Quand les Red Hot Chili Peppers ressortent des titres qu’ils n’ont pas joués depuis plus de vingt ans, tu sais que la soirée n’a rien d’ordinaire. Au Hollywood Palladium, le groupe a mené un concert caritatif brûlant pour les 25 ans du Silverlake Conservatory of Music, entouré de Foo Fighters et de Vince Staples, dans une ambiance autant militante qu’émouvante.
Un anniversaire qui tourne à la fête rock
Pour célébrer le quart de siècle du Silverlake Conservatory of Music, fondé par Flea, l’association a troqué son traditionnel dîner privé pour un vrai marathon scénique. Sur scène, tout commence pourtant loin des têtes d’affiche, avec les élèves de l’école.
Le SCM All Stars ouvre le bal avec “Love Rollercoaster” des Ohio Players, que les Red Hot Chili Peppers ont eux-mêmes popularisé, puis “Our House” de Madness. Très vite, la salle comprend que ce concert parle autant de transmission que de stars.
Le week-end coïncide avec l’anniversaire de Flea. Alors, le brass band Hollywood Highsteppers déboule sur “When the Saints Go Marching In”, gâteau à la main. L’image est simple, mais elle résume la soirée : un bassiste de stade entouré de jeunes musiciens qui lui doivent en partie leurs instruments.
En coulisses comme sur scène, les élèves racontent à quel point l’école change des vies. Anahit, 16 ans, explique que la musique est devenue son exutoire, après avoir bénéficié d’une bourse pendant plusieurs années. Sa mère paie désormais les cours pour “rendre à la communauté” ce qu’elle a reçu.
Vince Staples et Foo Fighters, énergie et surprises
Le ton politique s’invite aussi dans la soirée. L’animateur Marc Maron chauffe la salle, attaque le fascisme et ICE, puis introduit Vince Staples. Il rappelle que deux membres de son groupe, la guitariste Jennifer Haack et la bassiste Chloe Haack, viennent du Conservatory.
Vince Staples débarque avec les morceaux de son album rock Cry Baby, qui cogne dur sur le racisme américain et les failles du pays. Il lance “Blackberry Marmalade” avec un “Are you ready to see a show?” qui sonne comme un défi. Sur “The Running Man”, il parle frontalement de la difficulté de vivre en Amérique, pendant que son groupe fait trembler la scène.
Dave Grohl prend la relève et fait basculer la soirée dans la nostalgie active. Il commence seul avec “Times Like These”, puis enchaîne sur “My Hero”. En plein morceau, les Foo Fighters le rejoignent par surprise, comme si le groupe s’assemblait sous les yeux du public.
Grohl se souvient au micro de la dernière fois où Foo Fighters ouvraient pour les Red Hot Chili Peppers, il y a une vingtaine d’années. Il salue le groupe, qui les avait emmenés sur une tournée d’arénas en 2000. Entre deux hymnes, la bande sort aussi quelques cadeaux : Violet Grohl rejoint son père pour reprendre “Nausea” de X puis “Hanging on the Telephone” des Nerves, popularisé par Blondie.
Moment ultra rare, Foo Fighters dégainent enfin “Baker Street” de Gerry Rafferty, un titre que Grohl jure ne pas avoir joué depuis vingt ans. Il le présente comme l’une de ses chansons préférées de toujours, chargée de souvenirs d’enfance.
Les Red Hot Chili Peppers ouvrent leur coffre à trésors
En clôture, les Red Hot Chili Peppers livrent un set de onze titres qui parle directement aux fans de la première heure. Après un jam instrumental, “Can’t Stop” rallume instantanément le Palladium. Mais très vite, le groupe pioche dans les profondeurs de sa discographie.
Anthony Kiedis prévient : “You want to talk about old school”. Le groupe enchaîne avec “Organic Anti-Beat Box Band”, extrait de The Uplift Mofo Party Plan (1987), puis “Blackeyed Blonde” de Freaky Styley (1985). Ces deux morceaux n’avaient pas été joués en concert depuis 2000. Pour les fans présents, la sensation de fouiller dans un coffre à trésors est réelle.
Autre choc pour les passionnés, “Nevermind” réapparaît dans la setlist. John Frusciante ne l’avait plus jouée avec le groupe depuis 1992. Le guitariste prend aussi un moment seul pour une reprise touchante de “Will You Love Me Tomorrow” de Carole King, suspendant l’énergie funk-rock habituelle.
Le final se joue sur un terrain connu mais imparable. “Give It Away” devient un immense cri collectif, parfait pour refermer une soirée qui ne se contentait pas d’aligner les tubes. Derrière les rares pépites ressorties par les Red Hot Chili Peppers et les surprises des Foo Fighters et de Vince Staples, une idée domine : la musique, ici, finance des bourses, paye des instruments et soude une vraie communauté.
Comme le résume Anahit, désormais aussi choriste dans un ensemble du Conservatory, “une fois que les gens commencent, ils restent pour toujours”. Pour elle, ce n’est plus juste une école, mais un endroit où l’on apprend autant à jouer qu’à se découvrir soi-même. Et cette nuit-là, tout le Palladium en a eu la preuve.
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