À l’Auditorium de Lyon, la saison 2026/2027 démarre avec Turangalîla, cette symphonie-monde signée Olivier Messiaen qui fait exploser les cadres du classique. Entre piano fougueux, ondes Martenot irréelles et orchestre XXL, l’Orchestre national de Lyon s’offre l’une des partitions les plus démesurées du répertoire pour son concert d’ouverture.

Autour de cette Turangalîla, la rentrée lyonnaise aligne aussi la Cinquième Symphonie de Mahler, les Sea Pictures d’Elgar et lance un fil rouge consacré à la musique tchèque. De quoi donner envie de pousser la porte de l’Auditorium, même si tu ne connais pas encore tout de ce répertoire.

Turangalîla à Lyon : un choc symphonique pour ouvrir la saison

Pour lancer la saison, le directeur musical de l’Orchestre national de Lyon, Nikolaj Szeps-Znaider, a choisi la Turangalîla-Symphonie de Messiaen. Un pari audacieux : on parle d’une œuvre monumentale, rarement donnée, qui mélange Orient et Occident, mysticisme, danses païennes, amour fou et visions cosmiques.

Au cœur de cette Turangalîla, deux solistes se détachent : le piano, tour à tour percussif et lyrique, et les fameuses ondes Martenot, cet instrument électronique aux sonorités étranges, presque futuristes, qui plane au-dessus de l’orchestre. Le tout dans un rituel sonore pensé comme une célébration de la joie et de l’amour.

À Lyon, les musiciens de l’ONL ne cachent pas leur enthousiasme. Pierre Thibout, claviers solo de l’orchestre, parle d’une œuvre “monumentale, exceptionnelle, inclassable, démesurée, moderne et luxuriante, tout en restant accessible dès la première écoute”. Une vraie porte d’entrée pour découvrir Messiaen… ou simplement pour vivre un grand moment de musique en salle.

Mahler, Elgar et la vie en grand format

Quelques jours après Turangalîla, l’Orchestre national de Lyon retrouve Nikolaj Szeps-Znaider pour un autre monument : la Symphonie n°5 de Mahler. Une fresque qui commence par une marche funèbre mais se déploie comme une immense affirmation de la vie, marquée par un célèbre Adagietto d’une douceur désarmante.

Avant Mahler, le programme fait escale en Angleterre avec les Sea Pictures d’Edward Elgar. Ces cinq mélodies pour alto et orchestre, baignées d’images marines, répondent à leur manière à la symphonie : deux visions complémentaires de l’existence, de ses tourments comme de ses moments de plénitude.

L’ensemble forme un diptyque très cinématographique, idéal si tu aimes les grandes vagues orchestrales et les émotions à nu. Là encore, l’ONL est dans son élément : un orchestre taillé pour les grandes partitions, emmené par un chef qui aime raconter des histoires par la musique.

Česko : la musique tchèque en fil rouge toute la saison

Derrière ces concerts de rentrée se dessine le grand projet de l’Auditorium pour 2026/2027 : Česko, un fil rouge consacré à la musique tchèque. Souvent, on se limite à quelques noms – Smetana, Dvořák, Janáček, Martinů, et Mahler né en Bohême – mais la saison veut montrer à quel point ce patrimoine musical est plus vaste.

Au programme, un voyage du baroque à aujourd’hui, avec des œuvres connues et d’autres beaucoup moins jouées. L’idée : faire entendre la diversité d’un pays qui a forgé une vraie identité sonore, entre folklore, lyrisme, modernité et cette mélancolie lumineuse qu’on associe souvent à l’Europe centrale.

Tout au long de la saison, l’Auditorium accueillera aussi des invités de marque comme Gautier Capuçon, Cédric Tiberghien, Collegium 1704 ou encore la cheffe Simone Young. Autant de rendez-vous pour prolonger le vertige de Turangalîla et de Mahler, et découvrir, concert après concert, à quel point la musique tchèque peut surprendre et toucher.


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