Si tu suis de près le TodoMal, tu sais que le duo anglo-espagnol ne fait rien à moitié. Avec Graveyards of Joy, nouvelle sortie chez Season of Mist attendue le 7 août 2026, le projet clôt une trilogie entamée en 2021 et pousse encore plus loin son mélange de doom atmosphérique, space rock et mélancolie folk.
L’album arrive porté par un premier single, “Point of Coalescence”, déjà disponible, et boucle le cycle ouvert par Ultracrepidarian puis A Greater Good, disque qui s’était hissé à la deuxième place des meilleurs albums de 2023 pour Mondosonoro. Autant dire que la barre est haute et que ce nouveau chapitre est attendu.
Une trilogie doom née des terres vides d’Espagne
TodoMal naît en 2020 de la rencontre entre Christopher B. Wildman et Javier Fernández Milla, deux multi-instrumentistes de l’underground espagnol qui traînent déjà un paquet de projets derrière eux. Leur idée : faire se percuter la solennité du doom traditionnel avec l’ampleur du space rock, saupoudrer le tout de touches de musique ecclésiastique, de hard rock classique et de bande-son de film.
Dès Ultracrepidarian (2021), le duo plante un décor très ciné : les landes calmes mais dépeuplées de l’Alcarria nord et de la Matarraña, ces “terres vidées” de l’Espagne rurale. Le paysage ne sert pas juste de carte postale, il devient une manière de ressentir la musique, lente, brumeuse, mais chargée de tension.
Avec A Greater Good (2023), TodoMal pousse plus loin le curseur. Le groupe parle alors de “chansons sombres” plutôt que de simples riffs écrasants. L’album se fait plus dense, plus difficile à classer, suffisamment marquant pour squatter plusieurs tops de fin d’année et écouler son premier pressage. En parallèle, le projet quitte le laboratoire studio pour s’ouvrir à la scène avec un line-up à cinq.
Ce virage live ajoute du muscle : Javier Félez rejoint aux guitares, Javier “Bud” Martínez derrière les fûts et Cecilia Tallo aux claviers et au chant. Le projet n’est plus seulement celui de deux cerveaux mais d’un vrai groupe, capable de transposer cette ampleur en salle.
Graveyards of Joy : le deuil transformé en paysages sonores
Graveyards of Joy s’annonce comme l’album le plus intime du groupe. Écrit dans la solitude, dans la foulée d’un drame personnel, il canalise chagrin, colère et une forme d’espoir arraché de haute lutte en neuf morceaux qui prennent le temps de brûler lentement. On reste dans un doom étiré, mais avec cette ambition cinématographique qui fait la différence.
L’album navigue entre larges nappes de Hammond, folk dépouillé, cordes à la Morricone et riffs lourds qui remettent les pieds sur terre. Le tout sans perdre le fil mélodique, ce détail qui fait qu’on ne se contente pas de subir le poids des titres, on les retient. De “Mare Ignis” à la pièce-titre “Graveyards of Joy”, en passant par “Lucid Nightmare” ou “Deliverance”, chaque piste participe à la narration globale.
Tout a été autoproduit par Wildman et Fernández Milla entre plusieurs studios (Trinitat-Montseny, 7th Middle Street, Moontower), avec le renfort de Javier Félez sur la prise de batterie et le travail de guitares. Le mastering a été confié à Jaime López Arellano aux Arda Recorders, au Portugal, histoire de donner à ce disque DIY le vernis sonore qu’il mérite.
Autour du noyau dur, quelques invités viennent enrichir la palette : Cecilia Tallo au chant additionnel sur deux titres, Teodora Gosheva aux voix, Darío Garrido aux guitares acoustiques et Manu Clavijo aux cordes, qui accentuent encore cette dimension de “western doom” à la fois poussiéreux et élégant.


Pourquoi ce cet album mérite ton attention
Avec ce troisième album, TodoMal coche toutes les cases qui devraient parler aux fans de Pink Floyd, Katatonia, Candlemass ou Anathema. On y retrouve la gravité du doom, mais aussi l’espace, l’air, les silences habités, cette manière d’ouvrir les morceaux sur des panoramas entiers plutôt que de rester collé au mur d’amplis.
Cette approche se ressent autant dans la tracklist ramassée (43 minutes, neuf titres) que dans la façon dont le groupe joue sur les contrastes : un interlude bref comme “Misericordiah” répond à des pièces plus étirées comme “Deliverance”. Le disque se pense comme un voyage, pas comme un catalogue de riffs.
Visuellement, TodoMal pousse le curseur cohérence encore plus loin en choisissant une toile du XIXe siècle, Ruïnes de Lluís Rigalt, pour la pochette. Là encore, le motif des ruines, des paysages abandonnés, colle parfaitement à cet opus hanté par les villes fantômes et les provinces vidées de l’est espagnol.
Si tu veux te faire une idée avant la sortie de Graveyards of Joy le 7 août 2026, tu peux déjà plonger dans “Point of Coalescence”, premier extrait disponible en ligne. Ensuite, à toi de décider si tu veux suivre le groupe sur la longueur, en version digitale, CD digipak ou vinyle 12″ (noir, turquoise transparent ou half gold/half black). Les cimetières de la joie n’attendent plus que toi.
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