Lost Society revient enfin pour mettre le feu à ta playlist. Avec « Hell Is A State Of Mind », le quatuor finlandais balance un metal moderne XXL qui refuse clairement de rentrer dans les cases. Quatre ans après « If The Sky Came Down », le groupe remet les pendules à l’heure et prouve qu’il joue désormais dans la cour des grands, sans s’excuser, sans se brider. Si tu cherches un album qui claque autant dans ton casque que dans la fosse, tu es au bon endroit.


L’enfer, c’est dans la tête… et dans les enceintes
Dès les premières secondes, tu sens que Lost Society a passé un cap. Le groupe, mené par Samy Elbanna, ne cherche plus sa voie, il l’impose. D’ailleurs, l’album s’inscrit dans la grande tradition des Ovnis finlandais, dans la lignée de HIM, Nightwish ou Children Of Bodom, mais avec une touche ultra moderne. Ici, ça mélange riffs acérés, refrains énormes et orchestrations cinématographiques qui collent des frissons.
Tout a basculé avec « Blood Diamond« . A la base, Samy gratte une mélodie sur un beat hip-hop au hasard, puis débarquent les strings, l’orchestre, l’ambiance de film épique… et le son de l’album se cristallise. À partir de là, le groupe pousse à fond ce combo metal / grand écran. Résultat, tu passes d’attaques heavy façon Judas Priest ou Maiden à des montées dramatiques dignes d’une BO de blockbuster. Et en live, on imagine déjà la claque quand ces titres rejoindront la setlist.
Même le processus d’écriture respire le old-school. Beaucoup de morceaux sont nés à la guitare acoustique, à l’ancienne. Si ça tient la route tout nu, ça survivra à la disto, sinon ça dégage. De plus, les gars assument des structures plus barrées avec leurs fameuses “C-sections”, sortes de mini chansons planquées au milieu des titres. « No Longer Human » en est un parfait exemple, avec un passage central taillé pour retourner une salle entière.
Des singles taillés pour la fosse et une prod monstrueuse
Au milieu de ce gros trip conceptuel, certains titres sortent direct du lot. Tu avais déjà eu un avant-goût avec « Dead People Scare Me (But the Living Make Me Sick) », teaser bien venimeux tombé au printemps. Maintenant, le groupe balance aussi « Is This What You Wanted » et « Kill The Light » en éclaireurs. Le premier joue la carte de la vulnérabilité, très émotion, avec une atmosphère qui colle à la peau. Le second, au contraire, part en hommage frontal au pur metal, poing levé, tout en gardant un refrain étonnamment léger et accrocheur. On visualise déjà le public hurler les paroles, front row et circle pits au taquet.
Côté voix, Samy part dans tous les sens, mais toujours avec la bonne intensité. Il passe d’un falsetto presque angélique à des screams bien venimeux, glisse parfois des flows presque rappés quand il le faut. En parallèle, les solos de gratte arrivent seulement quand ils servent le morceau, sans démonstration gratuite. Un lead bien senti, placé au bon moment, frappe bien plus fort qu’une minute de shred inutile, et le groupe l’a compris.
En fil rouge, l’album raconte un vrai voyage: mort, renaissance, libération. Il reprend pile là où « If The Sky Came Down » s’arrêtait, dans l’afterlife, et déroule un chemin entre amour toxique, addiction, auto-destruction et révélation finale. En fin de course, la sentence tombe: l’enfer n’était pas un lieu, mais un état d’esprit. Et ça, le titre final, « Hell Is A State Of Mind », le balance avec une ambition folle, entre romantisme à l’italienne, clins d’œil à Sibelius, galops heavy et plongée dans les ténèbres façon black metal.


Un futur classique de la scène finlandaise ?
Pour porter tout ça, Lost Society n’a pas fait les choses à moitié. L’album se construit sur une production massive, enregistrée notamment au mythique Finnvox Studio B. Amps à la pelle, batteries de légende, prises de guitares couche par couche, sans tricherie numérique ni gros bricolage au clic. Tu sens la sueur, le grain, le vrai son de groupe qui joue ensemble, prêt à transposer ce mur de son sur scène.
Et puis il y a la cerise sur le gâteau: un orchestre de film de 40 musiciens, le Babelsberg Film Orchestra, qui vient enflammer le cœur de l’album. Quand les cordes se mêlent aux riffs, l’univers du disque prend une autre dimension. On se retrouve à mi-chemin entre la fosse et la salle d’opéra, sans jamais perdre l’énergie metal. En conséquence, « Hell Is A State Of Mind » ressemble à une carte de visite définitive. Le disque ne demande aucune permission, ne suit aucune tendance, et refuse de sonner comme autre chose que Lost Society.
Au final, on tient peut-être l’une des grosses sorties metal finlandaises de ces dernières années, du genre à faire parler pendant longtemps. Maintenant, à toi de jouer: est-ce que ce mélange de metal moderne, de grosses orchestrations et de concept dark va tourner en boucle chez toi ? Viens en débattre, balance ton titre préféré, et imagine déjà le carnage que ça donnera en concert.
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