Le dimanche du Graspop 2026 marque la fin du festival
Après trois jours de concerts, le dimanche possède forcément une atmosphère particulière.
Le site de Dessel est toujours aussi animé, les scènes continuent d’accueillir des groupes toute la journée, mais quelque chose a changé. Cette fois, il ne reste plus de lendemain pour rattraper un concert manqué.
Pour un dernier jour, le programme permet surtout de terminer le festival sur une note particulièrement variée.
Rain City Drive – US Rock
Nous démarrons cette dernière journée avec Rain City Drive et son rock très classique mais percutant. L’entrée sous le Metal Dome sans musique ou grande intro n’empêche pas le groupe de mettre en avant son univers musical.
La voix claire du chanteur, presque un OVNI dans ce festival très métal, est très agréable. La foule n’est très remplie à l’arrivée du groupe, mais se remplie au fur et à mesure. Au rythme des chansons avec Talk to a Friend ou Wish You the Best, le chanteur réussi à embarquer la foule à coups de clap dans les mains. Le set est assez court, 45 min, mais le groupe réussi à nous proposer une douzaine de leurs morceaux.

© David Johnson
Foreigner et Kanonenfieber
Entre nostalgie et histoire

© Rudy De Doncker
L’historique groupe Foreigner est présent pour leur quatrième Graspop. Cependant c’est la première fois que le groupe est là avec son nouveau chanteur Luis Maldonado. Comme d’autres groupes un peu ancien, Foreigner a choisi la jeunesse pour poursuivre l’aventure. Le résultat semble prendre du côté du public sous cette nouvelle journée ensoleillée. Le début de Cold as Ice au piano fait réagir les connaisseurs de la première heure. Waiting for a Girl Like You a également le droit à son succès. Mais c’est bien entendu le hit I Want to Know What Love Is qui va mettre tout le monde d’accord.
Le chanteur Luis Maldonado a une énergie débordante qui fait plaisir à voir. Si fatalement certains seront nostalgique de Kelly Hansen, Luis fait de son mieux pour assurer le show et le réussi plutôt bien.

© Rudy De Doncker
Un concert de metal extrême inspiré par la Première Guerre mondiale
Le projet allemand Kanonenfieber s’est construit autour d’un concept très précis, qui est de raconter la Première Guerre mondiale à travers le metal. Les textes s’inspirent notamment de lettres, de journaux intimes et de documents historiques pour évoquer le quotidien des soldats et la violence des combats. Cette dimension historique occupe donc une place centrale dans l’identité du groupe.
Musicalement, Kanonenfieber se situe entre black metal et death metal. Les morceaux sont agressifs, sombres et particulièrement adaptés à l’univers visuel développé par le groupe. Mais l’aspect le plus intéressant du projet est peut-être justement le contraste entre cette esthétique guerrière et son propos profondément antimilitariste.
Les uniformes, les masques et la mise en scène pourraient facilement donner une impression de glorification du conflit. C’est pourtant l’inverse qui ressort du concert. La guerre est présentée comme une expérience brutale et absurde, centrée sur ceux qui la subissent.
La Marquee, scène qui les accueille, permet de profiter pleinement de cette atmosphère. Le groupe peut développer son univers sans être écrasé par la taille d’une scène principale et l’aspect théâtral prend une véritable importance dans la prestation.
Alice Cooper toujours en forme
Nous retrouvons Alice Cooper, ou Vincent Furnier comme il se présente à la fin de ses shows en France. Le chanteur de 78 ans a toujours l’intention de donner des concerts hauts en couleurs. Il laisse la part belle à ses musiciens avant de rentrer vêtu d’un haut de forme qu’il quittera dès la fin de Hello, Hooray.

© Elsie Roymans
Les tableaux s’enchainent, le chanteur est affublé d’une blouse blanche pour Feed My Frankenstein ou porte de grands colliers de perle sur Dirty Diamonds. L’univers est vaste pour se déguiser et proposer des visuels. Le tout sans oublier les hits comme Poison ou School’s Out. Ce dernier, comme depuis quelques temps, est accompagné au milieu par un morceau de Another Brick in the Wall des Pink Floyd.
Alice Cooper souhaite finir par un hommage à Kurt Cobain en interprétant Smells Like Teen Spirit en intégralité.

© Elsie Roymans
Electric Callboy / Bury Tomorrow
Electro metal allemand à venir
Les allemands d’Electric Callboy arrivent sur le South Stage pour faire la fête et le public est plus que prêt. Ils ouvrent d’emblée avec le récent TANZNEID avec conclusion en artifices et gerbes d’étincelles. Le groupe d’électro métal met le paquet et le public du Graspop lui rend bien en pogos et autres slams. Après le maintenant culte Hypa Hypa, les membres du groupe retirent leur veste et laissent apparaitre qu’ils portent en-dessous le maillot de la Belgique [Ndlr : l’équipe belge joue le même soir en coupe du monde contre l’équipe d’Iran].

© Dorien Goetschalckx
Si leur reprise de Still Waiting de Sum 41 est maintenant officialisée avec sa version studio [le batteur Frank Zummo jouant avec le groupe depuis fin 2024], les versions de All the Small Things de Blink-182 et Bodies de Drowning Pool étaient inattendues. En restant dans le thème, la maintenant attendue reprise d’Everytime We Touch démarre au piano avant un wall of death demandé pour la reprise en version électrique.
RATATATA est proposé sans la présence de Babymetal, comme se fût l’inverse la veille. Nous apprécions d’avoir tout de même les deux facettes de la chanson.
Une énergie toujours débordante pour un groupe plus qu’apprécié. Celui-ci fera maintenant le tour des arénas d’Europe début 2027.
Un metalcore direct et efficace

© Peter De Jongh
À 21h, changement de décor avec Bury Tomorrow sur la Jupiler Stage. Le groupe britannique représente une facette beaucoup plus directe du metalcore.
Bury Tomorrow maîtrise parfaitement les codes du metalcore moderne et sait surtout les adapter à une grande scène. Les passages les plus lourds donnent immédiatement envie au public de bouger, tandis que les refrains permettent de reprendre les morceaux collectivement.
Le groupe n’est d’ailleurs pas un inconnu au Graspop Metal Meeting. Bury Tomorrow s’y est déjà produit à plusieurs reprises, notamment en 2016, 2018, 2022 et 2024. Cette expérience du festival se ressent dans la prestation.

DorienGoetschalckx
The Plot In You
Quand le metalcore devient plus mélodique
Ce sera mon dernier concert pour cette édition 2026!
Le groupe américain permet de découvrir une autre facette du metalcore contemporain. Son évolution est particulièrement intéressante. Alors que ses premiers morceaux étaient nettement plus agressifs, The Plot In You a progressivement développé une musique davantage centrée sur les mélodies, les atmosphères et les textures électroniques. Le groupe se retrouve ainsi à la frontière de plusieurs genres.
Metalcore, post-hardcore, rock alternatif et musique électronique se mélangent dans une approche beaucoup plus atmosphérique que celle proposée par Bury Tomorrow quelques heures plus tôt.

© Eline Dresselaerts
Cette évolution correspond d’ailleurs à une tendance assez visible dans la scène metal actuelle. Les frontières entre les différents genres deviennent de plus en plus floues. The Plot In You en est un bon exemple.
La conclusion pour Sabaton
Les suédois de Sabaton viennent conclure ce Graspop 2026 en cette belle journée du dimanche 21 juin. Si nous n’aurons pas de feu d’artifice à la toute fin, celui-ci est présent tout le long du set. Un court feu est d’abord tiré depuis la scène ainsi que depuis le toit de protection de la scène, avant l’entrée du groupe. Sabaton entre sur Ghost Division, scène toute illustré avec ma batterie posée sur un tank en fond de scène.

© Dorien Goetschalckx
Pour The Red Baron nous voyons un mini crowd surfer tenir debout sur son père lui-même porté par le public. Les hits s’enchainent entre artifices et pyrotechnie. Avant Stormtroopers le batteur Hannes Van Dahl souhaite trinquer à notre santé en lançant “cheers”, tenant à la main une ecocup … Hellfest (étonnamment celle-ci sera différente à sa suivante apparition).
Christmas Truce voit arriver des choristes et les flash des téléphones du public s’allumer. Pour The Attack of the Dead Men le chanteur Joakim Brodén enfile sa classique tenue de soldat avec masque à gaz. Le chœur présent sur scène intervient avant le titre Bismarck, un templier vient, d’une torche à sa main, enflammer des braseros sur scène pour introduire Templars.
Tout le groupe, hors batteur, est en ligne en avant de scène pour Swedish Pagans, avec le retour ponctuel de Tommy Johansson. Enfin To Hell and Back est complété de pyrotechnie et de tirs d’artifices. Ces derniers se prolongeant en fin de chanson pour tirer la révérence de ce joyeux set et de cette belle édition du Graspop 2026.

© Dorien Goetschalckx
Une dernière journée qui montre toute la diversité de l’affiche
Même avec seulement trois concerts au programme de mon dimanche, cette dernière journée permet de retrouver plusieurs facettes de la scène metal actuelle.
Trois propositions très différentes, une diversité qui résume finalement assez bien ce que l’on vient chercher dans un festival comme le Graspop.
Quatre jours de concerts à Dessel,
Ce qui restera de cette édition ne sera d’ailleurs pas forcément lié à un seul concert.
Certains moments ressortent évidemment : l’intensité de Wolves in the Throne Room, la puissance de Megadeth, la folie de Limp Bizkit, la proposition complètement singulière de BABYMETAL ou encore Bring Me The Horizon sous la pluie.
Le Graspop Metal Meeting 2026 aura fait cohabiter black metal, death metal, punk, metalcore, thrash, heavy metal, rock alternatif, musique électronique et des propositions beaucoup plus difficiles à classer. Et c’est probablement l’une des principales forces du festival.
On peut venir pour une tête d’affiche et repartir avec le souvenir d’un groupe découvert presque par hasard. On peut passer d’un courant musical à un autre sans avoir besoin de changer complètement de public.
Pendant quatre jours, plusieurs générations de metalheads se retrouvent ainsi au même endroit. Les habitudes sont différentes. Les groupes préférés aussi. Mais tout le monde partage les mêmes scènes, les mêmes files d’attente et les mêmes moments de concert.
Le Graspop 2026 se termine
Puis arrive le moment que l’on repousse depuis le début du festival. Maintenant, le festival touche à sa fin. Ce que l’on retient surtout, ce sont les concerts, les découvertes, les moments inattendus et cette impression d’avoir traversé une quantité absurde de styles musicaux en seulement quatre jours.
Le Graspop 2026 aura été intense, éclectique et parfois complètement imprévisible.
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