Il Est Vilaine revient avec Best Service, un deuxième album foisonnant où l’électro analogique croise la techno, le rock vintage et la synth-pop, porté par une impressionnante galerie d’invités internationaux et chanté en plusieurs langues.
Après Les Mystères de Lorient, le duo parisien affine encore son mélange de club, de romantisme noir et de ciné-scope, avec déjà quatre singles disponibles, de la cavale punk Ketchup Purée à la ballade ukrainienne Pobuvai Na Dni.
Un deuxième album comme un film cosmopolite
Quatre ans après leur premier long format, Il Est Vilaine signe avec Best Service un retour ambitieux, pensé comme un voyage dans un monde plombé mais toujours dansant.
Les douze titres et interludes prolongent la signature du duo : machines analogiques, beats techno, guitares rock, mélodies synth-pop et cette façon de faire cohabiter énergie brute, groove et noirceur romantique.
Surtout, Best Service joue la carte du multilingue. On y entend de l’espagnol, de l’anglais, du français, du polonais, de l’ukrainien… Chaque langue devient un décor, une couleur, un personnage supplémentaire dans cette bande-son cosmopolite.
Derrière cette diversité, on sent la même envie chez Il Est Vilaine : détourner les styles et les codes pour en faire un langage commun, généreux, où la frontière entre club et bande originale de film devient de plus en plus floue.


Des invités qui changent de langue et de paysage
Best Service s’amuse à inviter des voix qui viennent d’ailleurs et à les placer là où on ne les attend pas. Rebolledo, moitié des Pachanga Boys, signe une oraison psychédélique en espagnol sur Love or nobody, posée sur un fond de classic house.
Yan Wagner prend le rôle du crooner dark sur Hands in the air, ballade cowboy en anglais, entre post-punk dansant, guitares de western et basse disco poussiéreuse, comme un road movie coincé entre New York fin 70’s et Far West brûlé.
Le duo ouvre aussi la porte à la scène de l’Est : Yula Kasp chante en polonais sur Battles, tandis que Iuri Khustochka et Kate Curly incarnent Pobuvai Na Dni, ballade sombre en ukrainien. Sans jamais nommer la guerre, le morceau parle de perte, de distance, de ce qui se défait quand les corps sont séparés.
Côté francophone, Il Est Vilaine alterne lyrisme et nerfs à vif. Simone Ringer prête sa voix singulière à Femme Peinture, chanson française moderne inspirée du Rêve du Douanier Rousseau, où poésie onirique et textures électroniques se mélangent comme dans un tableau. À l’opposé, Ketchup Purée cogne comme une scansion punk en français, récit de cavale sur routes nationales qui sent le pneu, le périurbain et le “récit national” qui déraille.
De la piste de danse aux amitiés scellées
Malgré ce casting haut de gamme, Il Est Vilaine ne renie pas ses racines club. Signal revendique une urgence psyché prête pour le dancefloor, Tiki Dam Dam déroule un tunnel d’onomatopées rebondissantes, Motorik Way file tout droit sur une rocade krautrock, pendant que Tobacco and Patchouali flirte avec la jungle et un érotisme moite.
Le disque se referme sur Best friend, ritournelle-bromance qui scelle l’amitié des deux membres d’Il Est Vilaine et envoie un dernier message d’amour au-delà des frontières, comme un générique de fin après un film choral.
Voici la tracklist complète de Best Service :
- Love or nobody Feat Rebolledo
- Hands in the air Feat Yan Wagner
- Pobuvai na dni feat Iuri Khustochka et Kate Curly
- Tiki Dam Dam
- Sycomore (Interlude)
- Femme Peinture feat Simone Ringer
- Signal
- Mushroom (Interlude)
- Tobacco and Patchouali
- Battles feat Yula Kasp
- Motorik Way
- Revelation (Interlude)
- Ketchup Purée
- Best friend
Entre club, rock tordu et ballades multilingues, Best Service confirme qu’Il Est Vilaine aime brouiller les pistes. Si tu cherches un album qui voyage sans quitter ton casque et qui traite la langue comme un instrument de plus, ce deuxième long format mérite clairement une écoute.


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