[Interview] Jake E nous parle de Cyhra et de l’album No Halos In Hell !

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Jake E, ancien chanteur d’Amaranthe, a fait bien du chemin depuis son départ du groupe ! Il est désormais chanteur du supergroupe Cyhra, formé avec Jesper Strömblad (In Flames), Alex Landenburg (Kamelot) et Euge Valovirta (Surburban Tribe). Nous avons donc pu nous entretenir avec lui pour parler du groupe et de leur nouvel album : No Halos In Hell !

Pozzo Live : Bonjour Jake ! Vous êtes maintenant dans Cyhra après avoir quitté Amaranthe en 2017. Pourriez-vous nous raconter comment s’est formé le groupe après ça ?

Jake E : Après que je quitte Amaranthe, je ne savais pas du tout ce que j’allais faire. J’ai commencé à revenir vers ma carrière d’acteur, j’écrivais des chansons pour d’autres artistes et des trucs comme ça. Et puis j’ai rencontré Jesper, enfin pas vraiment rencontré vu qu’on est amis depuis des années, mais on s’est assis un jour et on a décidé d’écrire des chansons ensemble et après un moment on a réalisé qu’on devrait peut-être former un groupe. On n’avait jamais joué ensemble donc on a décidé de commencer un groupe et avons invité Peter [Iwers, ancien bassiste de Cyhra, ndlr], Alex et Euge à nous rejoindre aussi. Assez vite après ça on a eu un deal avec Universal et on a sorti notre premier album. Et tout ça est arrivé très vite ! Tout d’un coup on était en tournée, et on était en tournée avec Sabaton et Kreator… On a fait des tonnes de shows, mais malheureusement la brasserie de Peter qu’il avait avant de rejoindre Cyhra a très bien marché aussi, donc Peter a dû partir. Ça nous a laissé à quatre dans le groupe, et on en est là aujourd’hui !

PL : Aviez-vous déjà l’idée de Cyhra avant de quitter Amaranthe ?

Jake E : Pas vraiment. Quand j’ai quitté Amaranthe j’en avais marre de beaucoup de choses. Et je voulais continuer ma carrière d’acteur donc j’ai fait beaucoup d’efforts pour ça, j’ai fait un film, mais après, cette chance de bosser avec Jesper est arrivée et je me suis dit « ah, essayons une fois encore d’avoir un groupe de musique » et c’était quelque chose que je n’ai pas regretté une seconde, car j’adore jouer dans ce groupe, dans cette formation fantastique.

PL : Votre deuxième album sort le 15 novembre, comment a-t-il été assemblé ?

Jake E : On était en tournée aux US, et la tournée s’est très très bien passée. Et quand je suis rentré à la maison j’était empli de tellement d’énergie et j’avais tant d’idées… J’avais juste tant de musique en moi ! Alors je suis entré en studio et je me suis posé 2 ou 3 mois et à l’époque je savais aussi que ma copine était enceinte de notre deuxième enfant, donc je savais que si j’allais faire un deuxième album, il faudrait finir les chansons avant qu’elle ne soit trop enceinte, si tu vois ce que je veux dire (rire) ! Donc je me battais un peu contre la montre à ce moment-là. Mais ça m’a aussi aidé à faire mon boulot et vraiment écrire des chansons. Ensuite chacun a contribué de son côté. Euge travaillait de chez lui, et Jesper et moi on était ensemble à écrire des chansons. On a probablement passé 2 ou 3 mois à écrire les démos, et soudain on avait des chansons pour un album complet. On avait même plus de chansons qu’on en avait besoin, donc, maintenant on aura une édition spéciale avec 15 ou 16 chansons, ce que je n’avais jamais fait avant.

PL : Est-ce difficile de gérer votre vie professionnelle avec Cyhra et votre vie personnelle ?

Jake E : Oui, je te mentirais si je disais que ce n’est pas difficile. J’avais 2 enfants et une famille…. Et en plus je suis un accro du travail, je m’impose trop de boulot et je continue mon truc d’acteur, je gère une entreprise de management et je gère une entreprise de merchandising. Donc j’ai plein de truc autres que Cyhra mais évidemment Cyhra est ma priorité principale. Mais oui, c’est difficile, parfois tu te demandes si tu auras ta famille le lendemain parce que tu travailles trop (rire).

PL : J’ai entendu que vous aviez perdu votre frère et je vous présente mes sincères condoléances.

Jake E : Merci, merci beaucoup.

PL : Était-ce difficile d’écrire Battle From Within (la chanson du nouvel album qui parle du décès du frère de Jake, ndlr) ?

Jake E : C’était difficile de me connecter à mes émotions parce que j’ai essayé de les restreindre pendant si longtemps. Mon frère est décédé il y a presque 10 ans maintenant, ce n’est pas nouveau. Mais pour moi, je le ressentais comme quelque chose de nouveau parce que je l’enfouissais encore et encore dans le coin le plus sombre et le plus profond de ma tête, je ne voulais pas y penser. Mais c’est arrivé un peu comme une coïncidence, parce que quand j’écrivais une des chansons, qui a fini par devenir Battle From Within, j’ai de manière subconsciente commencé à chanter des paroles en yaourt, et quand j’ai écouté j’ai entendu ce sur quoi je chantais, et je me suis dit « oh, je chante à propos de ça ». Et c’était presque comme un réveil, comme si mon esprit tentait de me dire quelque chose. C’était dur. Mais quand j’ai fini, et surtout quand l’album était fini et quand la vidéo est sortie, c’était un grand soulagement je dirais, d’enfin m’ouvrir à propos de ça.

PL : Et la vidéo incluait les fans du monde entier. C’était important pour vous d’être proche d’eux pendant cette période difficile ?

Jake E : Le truc super est que l’idée originale était de juste faire une lyric vidéo. Mais j’ai dit à tout le monde, même ma fiancée, que je ne voulais pas faire une lyric vidéo. Je voulais faire quelque chose d’autre. Mais je ne pouvais pas voir ce que c’était. Je pensais que c’était trop nul de faire une lyric vidéo. Et ma fiancée a proposé d’inclure les fans parce que ce sujet est quelque chose à propos duquel chacun peur se retrouver. Et elle a dit qu’elle pensait que tout le monde aiderait avec plaisir pour ça. Et j’étais un peu sceptique, mais on en a parlé dans le groupe et on a envoyé un message aux fans via les réseaux sociaux pour leur demander s’ils voudraient participer, et je pense que j’ai eu entre 300 et 400 emails en retour. En une journée ! Tout le monde voulait participer, et c’était si génial ! Et quel travail génial tout le monde a fait ! Ils ont passé des heures et des heures à écrire ces panneaux qui apparaîtraient sur l’écran seulement pour une ou deux secondes ! Mais c’était génial, j’étais celui qui a fait le montage, et j’ai éclaté en sanglots plusieurs fois pendant le processus. Donc je dis un grand merci à tous les fans qui l’ont rendu possible !

PL : Je pense que cette chanson est la plus importante de l’album pour vous.

Jake E : Oui, complètement. Et c’est aussi ma préférée de bien des manières.

PL : Y a-t-il une autre chanson très importante pour vous sur l’album ?

Jake E : Je pense que toutes les chansons sont importantes pour moi, car c’est notre deuxième album et on doit vraiment se situer en tant que groupe dans la communauté metal. Je veux dire que je veux que cet album atteigne un maximum de monde, donc toutes les chansons sont importantes de manière égale. Mais quand on en vient à comment on les a créées ou ce qui en ressort, c’est sûrement la chanson éponyme, No Halos In Hell. Parce que c’était la première chanson qu’on a écrite pour cet album. C’est la chanson qui a créé le son du reste de l’album, si tu vois ce que je veux dire. C’est toujours dur, quand tu te mets à écrire, et que tu commences de zéro, tu es en mode « ok, voilà la guitare, voilà le bouton enregistrer, allons-y ». Tu as toujours un trou. Tu te dis toujours « ok, j’ai fait quelque chose mais est-ce assez bon ? » Tu commences toujours à te poser des questions en écrivant la première chanson pour un album. Mais cette chanson a très bien tourné et elle a ouvert la voie pour les quelques chansons suivantes. Celle-là est celle la plus proche de mon cœur je suppose.

PL : Quel est votre processus d’écriture des paroles ?

Jake E : En terme de paroles, j’ai tendance à ne pas écrire les paroles au début. Battle From Within était l’exception mais en général je ne commence pas par écrire les paroles. D’habitude j’écris la musique, puis je pose des paroles en charabia par dessus pour être sûr que la ligne vocale soit en place, qu’elle soit bien. Mais avec tout ce charabia, certains mots passent super bien dans la ligne vocale, et c’est dur de les changer en autre chose, parce ça peut être quoi que ce soit. « Président, téléphone, lacets » ça peut être n’importe quoi que tu chantes, et bien sûr tu ne peux pas les mettre dans tes vraies paroles ! Mais c’est très dur de les en sortir parce qu’elles marchent bien avec la ligne de voix. Donc ce que je fais en général c’est que j’écris la chanson avec les paroles en charabia et je l’écoute pour être sûr que je trouve de nouveaux mots, puis quand trouve ces nouveaux mots, soudain c’est « ce mot sera là, celui-là ici »… Et soudain je commence à écrire les paroles après ça. Donc les paroles sont la chose qui prend le plus de temps à faire parce que c’est très important pour moi que chaque mot sonne de la bonne manière. Et aussi, que le sens des paroles et des mots soit bon. Donc c’est un peu le processus inversé, mais c’est comme ça que je fais en général.

PL : Avez-vous un conseil pour les chanteurs débutants ?

Jake E : Oui, je suis complètement autodidacte, je n’ai jamais pris de leçon de chant ou de choses comme ça. Donc je pense que c’est génial de faire ça, parce que tu peux sauter des étapes. Ça prend un temps fou de chanter seul, mais à part ça c’est répéter, répéter, répéter. Tu entends souvent parler de guitaristes qui jouent de la guitare 8h par jour jusqu’à devenir de bons guitaristes. C’est la même chose avec la voix. Je ne pense pas qu’il y a une chance de devenir un très bon chanteur à moins d’avoir l’expérience de répéter. Parce qu’il y a tant de couches dans le chant, et j’apprends toujours tous les jours, mais je m’assure que ma voix est bien et j’essaie de trouver de nouveaux moyens d’attaquer la façon de chanter. Donc récemment j’ai commencé à sortir des vidéos sur Youtube où je chante des reprises. Parce que je chante des chansons que je ne chanterais jamais par ailleurs, mais ces chansons je les chante car j’essaie d’apprendre quelque chose d’elles. Donc pour les chanteurs c’est aussi très important de sortir et de faire des concerts. On s’en fout si c’est à une pizzeria ou dans un bowling. C’est très important de rencontrer le public, parce que en tant que chanteur tu es aussi le visage du groupe. Tu es celui que le public regarde. Donc tu dois avoir beaucoup d’expérience de comment approcher les gens et comment approcher un public. Et tous les publics ne sont pas là pour t’adorer. Certains sont là pour te juger mais un front man est celui qui transforme l’audience dubitative en un public qui t’adore. Donc c’est un truc très difficile mais une fois que tu le maîtrises tu peux aller aussi loin que tu le veux, je pense.

PL : Vous serez en tournée plus tard cette année…

Jake E : Oui ! Le jour de la sortie de l’album à vrai dire !

PL : Est-ce qu’on vous verra en tournée en France bientôt ?

Jake E : J’espère ! J’espère vraiment ! Comme je l’ai dit un peu plus tôt à d’autres journalistes français, si vous aimez notre album, dites-le autour de vous, et demandez-nous sur vos festivals etc. Ça augmente toujours nos chances de venir. Mais je veux dire genre la tournée avec Battle Beast est juste le début d’une campagne de deux ans pour rendre Cyhra plus grand et plus connu dans le monde. Donc j’espère que bientôt on sera en mesure d’avoir notre propre tournée européenne et on viendra certainement en France quand ce sera le cas ! Parce que j’adore ce pays.

PL : Y a-t-il un artiste avec lequel vous aimeriez collaborer ?

Jake E : Oui, il y en a un ! Et c’est Zaher Zorgati de Myrath ! Tu les connais probablement parce qu’ils jouent souvent en France. Ce sont des amis à moi. J’écoute peu de musique ces temps-ci mais j’écoute Myrath parce que c’est les meilleurs. Je les adore, et je leur souhaite les meilleures choses. Et Zaher est un chanteur fantastique, avec lequel j’adorerais faire quelque chose un jour parce qu’il est juste génial.

PL : Enfin, quel groupe ou artiste pensez-vous qu’on devrait interviewer ensuite ?

Jake E : Je pense que vous devriez interviewer un groupe appelé Dead City Crown. C’est un groupe montant de New York ou du New Jersey qui joue un genre de death metal mélodique suédois. Et ils sont très très talentueux, et ils n’ont toujours pas de label, ils font tout eux mêmes. Mais des choses super vont leur arriver bientôt. Donc Dead City Crown, c’est le groupe que vous devriez découvrir.

PL : Merci beaucoup ! A bientôt !

Jake E : J’espère vous voir bientôt quand on viendra en France ! Merci beaucoup d’avoir pris le temps de m’interviewer ! Bonne journée !