Avec The Underworld, disponible depuis le 16 octobre 2026, Sadurn signe un retour aussi fragile que puissant. Le groupe indie folk transforme ici une traversée du chaos intime en album de guérison, entre alt-country feutré, bedroom pop et indie rock en apesanteur.
Un deuxième album né dans la douleur
Deux ans après Radiator, qui avait révélé Sadurn, The Underworld porte la marque des épreuves traversées par la chanteuse et compositrice G DeGroot. Il ne s’agit pas seulement de « réussir le deuxième album », mais de réussir à le faire exister malgré tout.
Rupture amoureuse difficile, douleurs chroniques, voix abîmée, corps qui lâche alors que le groupe commence à trouver son public : DeGroot raconte une période où continuer semblait presque impossible. Pourtant, c’est précisément cette lutte qui nourrit l’album.
On sent que Sadurn ne cherche pas à enjoliver l’histoire. Au contraire, les chansons embrassent la confusion, la fatigue, le doute, pour mieux en tirer une forme de clarté. L’« underworld » devient ce passage obligé par les bas-fonds pour revenir différent, un peu cabossé mais plus vrai.

Entre alt-country, bedroom pop et indie rock intime
Musicalement, The Underworld élargit tout ce que Sadurn avait esquissé sur Radiator. Le quatuor est désormais soudé par des années de tournée, et cela s’entend dans chaque arrangement.
La pedal steel, déjà clé en concert, prend ici toute sa place et enveloppe les morceaux d’une chaleur mélancolique. Les guitares de Jon Cox se répondent aux lignes de basse de Tabitha Ahnert, tandis que la batterie d’Amelia Swain reste toujours au service des émotions, jamais démonstrative.
Le single « whole thing » résume bien ce nouvel équilibre. Le titre démarre sur des voix chaleureuses et une pulsation douce, puis monte peu à peu jusqu’à un climax à la fois sonore et émotionnel. C’est le genre de morceau que tu relances aussitôt, pour revivre la montée.
Ailleurs, des titres comme « the weight », « mess » ou « never tell me » jouent sur ce contraste entre arrangements soignés et proximité presque brutale du texte. Certains titres gardent même une spontanéité de démo, comme « can’t stop », ce qui renforce la sensation de confession à peine filtrée.
Descendre pour mieux revenir à soi
Ce qui frappe, c’est à quel point The Underworld reste humain et accessible, malgré sa dimension presque métaphysique. DeGroot y interroge la rupture, la dépendance affective, la perte de soi dans un couple ou dans un projet artistique, mais toujours avec des images concrètes et des détails du quotidien.
Le long morceau final, « only angels », en est sans doute le sommet. Huit minutes qui commencent en tête-à-tête guitare-voix, presque chuchoté, avant que basse, batterie, fiddle et harmonies n’entrent progressivement en scène. La chanson s’étire comme une prise de conscience lente : les choses ont changé, et il faut l’accepter pour continuer.
Sadurn ne glorifie pas la souffrance. Le groupe rappelle plutôt que descendre dans son « underworld » permet parfois de récupérer des parts de soi qu’on croyait perdues. Si tu aimes les disques qui prennent le temps, qui parlent vrai et qui restent avec toi longtemps après l’écoute, The Underworld mérite clairement une place dans ta file de lecture.
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