oliver : Moi personnellement, je cours tous les jours. Je pense que depuis que nous sommes arrivés en Europe, j’ai couru environ 120 kilomètres. Chaque jour, c’est trois à cinq kilomètres. Tout le monde me regarde un peu comme si j’étais fou parce qu’il fait froid et que personne ne court. Mais c’est comme ça que je reste en forme ici. C’est ma façon de faire de mon mieux. À chaque tournée, il y a toujours une maladie qui touche tout le monde à un moment. Ça a frappé Jonny il y a quelques nuits, on a dû annuler un concert. Sa voix avait complètement disparu. Mais maintenant on se sent forts. J’ai hâte de faire trembler Paris ce soir.
Pozzo Live : Vous tournez en ce moment pour l’album Carnal dont une version deluxe est sortie cette année. Est-ce que vous êtes satisfait des retours de celle-ci aujourd’hui ?
Daniel Oliver : Oui, jusqu’ici. Tous les remixes ont été vraiment bien faits je trouve. Ensuite, on a ajouté la face B, We’re All Going to Die. C’était cool d’avoir un peu plus à offrir après avoir passé un an à faire juste l’album. Ça se passe bien. Des morceaux bonus et des démos bonus, c’est super.
Pozzo Live : Est-ce que vous intégrez un de ces morceaux inédits à votre setlist ?
Daniel Oliver : Le morceau le plus récent qu’on joue dans la setlist, c’est We’re In This Together, la reprise de Nine Inch Nails. Mais on ne joue pas We’re All Going to Die. Ce soir, je crois qu’il y a six ou sept morceaux de Carnal. C’est notre dernière grande tournée sur ce disque. On le fait bien.
Pozzo Live : En parlant de setlist, je vais tout de suite aborder la question qui fâche. Comment on réussit à faire une bonne setlist ?
Daniel Oliver : Oh mec, excellente question. Beaucoup de disputes. L’éternelle question. Ça commence toujours par : quels sont les morceaux qu’on ne peut pas ne pas jouer ? Pour nous, c’est This Is The Time, Jenny, Fade In, Fade Out. Les morceaux que les gens seraient déçus de ne pas entendre. À partir de là, c’est vraiment difficile parce que ça dépend de beaucoup de choses. Tu ne veux pas que le set soit juste de l’énergie pure, tu veux quelques respirations. On regarde aussi beaucoup ce que le public veut entendre, via les données Spotify et ce genre de choses. Et puis il y a les préférences personnelles. Il y a des morceaux qu’on aime vraiment et pour lesquels on se bat pour qu’ils soient dans le set.


Pozzo Live : Vous avez fêté l’an dernier les 10 ans de votre album éponyme. Le groupe lui-même a dépassé les 20 ans d’existence. Est-ce que votre façon de voir les choses, d’appréhender un album ou un concert a évolué ? Est-ce que la relation avec vos fans a évolué ?
Daniel Oliver : Je dirais que oui. Tout paraît différent entre le moment où tu commences et celui où tu en es aujourd’hui. Il y a vingt ans, quand j’étais dans le groupe, je ne savais pas ce que c’était d’avoir des fans, ce que ça voulait dire. Pareil pour l’écriture et la composition. Les choses te changent au fur et à mesure que tu les fais. Je pense que tout ce parcours a été beaucoup plus cool et plus significatif que ce que j’aurais imaginé. Quand tu signes, tu penses que quelqu’un d’autre va te rendre célèbre et que tu n’auras plus à travailler. Mais ce n’est pas comme ça. Tu signes, et il y a des gens pour t’aider à améliorer ce que tu veux faire, mais tu dois quand même le faire. Concernant la relation avec les fans, au début tu es juste une nouveauté et tu apprends à connaître les gens. Mais au fil des années, on a fixé notre identité d’une certaine manière, surtout avec la sensibilisation à la santé mentale et la lutte contre la stigmatisation autour des soins thérapeutiques. Et c’est génial d’être approché par des gens qui nous disent à quel point le fait qu’on s’y intéresse a changé leur vie d’une manière incroyable. Donc oui, c’est une belle évolution. Je suis vraiment heureux de là où nous en sommes et de la façon dont les choses se sont passées.
Pozzo Live : Qu’est-ce que vous diriez à vous-même il y a 15 ans ?
Daniel Oliver : Bonne question. Je dirais de ne pas s’inquiéter. Parce que c’est tout ce que je faisais à l’époque. Surtout quand tu essaies de lancer un groupe, que tu vieillis et que tu ne sais pas. Réussir dans la musique est tellement incertain. Je m’inquiétais tout le temps et j’avais du mal à être présent. Mais je suppose que ce que j’ai fait a marché, donc peut-être rien. Peut-être que j’avais besoin de m’inquiéter.
Pozzo Live : Quelle est la chose qui vous manque le plus quand vous êtes en tournée ? Et au contraire qu’est-ce qui est le mieux ?
Daniel Oliver : L’autre jour, j’ai reçu un texto de groupe, des amis sortaient dans un nouveau bar. Ça m’a rendu triste. J’ai pensé : “Mince, ils me manquent.” Ce simple truc d’un vendredi soir où tu sors. La vie sur la route est non-stop. On joue dans des bars, mais quand je suis à la maison, ce qui me manque de la route, c’est tellement de choses. J’adore me réveiller dans une nouvelle ville et l’explorer. J’adore les gars du groupe, j’adore l’équipe. Tout le monde est ami ici. C’est du travail dur toute la journée, mais les moments de détente sont uniques. C’est comme partir en road trip pendant un mois avec tes meilleurs potes. Tu finis par en manquer.


Pozzo Live : Vous avez joué dans beaucoup de pays maintenant. Quel serait celui où vous n’êtes jamais allé et rêveriez d’y jouer ?
Daniel Oliver : On veut vraiment aller au Brésil et en Amérique du Sud. L’Amérique du Sud en général, on n’y est jamais allé. J’espère qu’on y arrivera un jour. Je sais que des groupes y jouent. On y sera un jour, j’espère.
Pozzo Live : Quel groupe ou artiste conseilleriez-vous à Pozzo Live d’interviewer ensuite ? L’an dernier Jonny nous a conseillé le groupe Normandie. C’est arrivé depuis, mais il faut changer de réponse.
Daniel Oliver : Je dirais Tiger Cub. Vous connaissez ? C’est un groupe anglais. Je suis tombé amoureux d’eux il y a quelques années. C’est un trio, avec de super riffs et des morceaux vraiment cool. Et il y a un autre jeune groupe anglais aussi, je vous en donne un deuxième : The Unpeople. Leur grand morceau s’appelle The Garden. On ne les a pas encore croisés, mais je suis super enthousiaste à propos de ce groupe. Je crois qu’ils n’ont sorti qu’un EP et c’est génial. Donc Tiger Cub, ou The Unpeople.
Merci à Daniel pour son temps et merci à Kinda Agency




























