Si tu aimes le metal sombre, émotionnel et brutal à la fois, retiens le nom d’ATER. Le groupe chilien revient avec Everlasting, un nouvel album prévu le 29 janvier 2027 chez Torque Records, où le dark metal flirte ouvertement avec le goth et le doom.

Un dark metal chilien qui bascule vers le romantisme noir

Basé à Santiago, ATER décrit sa musique comme du « Extreme Dark Metal ». Concrètement, tu retrouves une base extreme metal très agressive, mais enrichie d’éléments gothiques et d’une grosse charge émotionnelle.

Avec Everlasting, le groupe ne renie pas ses racines féroces. Au contraire, il les pousse vers des terrains plus mélodiques, plus romantiques, presque théâtraux. Les compositions changent de structure, la voix se diversifie, et les atmosphères s’épaississent.

Ce tournant s’est joué au premier plan chez le frontman et compositeur Fernando Bühring. Il explique avoir laissé les chansons “couler” naturellement, en y injectant ses tribulations personnelles, tout en travaillant son chant pour servir ce nouveau son plus émotionnel.

Connu jusqu’ici pour Eternal Gray Spiral (2018) et Somber (2024), et pour ses tournées européennes aux côtés de Batushka, Venom Inc. ou Possessed, le groupe semble vouloir franchir une nouvelle étape artistique avec ce disque.

Un album comme une histoire d’amour qui dégénère

Everlasting se présente comme une sorte d’anthologie. Ce n’est pas un concept album strict, mais chaque titre joue le rôle d’un chapitre d’une grande histoire d’amour sombre, qui commence dans la passion pour finir dans la ruine.

Tout démarre avec “Venus”, ode à la déesse de l’amour. ATER y déploie un son écrasant, mais traversé par une sensualité trouble, presque rituelle. C’est là que les deux amants de l’album se rencontrent.

Avec “When At Night”, la romance vire au conte monstrueux. Rythmes intenses, gutturales dévastatrices et voix claires hantées racontent une créature de l’ombre chassant sa “proie”, dans un jeu de peur et d’attraction qui finit en union jalousée par les dieux.

La suite se fracture. “Heart Of Glass” ralentit le tempo et pose une ambiance lourde, presque écrasante, autour d’un personnage qui adore sa compagne au point de se briser totalement. Il en ressort avec le cœur réduit en miettes, à souhaiter la mort comme seul soulagement.

Plus loin, “Neverlasting” fonctionne comme une réponse au titre de l’album. Ballade metal romantique et dissonante, elle plonge dans le deuil amoureux, la séparation et l’espoir qui se délite.

Entre soumission toxique et hiver intérieur

Le milieu de l’album enfonce encore le clou. Sur “Make Me Bleed”, le protagoniste se voue à une relation toxique, faite de contrôle et de soumission. Il sait que l’amour est malade, trompeur, mais accepte malgré tout de se laisser posséder jusqu’au bout.

Avec “Ketamine”, ATER aborde la spirale dépressive, comme une dépendance affective devenue drogue dure. Les rythmiques se font plus agressives, la batterie tonne, et le groupe illustre la descente aux enfers d’un amour qui détruit.

Deux ballades lourdes viennent ensuite accentuer l’impact émotionnel. “Sleep” avance lentement, laisse le poids des riffs t’envahir, puis s’ouvre sur un passage plus apaisé, à la guitare claire et aux voix rêveuses. On y suit un personnage hanté par l’insomnie, obsédé par une amante qui le rejette.

Enfin, “With You Came The Winter” ferme le rideau. L’hiver sert ici de paysage intérieur : abandon, désolation, immobilité. L’image d’un cœur figé sous un lac gelé colle à la musique, vaste et sombre, où toutes les facettes sonores d’ATER se rejoignent pour un final théâtral.

Produit par Fernando Bühring, mixé par Daniel Lancaster et masterisé par Tony Lindgren, Everlasting promet un dark metal à la fois brutal et profondément romantique. Si tu cherches un album pour replonger dans tes cicatrices sentimentales tout en secouant la nuque, note la date du 29 janvier 2027.


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