The Durutti Column sort « Renascent », un premier album de morceaux inédits après plus de quinze ans d’absence. Un retour tout en douceur, porté par la guitare de Vini Reilly, qui confirme à quel point ce groupe culte de Manchester reste hors du temps, mais plus actuel que jamais.
Né sur le mythique label Factory Records aux côtés de Joy Division et New Order, le projet revient aujourd’hui avec une musique toujours aussi minimaliste, mélancolique et lumineuse, qui trouve une nouvelle audience jusque chez Harry Styles ou Blood Orange.
Un retour qui honore le passé sans jouer la nostalgie
Sur « Renascent », The Durutti Column revient en trio : Vini Reilly à la guitare, Bruce Mitchell à la batterie et aux percussions, Keir Stewart à la basse et aux claviers. Le titre de l’album – “renaissant, se renouvelant, surgissant à nouveau” – annonce la couleur : il ne s’agit pas d’un simple disque de come-back, mais d’un renouveau calme et assumé.
La musique garde ce mélange unique de post-punk, d’ambient, de jazz et de classique qui a forgé la signature du groupe. Les morceaux avancent sans effets de manche, dans une sobriété presque fragile, mais qui se révèle de plus en plus riche à chaque écoute.
On retrouve ce sentiment si typique de The Durutti Column : une mélancolie douce, jamais plombante, comme une bande-son discrète de la vie quotidienne qui peut, à tout moment, basculer en rêve éveillé.
D’un trésor discret de Manchester à influence cachée de la pop
Formé à Manchester à la fin des années 70, The Durutti Column a longtemps vécu en marge. Membre de la famille Factory, le groupe a pourtant marqué en profondeur la musique indie et ambient avec des albums devenus cultes comme « The Return of the Durutti Column » (1980) ou « Vini Reilly » (1989).
Leur guitare délicate, presque murmurée, a inspiré sans tapage des générations de musiciens. On entend aujourd’hui leur influence chez des artistes comme Harry Styles, Blood Orange, Youth Lagoon ou The Avalanches, qui les citent et les remettent en lumière.
Résultat : la musique de The Durutti Column réapparaît un peu partout, des séries aux jeux vidéo en passant par les défilés de haute couture. Autrefois en retrait des tendances, le groupe se retrouve soudain en phase avec un public qui redécouvre ce mélange de pop minimaliste, d’ambient élégante et de néoclassique.
« Renascent » : un disque déjà adopté par la critique
Pour un groupe qui n’avait rien publié depuis plus de quinze ans, le pari était risqué. Mais « Renascent » est accueilli comme l’un des plus beaux retours récents. De nombreux médias saluent un album “intemporel”, “émouvant”, “proche du miracle”, porté par un Vini Reilly toujours aussi reconnaissable à son jeu fluide et singulier.
La presse britannique comme la presse française s’accorde sur un point : The Durutti Column ne cherche pas à sonner moderne, et c’est précisément ce qui rend « Renascent » si actuel. On y entend une musique instrumentale libre, indépendante d’esprit, mais travaillée avec une sophistication presque classique.
Pour les fans de longue date, c’est un retour en grâce. Pour les curieux et les nouvelles générations, c’est peut-être la meilleure porte d’entrée dans l’univers de The Durutti Column : un disque qui ne crie jamais, mais qui reste longtemps en tête une fois qu’on y a goûté.
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