Quand on a besoin d’une bonne dose d’humour et de lucidité pour égayer un quotidien qui nous rend, sans aucune culpabilité, Super-ordinaire, quoi de mieux que de découvrir l’univers des Agités du Bocal ? Retrouvez notre interview en compagnie du chanteur-guitariste Léonard et du guitariste Thibault.
Pozzo Live : On s’est déjà eu en interview il y a trois ans, les choses ont évolué depuis. Vous avez sorti un nouvel album, Super-Ordinaires. Pouvez-vous nous parler de ce nom d’album pour commencer ?
Léonard : Super-Ordinaires, c’est notre douze titre qui vient de sortir. Il porte le nom éponyme d’un morceau de l’album, pour lequel on a sorti un clip en novembre de l’année dernière. Ce nom-là, à l’échelle de tous les autres titres dans l’album, est celui qui a reflété le mieux cette couleur, cette teinte un peu générale qu’on voulait donner à notre album. Il reflète aussi la pochette et le visuel de cette nouvelle création.
Il y a une phrase un peu rigolote qui résume un peu la DA de cet album. C’est : “qu’il n’y a pas de mal à être normal”. Donc, le fait d’être un peu ancré dans le quotidien et en même temps d’essayer d’en sortir des choses un peu extraordinaires, de ne pas voir ça comme quelque chose de banal, sont des idées qui nous plaisaient bien. Je pense que c’est assez bien retranscrit dans l’univers de toutes nos chansons.
Pozzo Live : Vous considérez-vous comme super ordinaires ? Votre tenue de scène semble pourtant peu commune au premier abord !
Léonard : Je vois à quoi tu fais allusion. Sache qu’on a changé de tenue de scène. On est plutôt sur un feeling velours-paillettes maintenant. Ca nous plaît bien, je pense que ça colle bien au titre de l’album ainsi qu’à notre nouvelle DA. Anciennement, nous étions en chemise et short de bain.
Je pense que l’idée est plutôt de se dire que ce serait chouette d’envisager que tous autant que nous sommes, chacun à notre niveau, ou comme on en a envie, nous sommes un peu tous super ordinaire. Peut-être pas tout le temps. Mais au quotidien, il y a déjà plein de choses qu’on fait où on ne se rend pas forcément compte à quel point ça peut être parfois extraordinaire, parce que le monde va super vite.
Je ne pense pas que ce soit un mal d’être super ordinaire. Je pense que si on l’est tous ensemble, c’est super. Si on ne l’est pas tous, ce n’est pas grave.
Thibault : Et puis l’idée, c’est que chacun s’assume tel qu’il est et soit bien dans ses baskets. Ce qui est déjà super, c’est d’être heureux. C’est une ode à l’acceptation de chacun, quoi.
Pozzo Live : Comment s’est déroulée la composition de l’album ?
Thibault : En fait, elle s’est passée en trois temps. Il y a eu un premier temps où on a composé des morceaux, Léonard et moi, chacun de notre côté. En août 2024, on venait de finir la tournée de l’album précédent et on s’est dit qu’il était peut-être temps de faire un point sur ce qu’on avait déjà enregistré ou écrit.
Quand je dis enregistrer, on parle de notes vocales, de maquettes… Et donc, on s’est envoyé nos débuts de chansons, certaines des chansons étaient finies, mais globalement plutôt des débuts de chansons.
Ainsi, on s’est rendu compte qu’on avait 14 morceaux. Mais vraiment, on s’en est rendu compte, on n’avait pas capté avant. Et donc, on a passé deux semaines ensemble et on a tout maquetté. Alors, bien sûr, on a réécrit des choses, on a pu mettre en commun, affiner. Et ensuite, ces maquettes ont été envoyées aux gars, parce que pendant l’été, en général, on fait un petit stand-by.
A la rentrée, on est revenus sur ces nouveaux morceaux avec tout le monde, et là, on a travaillé la partie composition. On a organisé les textes ensemble jusqu’à la fin 2025. On a fini les quelques petits trucs de textes qui méritaient d’être relus, et les arrangements ont été finis fin 2025, à la fin de l’enregistrement.
Pozzo Live : Vous avez “continué à peaufiner les textes ensemble”, donc il n’y a pas que Léonard qui fait les textes… Comme nous pouvons le remarquer dans la chanson challenge de Léonard !
Thibault : Ah, tu parles de Virelangue ! En vrai, les Agités ont toujours eu nos deux écritures en complément. Mais c’est vrai que Virelangue, là, c’est une petite crotte de nez à Léonard. J’étais en vacances à Pirou. Je n’avais ni réseau, ni quoi que ce soit à faire d’autre que de jouer de la guitare. Bien sûr, je pensais à Léonard, parce que quand on ne fait rien dans la vie, on pense à Léonard. *rire*
C’est vrai qu’on a écrit quelques morceaux qui ne sont pas forcément faciles à chanter, et pourtant, il s’en sort vachement bien. Donc je me suis dis : “Si je faisais un morceau inchantable?”. Donc, en bon copain que je suis, je lui ai proposé de chanter une succession de virelangues (*un groupe de mots difficiles à articuler, assemblés dans un but ludique ou pour servir d’exercice d’élocution).
Ce à quoi il a répondu dans un premier temps, “Espèce d’enfoiré”, je crois. Puis dans un second temps “Je la chanterai seulement si tu arrives à me la chanter une fois. Donc j’ai bossé pendant six mois pour la chanter.
Léonard : Oui, c’est ça. C’était un peu un “Aucun problème, mais je te déteste”. Et il y avait un peu un truc de “Je veux bien l’enregistrer, parce que tu es presque un frère pour moi. Par contre, compte pas sur moi pour la jouer en live”. Et puis petit à petit, les gars ont gratté, gratté, gratté… Puis on l’a joué en live.
Pozzo Live : J’ai cru voir qu’au Trianon, ça s’était globalement bien passé quand tu l’as interprétée !
Thibault : Ca c’est très bien passé. Et pour dire la vérité, à chaque fois, ça se passe très bien, parce qu’il l’a bossée de ouf. Les gens, en général, quand c’est la première fois qu’ils la découvrent, sont en mode « Wow, le mec ! Il est trop fort ! » Ça peut aider un peu, ça fait du bien de se dire que c’est une histoire qui finit bien.
Léonard : Mais ça a pris son temps et pas mal de boulot, parce que c’était pas hyper simple.
Thibault : C’est une façon aussi de rendre un petit hommage discret à Boby Lapointe, qui n’est pas forcément une de nos influences majeures. Cet homme a fait un travail qu’on respecte, car il a joué avec la langue française.
Pozzo Live : Pouvez-vous nous parler de votre Release Party qui s’est déroulée il y a quelques mois au Trianon Transatlantique ?
Léonard : C’était un plaisir de dingue, parce que concrètement, nous, on habite tous dans la Métropole Rouennaise. Le Trianon Transatlantique, qui est la salle du coin à Sotteville-lès-Rouen, promouvant vraiment la chanson française, nous accompagne depuis quelques années. La structure a décidé d’aller un peu au bout de cet accompagnement en nous faisant confiance pour cette sortie d’album chez eux.
C’est trop chouette, parce que toute les personnes de l’équipe du Trianon, depuis toutes ces années sont devenue des amis, une grande famille. On est ravis qu’ils soient dedans, qu’ils nous fassent confiance, et c’est un plaisir de dingue, parce qu’on est toujours ravis de pouvoir jouer à domicile. C’est un plaisir pour nous d’avoir pu faire complet. Puis en plus, nous sommes très contents car le concert s’est très bien passé. On en a profité pour faire plein de photos, vidéos, et de voir un peu le regard de tous les gens qu’on connaissait et qu’on ne connaissait pas. Tout le monde avait l’air absolument ravi, donc en sortant de là, on était sur un petit nuage.
Avant le show, tu en attends beaucoup. Quand t’es dedans, tu en profites. Mais ça passe trop vite, et quand tu en sors, tu te dis : “j’aimerais bien refaire ça demain”.
C’était vraiment une date chère à notre cœur.
Thibault : C’est aussi l’occasion de passer un coucou à Corentin. Depuis la tournée précédente, on a commencé à travailler avec Corentin Recher, qui est maintenant notre ingé lumière. On a pu créer une scéno lors d’une résidence, avec mise en lumière prévue pour chaque morceau. On a pu faire un spectacle tel qu’on l’imaginait nous. C’était génial car on s’est retrouvé dans une situation avec “notre public”, en tout cas des gens qui connaissaient les chansons pour la plupart, et en complément, on a pu leur présenter le spectacle le plus abouti sur lequel on a pu bosser. Cela ne sera pas forcément le cas de toutes les dates de la tournée, puisque des fois, les infrastructures ne le permettront pas.
Léonard : Là, on avait carte blanche pour pousser tous les curseurs à fond. Donc l’équipe technique, Corentin, Adrien notre ingé son depuis toujours, ont pu se faire plaisir. Ca c’est évidemment extrêmement plaisant.
Thibault : Et l’équipe de tournage, on peut le dire, est la même équipe que ceux qui font le clip. Donc il y avait le côté réunion des copains. Si on peut faire bosser des potes pour un projet comme celui-là, c’est vraiment hyper cool.
Pozzo Live : Je rebondis sur les clips. Est-ce que, pour ceux que vous avez sortie dernièrement, c’est la même équipe qu’il y a 3 ans et encore avant ?
Thibault : Tout à fait, c’est Norman Coast, c’est Yannis Cacaux, le réal de l’équipe, on va pas tous les citer parce qu’ils sont 25 000… Mais du coup, ce sont des copains et c’est toujours un énorme kiff de les retrouver. Maintenant, on a bien sûr une totale confiance en eux, et ils savent sur quoi on va être chiants et sur quoi ils ont une liberté.
Donc il y a certains points sur lesquels, par exemple, Yannis, anticipe un peu et nous dit “bon là les gars, il faut qu’on cale vraiment ce truc-là en amont”. Puis il y a des trucs sur lesquels, nous, on sait qu’eux vont faire le taf. Donc on peut se permettre de leur dire “bah là, vraiment, tout ce pan-là de l’après-production, si pour vous c’est ok, pour nous c’est ok”. Et ça, c’est vraiment très appréciable.
Léonard : D’autant plus que ce sont eux qui ont enregistré certains morceaux en live au Trianon. Clairement ils avaient carte blanche. On leur a dit les morceaux qu’on voulait avoir, parce qu’on avait déjà une idée de ce qui pouvait être cool à voir, après c’est évidemment carte blanche.
Thibault : D’ailleurs, on a sorti un clip qui est celui de Super-ordinaires en novembre, et on en a sorti un autre qui est celui de Papouille en Papouillasie en février, puis on a tourné un clip supplémentaire avec la même équipe.
Pozzo Live : Quelles sont vos musiques préférées de cet album ?
Léonard : Oh, c’est dur ! On en aura chacun une peut-être. C’est rigolo. Attends, je réfléchis. Tu m’en veux pas ? Je prends le temps.
Thibault : C’est certain qu’on en aura chacun une, et c’est ça le truc le plus cool. Du coup, j’y vais. Je pense que c’est Au bout du conte, c’est probablement le morceau le moins agité . On l’a tellement réécrit, il y a un côté genre “Waouh, on a réussi à faire ça, à deux ? Délire”.
Après, dans les morceaux “agités”, on est content de la plupart. Enfin, je dis “la plupart”, mais on est content de tous. Il y en a quand même beaucoup où on se dit qu’ils ont une unicité qui les rendent, vu qu’ils sont uniques, ni mieux ni moins bien.
Léonard : Je pense qu’on peut dire qu’on est dans une continuité des albums précédents, et ça c’est chouette aussi. Je pense qu’il y a vraiment une espèce d’évolution qui se sent. On sent que les sujets qu’on a envie de traiter évoluent. Que la manière dont on traite la musique, les textes qu’on écrit, évoluent aussi.
On s’autorise vraiment de plus en plus de choses, on continue d’explorer un peu. Moi je sais que dans des styles très différents justement, les morceaux qui me plaisent bien, c’est des morceaux qui sont peut-être un tout petit peu plus… pas forcément “doux-amer”. Mais ceux où tu imagines que ça peut bien marcher en live, évidemment, et en même temps tu sens que dans l’écriture on a abordé des sujets qui nous touchent ou qui sont peut-être un petit peu plus compliqués, ou un peu moins festifs.
Et là j’en ai peut-être deux en tête. Il y a Globetrottard.
C’est est un morceau qui parle du dernier être humain sur Terre après la fin du monde, et qui se dit qu’il n’est jamais trop tard pour voyager. Il y va et voit ce qu’il y a encore à voir. C’est une espèce de dystopie, mais pas forcément désagréable à écouter bien sûr. J’aime bien un peu la trajectoire de ce personnage.
Et dans le même genre aussi, il y a Sybelle qui est une chanson douce sur les aidants.
Thibault : En fait on voulait faire une chanson pour les aidants en général, parce que ces gens sont des saints. Mais trouver le juste ton était très difficile pour nous, parce qu’il n’est pas question dans notre groupe de faire, je vais abuser le trait, mais faire du “ouin ouin”. De la même façon qu’il n’était pas question pour nous de faire quelque chose de trop humoristique sur un sujet si important. Donc, trouver un angle d’attaque, tout en étant dans le vrai par rapport à ce que nous on ressent sur ce sujet là, ça nous a pris un peu de temps.
Léonard : Donc voilà, des morceaux un peu comme ça, me plaisent bien. Si je dois donner un top 3, il me faut un truc un peu festif. “Tu pédales”, “Papouille en Papouillasie”, pour moi sont des morceaux qui m’amusent beaucoup. Je pense que tu sens déjà en écoutant les titres, que sur scène ça saute partout, donc c’est hyper festif.
Thibault : Je pense qu’en demandant à des musiciens quel morceau ils ont préféré de leur composition, cela amène plus souvent à parler de l’histoire du titre que le titre en lui-même. Je pense qu’en tant que consommateur de musique, un morceau comme Papouille ou Tu Pédales, comme tu disais, ou même Super-Ordinaires, en mode ça dandine, t’as envie de chanter un peu, c’est cool. Après nous, en tant qu’auteur, c’est l’histoire derrière.
Pozzo Live : C’est ça qui est hyper intéressant.
Léonard : C’est ça. Ce qui veut pas dire que les autres chansons n’ont pas de sujet d’ailleurs, parce que Tu Pédales parle des livreurs à vélo qui n’ont pas une vie facile. Mais dans le traitement, cette musique, est très différente. Donc, nos meilleurs morceaux, sur 12, on t’en a cité 6 *rire*. Comment ne pas choisir, finalement.
Pozzo Live : Où pouvons-nous vous retrouver prochainement ?
Thibault : Nos prochaines dates sont le 31 octobre à la Boucane à Fécamp, le 14 novembre à Rouen pour la Fête de l’Humanité Normandie, puis le 18 décembre également à Rouen aux Explorateurs.
Léonard : D’ailleurs, on a un distributeur pour cet album, c’est la première fois qu’on travaille avec un distributeur, notamment physique. L’album est à la FNAC de Rouen et au Cultura de Barentin. Il se trouve aussi à une FNAC ou deux à Paris. Je n‘ai plus tous les trucs en tête, mais, mine de rien, en termes de distribution, on peut trouver l’album à plusieurs endroits uniquement en CD. C’est chouette d’avoir ces partenaires-là qui nous permettent aussi de pouvoir distribuer. Pardon, je t’ai coupé la parole Thibault…
Thibault : Non, non, c’est une info ! On embrasse Thomas de PANDAROUX notre booker bien sûr. Mais ce n’est pas le distributeur, du coup. Il y a toute l’équipe, donc faisons un big-up à toute l’équipe. Notre relation presse, c’est Outcast.
Léonard : Il en a cité trois, et ce n’était pas du tout dans la question. *rire*. Cette année, vraiment, c’était la première fois où on a quasiment joué dans toute la France.
Thibault : Il y a un vlog qui va sortir. Mais concrètement, on est très heureux de pouvoir se déplacer.
Pozzo Live : Vous avez bien tourné cet été ! Est-ce que c’est votre plus grosse tournée ?
Léonard : Pas encore. Ce qui est très chouette, c’est que c’est la première année où on travaille avec un tourneur. Donc c’est une grosse tournée dans le sens où on a eu pas mal de festivals notamment en dehors de la région. On a beaucoup bougé et plus loin pour faire découvrir notre musique. Le bilan sera plutôt adressé à la fin de l’année pour cette première année. Et puis, potentiellement en voyant la tournée de l’année prochaine également. Ce sont des rouages qui se mettent en place petit à petit.
Thibault : Il y a aussi un truc qui est relativement nouveau pour nous. C’est que là, cette tournée, à une date près, ce ne sont que des cachets. On a eu plus de dates sur des tournées précédentes mais dont certaines n’étaient pas forcément des cachets. Un cachet représente une somme pour 4 musiciens et 2 techniciens quand même.
Donc voilà, cette tournée, à l’échelle du fait que ça soit des cachets, c’est quand même vraiment très bien. C’est un pas de plus vers la professionnalisation. Et ça, c’est cool. On a aussi été un petit peu bridé jusqu’ici par le fait que c’était une année d’élection municipale. Et nous avons quand même un fonds de commerce qui n’est pas très éloigné des fêtes de village… Donc il y a un complément de fêtes de village qui soit va arriver dans les mois à venir, soit l’année prochaine devrait être un peu plus importante.
Pozzo Live : On va passer sur des questions plus dirigées vers vos souvenirs et vos goûts. Quel est votre meilleur souvenir de scène ? Je me demande si c’est toujours le même qu’à notre dernière entrevue !
Léonard : Tu te rappelles de celui dont nous avions parlé la dernière fois ?
Pozzo Live : Oui, c’était quand vous aviez fait la première partie des Fatals Picards.
Léonard : Ok… Et bien on a évolué depuis *rire*.
Thibault : Mon meilleur souvenir de scène, c’est quand il y a 400 personnes qui commencent à chanter Fils de Pub et Les voitures sans permis *rire*.
Léonard : C’est vrai que quand tu te retrouves à voir le public qui chante plus fort que toi, c’est cool. Notre date au Trianon Transatlantique va devenir un espèce de maître étalon. C’était bien quand même. Non, mais nos meilleurs souvenirs sont ceux qu’on va encore se faire cette année.
Pozzo Live : Tu avais déjà dit ça aussi la dernière fois… *rire*.
Léonard : Ah mince ! On dirait un politicien.
Thibault : En fait, il y en a tellement. Le meilleur souvenir de concert, c’est celui où tu joues.
Léonard : J’imagine que c’est pareil pour énormément de musiciens. C’est quand même une chance inouïe de pouvoir monter sur scène, faire tes chansons devant des gens qui sont pour quasiment tout le monde ravis d’être là. Qui pleurent bien, qui viennent te voir à la fin et qui sont absolument ravis… Puis après, tu rentres chez toi et tu as une espèce de satisfaction de “On a quand même passé un sacré bon moment tous ensemble”. Vu que ce feeling là arrive à quasiment tous nos concerts, évidemment il y a plein de petites anecdotes. On en a des milliers, je pense.
Mais juste au global, je pense que tant qu’on peut continuer de jouer sur scène, on sera les plus heureux. Pour la petite anecdote, le Trianon Transatlantique a ouvert le premier concert de la saison pour eux cette année avec les Fatal Picard, qui ont fait complet. Nous sommes venus jouer ensuite en mars, en faisant également complet. Évidemment, on serait ravis à l’avenir de rejouer avec les Fatals Picards.
Pozzo Live : Avez-vous des liens avec eux ?
Thibault : On n’a pas vraiment de lien dans le sens où on mange ensemble ou quoi. Mais après, on sait par quel biais on est joignable.
Léonard : Mais en tout cas, c’est vrai que nous, à notre échelle, tant qu’on peut continuer notre bonhomme de chemin c’est trop cool. Et jouer avec des artistes qu’on aime énormément, c’est un plaisir fou. Maintenant, on a fait notre release au Trianon Transatlantique, qui était quand même un rêve à l’échelle locale.
Thibault : En plus, on a enregistré les batteries là-bas. Bref, cette date, pour nous, c’était vraiment un truc de fou. Et il y a 10 ans, on a eu l’occasion de faire les salles parisiennes les plus mythiques. Ce qui fait que moi, dans ma tête, en fait, j’en ai plus rien à foutre. *rire*
Donc ça fait que, il y a un jour où on va se retrouver sur un co-plateau avec les Fatals, et je pense que ça, c’est peut-être le dernier goal où je me dirais “Ce qui se passera après sera du bonus.”*rire*.
Je ne sais pas si un jour, et vraiment, je dis ça sans aucune pédantrie, mais si on se retrouve à faire un Olympia un jour… Il y a les lettres rouges que tout le monde rêve d’avoir… Et je pense que ça sera toujours moins impactant pour moi, perso, que de se dire, “là, à l’affiche du festival, il y a deux noms côte-côte”. Mais ça, c’est perso. Je suis sûr que tu dis ça à Louis ou à Alex…
Léonard : C’est ça. Je pense que Louis (notre batteur) est du genre à dire, “le meilleur concert, c’est tous les concerts”..
Thibault : Mais Alex (notre bassiste) te dira, “Le jour où on sera en co-affiche avec Bruno Mars, ok !” *rire*. Non, non, là, c’est pour le taquiner, mais si c’est avec les Red Hot Chili Peppers, là il verse sa petite larme.
Pozzo Live : Tu m’étonnes. Après, pour un groupe humoristique…
Léonard : C’est vrai que ça serait étrange. *rire*
Thibault : Ils sont humoristiques, les Red Hot. Flea saute partout avec une chaussette… *rire*
Pozzo Live : Quel artiste vous nous conseilleriez d’interviewer après vous ?
Léonard : Oh ! C’est rigolo, ça. Alors, à quelle échelle ? Car il y en a plein.
Thibault : Il faut qu’il soit vivant quoi.
Pozzo Live : Oui, c’est mieux et plus pratique…
Thibault : Là, c’est pas facile. C’est clairement pas des gens à qui, nous, on pourrait donner de la force par rapport à la notoriété, mais, Archimède. Ils vont sortir un nouvel album et peut-être même un feat avec les Fatals je crois. Je souhaite de tout cœur qu’il soit bien et qu’il ait un succès de ouf.
Sinon, j’aime beaucoup ce que fait Andrei, qui est techniquement un collègue du Trianon Transatlantique. C’est plutôt de la chanson moderne. Qui, lui, est un local.
Sinon, pour le coup, rien à voir avec nous. Mais j’ai un copain qui s’appelle Kiliann Linant et qui a un projet qui s’appelle Oxymore. C’est genre électro-pop, chanson électro. Si vous aimez les Agités du Bocal, allez voir et peut-être que vous détesterez Oxymore. *rire* Mais sans rire, le mec se bute et la qualité du travail est phénoménale. Il a fait un 106XP, il y a quelques mois, avec son projet. C’est un gars qui mérite.
Léonard : Je suis complètement d’accord, Archimède, j’y pensais, les copains, j’y pensais…
Pozzo Live : Quelle fut votre dernière découverte musicale ?
Léonard : Oh ! C’est marrant, ça. On va sortir des trucs de vieux…
Thibault : Alors moi j’ai des découvertes volontaires et des découvertes imposées *rire*. Il y a ma compagne qui est très fan de Taylor Swift, qui a sorti un album y a plusieurs mois, qui est un album de pop très cool. Mais il existe des versions acoustiques de cet album qui sont franchement bien… Que je mettrais dans les découvertes imposées avec le dernier album d’Olivia Rodrigo qui est incroyable. On a découvert Sarclo il n’y a pas si longtemps aussi !
Léonard : Ouais ! Enorme ! C’est un gars qui fait de la chanson française, mais Suisse (il se présente comme ça). On l’a vu au Trianon Transatlantique, et vraiment, il a une plume incroyable.
Thibault : C’était à l’occasion d’un hommage à Bob Dylan. Il explique l’impact qu’a eu Bob Dylan dans son écriture. Il panache avec des morceaux de Bob Dylan repris, et des morceaux à lui, avec l’affiliation qui lui est due.
Léonard : Il écrit vraiment très très bien et est impressionnant.
Thibault : J’ai aussi écouté le dernier Sam Sauvage. Je parlais d’Oxymore et je pense que Sam Sauvage est un petit peu plus pop mais pas si éloigné de ça.
Léonard : Personnellement j’adore la musique que j’écoute au quotidien. Donc en terme de découverte pure, c’est déjà trop loin dans ma tête *rire*. J’aime beaucoup le pianiste Jon Batiste. Il a une vibe, il est drôle, il est fun, il est ravi d’être là, il a un sourire qui éclate. Dès que je le vois jouer, j’en prend plein la tronche !
Sinon j’aime beaucoup tout ce qui est jazz manouche comme Joscho Stephan, je pourrais en écouter tous les jours sans problème. Dès qu’il sort un truc, j’écoute, je me prend ma petite claque et je me rappelle qu’il existe de vraies guitaristes, et qu’il y a des guitaristes *rire*. Et je sais où je me place quoi… *rire*. Il y a des gens qui rendent humble quoi.
Il y a aussi une fille qui chante avec lui qui est vraiment extraordinaire, Marion Lenfant-Preus. Et sinon Pomplamoose qui reprend plein de standard de la chanson française qui est extraordinaire.
Thibault : Dans le genre bien fait, il y a Royal Republic qui a sorti il n’y a pas si longtemps des reprises de morceaux des années 80. Comme It’s Raining Man mais repris de façon bien énervée, c’est vraiment pas mal du tout.
Sinon, ce n’est pas du tout ce que j’écoute, mais j’ai découvert en live Bruit Blanc. C’est un groupe local qui est très cool. Je pense aussi à Jarl qui ont fait leur release party récemment !
Pozzo Live : Merci beaucoup à vous pour cette entrevue et à très vite !
Léonard et Thibault : Merci à toi !
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