[Live Report] Betizfest, on en reprendrait bien plus souvent.

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La lueur blafarde du matin darde ses froids rayons, à travers les vitres, je bois un café,je compte mes ecchymoses, ce weekend c’était le BetizFest 2019…et c’était bien…

Haaa Cambrai comme la décrivait Ernst Junger: « des ruelles étroites et vieillottes courent en dédale autour de l’énorme hôtel de ville, des portes rongées par les siècles et des nombreuses églises, dont l’une, la plus grande, a vu prêcher Fénelon. Des clochers pesants se dressent au milieu d’un fouillis de pignons pointus. ». Ici, ça n’est pas la ville qui nous intéresse mais bien un festival, le Betizfest, ça se passe au palais des grottes, et malgré un nom bucolique, ça va parler metal.

Jour 1: 

J’arrive, un accueil hyper sympa, ça ri dans la file d’attente, je vais faire un tour au Merch, il y a de tout, un atelier sérigraphie, des graphistes, un disquaire… Le premier concert va commencer.

Ce qu’on va voir, c’est The lumberjack feedback groupe lillois, 2 guitaristes, un bassiste et  deux batteurs (oui deux ahah).

Le groupe balance du doom instrumental, lent, très puissant, quasi hypnotique on a l’impression d’être face à un mur de son.  Il y a assez peu de monde dans la salle, mais on se laisse assez facilement emmener par le groupe et les deux batteurs, qui,  en parfaite symbiose, n’y sont pas pour rien (l’un à coté de l’autre leurs futs illuminés). J’évoque the cult of luna, c’est franchement sympa, bonne découverte.

 

On attaque Hangman’s chair, c’est du stoner un genre que je connais un peu mieux. En 2018, leur album « banlieue triste » avait été élu album de la semaine par canal+, et le site noise les avait cités comme « meilleur groupe de rock français en activité ».

Honnêtement le concert est très très bon, la salle commence à se remplir, les têtes commencent à bouger. Le son est excellent, la voix de Cédric Toufouti le chanteur ressort parfaitement et sans fausses notes, mélancolique à souhait.

Les guitares sont lourdes mais ressortent parfaitement. Un set parfaitement maîtrisé.

Setlist:

  1. Banlieue triste
  2. Naive
  3. sleep juice
  4. 04/09/16
  5. Touch the razor
  6. Cut up kids
  7. Dripping low

Après une courte pause, c’est l’heure de Rise of the northstar, kimono, masque de démon japonais, et pourtant c’est du hardcore français, ils sont très fiers de le rappeler à la foule, et ils sont fiers de jouer en France. Un univers hyper graphique, centré sur le Japon et la culture otaku.

Musicalement ça tabasse, le frontman se ramène sur scène et la fosse part directement en pogo. On le sentait, le nombre de bénévoles pour récupérer les slams à quasi-été doublé. Ça ne s’arrêtera jamais du début à la fin du set.

Les riffs sont violents, saccadé, le chanteur surexcité. Les soli sont  monstrueux, mélodiques, rapides, sans rien de brouillon, et c’est assez rare dans le hardcore pour le mettre en avant.

La fosse est un véritable champ de bataille, la bière que j’avais eu la bonne idée d’acheter avant le concert est à terre. Le groupe transpire le punk tout en restant ultra carré. Un concert excellent.

Setlist:

  1. This is Crossover
  2. Welcame (Furyo State of Mind)
  3. Here Comes The Boom
  4. Furyo’s Day
  5. What the Fuck
  6. Bosozoku
  7. Sound of Wolves
  8. Dressed All in Black
  9. Nekketsu
  10. The Legacy of Shi
  11. Again and Again

 

C’est à Paradise lost ensuite, le groupe l’un des pionniers du doom européen a sorti l’an dernier son quinzième album.

Après une courte intro le groupe attaque Enchantment la foule s’est calmée ça ne pogote plus le style du groupe ne s’y prête pas de toute façon, on est là pour écouter. La voix du chanteur est ténébreuse, caverneuse, parfaitement posée, le son est bon, l’atmosphère assez épique.

Le publique recommence à se lâcher sur The ennemy. One second, No hope insight, les gros tubes s’enchaînent. Le groupe est excellent, calibré, ils ont des années de scène derrière eux et paraissent toujours apprécier la scène, c’est beau et on ne boude pas son plaisir.

 

Setlist:

  1. Enchantment
  2. From the Gallows
  3. One Second
  4. The Enemy
  5. Hallowed Land
  6. As I Die
  7. Blood and Chaos
  8. True Belief
  9. Eternal
  10. Faith Divides Us – Death Unites Us
  11. Erased
  12. No Hope in Sight
  13. The Last Time.

Dernier groupe de la soirée Sick of it all. À peine arrivés et c’est déjà un joyeux bordel dans les premiers rangs, ça slam, ça pogote, le pit est en furie.

 

Et le groupe le rend bien, tout sourire, ils sautent partout, ils gueulent et rient avec le publique. Le groupe est survolté, un fan monté sur scène fait une accolade à Lou Koller, le groupe lâche quelques mots en français, ils ont une putain de bonne humeur. Machete, scratch the surface, on tape vraiment dans toute leur (longue…) carrière et comme il le dit si bien « let’ s go for old school shit ».

Le groupe terminera par Step down, la scène est envahie par les fans c’est le bordel, les musiciens font des accolades, on repart avec le sourire.

 

 

Jour 2:

Après une nuit, ultra froide on attaque le deuxième jour du festival, l’ambiance est toujours aussi cool. J’ai malheureusement loupé Virgil le premier groupe, j’en ai des bons retours après avoir rapidement discuté avec deux ou trois gars dans la fosse.

On attaque direct avec Oddism, c’est du matcore et c’est franchement sympa, le leader parait possédé par ses paroles, la voix écorchée.

Le son est bon et les riffs millimétrés. C’est très technique et pourtant pas rébarbatif. Malgré le peu de monde (il est encore 17h et c’est le tout début de la journée) le chanteur n’en démordra pas et descendra dans la fosse pour lancer le premier pit de la journée. Bon concert.

 

C’est parti ensuite pour les trois compères de Sticky boys, et, eux aussi vont ramener une bonne humeur carrément communicative.

Et comme le hurle si bien le gratteux du groupe « un seul objectif Cambrai, te faire bouger…et te voire te pinter la gueule ». Le groupe est ultra complice, ils balancent un heavy carrément jouissif.

C’est joyeux, bourrin, on en redemande, et même sans connaitre les paroles on est facilement pris à scander les refrains comme des veaux pour accompagner le groupe. Découverte pas subtile pour deux sous, mais extrêmement sympa.

 

Le concert suivant s’annonce aussi dans la bonne humeur, les balances se font tranquillement, le groupe lâche un bout de morceau, le chanteur nous remercie en insistant sur le fait que c’était la meilleure partie et que le concert après n’aurait « rien à voir ».

C’est parti pour Pogo car crash contrôle. Je les avais déjà vu au cabaret vert et j’en garde un très bon souvenir. On est sur du punk garage complètement dé-guindé et ils jouent vite…très vite.

Là aussi le groupe possède une aura communicative. Là encore ma pinte est renversée, le groupe et vénère, sans chichi, ça remue du boule, ça headbang. L’impression laissée en festival reste la même, groupe à suivre.

 

C’est au tour de Bukowski, un bon gros groupe français, qui envoie du bois. Le nom du groupe? Il vient de Charles Bukowski, auteur américain fasciné par la picole et les nanas.

Le groupe avait aussi été élu meilleur groupe français au Hellfest 2012, on est face à du lourd. Voix rageuse, guitare rugueuse, violente.

Le groupe se déchaîne et le publique aussi. Ils tapent aussi bien dans leurs vieux albums (on en est quand même au cinquième) que dans le nouveau (un énorme « mater dolorosa » avec une intro chantée complètement flinguer qui se transforme vite et redevient extrêmement bourrin.

 

Tout est très bon, le son, les musiciens, l’ambiance… Énorme.

La salle se remplit encore, on annonce un sold-out sur le compte du betizfest et c’est normal, on va taper dans le haut de gamme. C’est In flames qui arrive sur scène.

Le show est impressionnant, avec des très bons jeux de lumière. Le pit est enragé, ça bouge, le groupe comme la foule. Voices, call my nom, à chosen pessimist le son est très bon, les Suédois rient ensemble, communiquent avec le publique.

Franchement on en prend plein les oreilles et on a l’impression d’enchaîner les tubes. J’en ressort courbaturé, et heureux, le groupe a su montrer de la plus belle des façons que malgré sa longue carrière, ils savent toujours monter sur une scène, et ça c’est beau à voir.

Setlist:

  1. Voices
  2. Everything’s Gone
  3. Pinball Map
  4. Where the Dead Ships Dwell
  5. Call My Name
  6. Monsters in the Ballroom
  7. All for Me
  8. (This Is Our) House
  9. Deep Inside
  10. Here Until Forever
  11. The Chosen Pessimist
  12. Leeches
  13. The Truth
  14. I Am Above
  15. Cloud Connected
  16. The End

Enfin on va terminer par Mass hysteria, les Français tournent depuis plus de 20 piges, j’ai beau les avoir vus un bon nombre de fois, leur live reste toujours un moment fantastique.

Les tubes s’enchaînent Vae soli, l’enfer des dieux, le set va durer une heure et la fosse ne se reposera pas une seconde, c’est le bordel, ça pogote, ça slam. L’ambiance est ultra fun et festive, et les membres du groupe sont ultra-chauds.

Ils prônent toujours l’ambiance « positif à bloc » et ça se ressent. Les enfants des membres du groupe montent sur scène. Comme le dit si bien Mous « j’ai l’habitude de demander qu’on fasse un petit hellfest, mais Nan ici on fait le Betizfest« . Le set se finira par Furia, la fosse est un champ de bataille. Le set était encore une fois très bon, sans surprise.

Setlist:

  1. Intro
  2. Reprendre mes esprits
  3. Notre complot
  4. Vae soli !
  5. Une somme de détails
  6. Positif à bloc
  7. World on Fire
  8. Chaman acide
  9. Se brûler sûrement
  10. Nerf de bœuf
  11. Derrière la foudre
  12. L’enfer des dieux
  13. Plus que du métal
  14. Chiens de la casse

    Encore:

  15. Arômes complexe
  16. Contraddictio
  17. Furia

 

Merci à l’équipe du Betizfest pour l’accueil c’était grave cool.