[Interview] We Hate You Please Die, le lo-fi made in France !

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L’été dernier nous avons pu interviewer We Hate You Please Die, un des groupes montants du rock français, en sortie de scène après leur concert énorme à Rock En Seine. On vous propose donc de découvrir un groupe français pas comme les autres au travers d’une interview à la cool !

Pozzo Live : Salut ! Comment s’est passé le concert ?

Mathilde Rivet : C’était trop fou !

Raphael Balzary : Ouais y avait beaucoup de gens.

Mathilde : Ouais c’était choquant, y avait vraiment beaucoup de gens !

Raphael : Ça nous a fait plaisir, ouais !

Mathilde : Carrément !

PL : Pouvez-vous nous expliquer un petit peu We Hate You Please Die, en quelques mots ?

Mathilde : De base le nom « We Hate You Please Die » ça vient d’un film qui est aussi une BD de…

Raphael : C’est de Bryan O’Malley !

Mathilde : Et y a eu un film qui est repris d’une BD qui s’appelle Scott Pilgrim VS The World, et en fait dans ce film-là y a une scène un peu drôle où t’as un « battle de bands » en fait. Et y a un groupe d’emo hyper clichés et ils font un morceau de 10 secondes, et en fait ils se prennent la tête avec un mec dans le public et du coup dans la bande son originale, ils disent « cette chanson elle est pour toi, elle s’appelle We Hate You Please Die« . Et ça vient de ça parce que ça nous a beaucoup fait marrer !

Raphael : Et du coup on a trouvé ce nom un peu cool, et c’était cool d’avoir un nom aussi un petit peu abrasif par rapport au propos du groupe. On voulait un truc un peu… Pas provoc, mais un truc un peu « rentre dans la gueule » quoi. Qui marque par rapport au discours qu’on peut tenir. Il est pas moraliste, mais plus un constat général du monde, de la société, voire de la civilisation, plutôt.

PL : Du coup c’est marrant de savoir ça parce que je me demandais s’il y avait un rapport avec le film !

Raphael : Ah carrément ! Carrément ! On est de grands fans de la BO. La putain de BO de Beck ! Tu vois que le film est hyper complet, c’est hyper pop culture, une histoire d’amour hyper kitsch comme on aime. La BD est vraiment un bon complément au film en plus ! Y a pas, genre, des puristes BD/film. Je pense que si t’aimes bien ces délires-là, les deux sont carrément complémentaires, quoi.

PL : Du coup vous vous inspirez de Beck notamment ?

Mathilde : En fait nos influences sont hyper riches, on écoute beaucoup beaucoup de choses. Et on s’est pas dit en commençant We Hate You Please Die « on veut faire comme tel ou tel groupe », de base il y avait des compos qui venaient de Raphael, qui est le chanteur et un petit peu guitariste. Et après c’est Joseph, le guitariste, qui est arrivé et qui a apporté beaucoup de choses en fait. Et après on a chacun apporté notre truc, ce qui a donné We Hate You Please Die. Et c’est pas non plus à comparer avec d’autres groupes ou à un style précis.

Raphael : Comme ça on peut mélanger ça. Y en a qui aiment de la pop, y en a qui aiment du garage, on aime tous un peu les mêmes choses. Après y en a qui vont se barrer plus dans leur délire, moi j’adore Sia tu vois. Et les trucs comme ça , mais on cherche un peu partout, même dans le rap, même Brassens, on prend ce qui nous passe, on a rien de tabou. Genre y a une chanson d’Aqua que j’adore !

PL : Laquelle ?

Raphael : My Oh My, super chanson ! Si tu la mets en soirée elle est trop bien !

PL : Et du coup pour composer vous faites comment ?

Joseph Levasseur : Salut, moi je viens d’arriver ! Ça dépend des chansons, là en ce moment. Moi je propose des démos, des trucs, des idées que j’ai qu’on travaille ensemble après ou pas. Raphael a beaucoup d’idée de chant en essayant plein de trucs, on jamme aussi pas mal, on tourne un peu les trucs en boucle, on les retourne un petit peu…

Raphael : C’est assez instinctif, on va assez vite ! Genre là la semaine dernière on a fini quasiment le nouvel album, à 90%. Dès qu’on trouve un petit riff qui nous plaît, on rajoute des gimmicks, on étoffe, quoi. Mais on est contents de s’être bien trouvés pour ça, ça part assez vite. On a une certaine cohésion, quoi.

PL : Du coup quels sont les plans après Rock En Seine ?

Mathilde : On a une date avec Munchkins, un groupe qui joue aussi aujourd’hui, qui a été prévu au dernier moment. Donc on joue avec eux en première partie à la Maroquinerie à Paris le 3 octobre.

Raphael : Puis on a aussi notre première « tête d’affiche », on joue à la Boule Noire le 5 février. Et le groupe est récent en fait, ça fait depuis 4 mois qu’on a un tourneur. Et il nous a concocté une tournée et tout, on sort de la Normandie, quoi, en fait ! On va passer par Bordeaux, Alençon, Aix En Provence… Donc c’est chouette ! On sait pas encore ce que ça va donner sur le plan physique, je pense que ça va être bien harassant, mais c’est une chouette expérience, aucun de nous n’a jamais fait ça !

PL : Pour qui vous rêveriez d’être en première partie ?

Raphael : Alors y a des groupes chouchous ! Toute la clique californienne garage, tout ce qui est Ty Segall, Thee Oh Sees, King Gizzard (qui sont australiens). Tout ça c’est un peu notre came, le revival. Idles ce serait top aussi. Très bonne facture ! Enfin c’est de très bonne facture, ils font pas de très bonnes factures !

Joseph : Ça on en sait rien !

PL : Quel artiste vous aimeriez qu’on interviewe ensuite ?

Mathilde : Didier Super, ça peut être très très drôle je pense.

Raphael : Je pense qu’avec Idles que ça reste fort, dans les messages. On l’aime beaucoup déjà parce qu’il y a une grosse sensibilité dans la proposition musicale, dans le discours, le chanteur, tu retrouves plein de trucs. Un gros message d’amour qu’on essaie un peu de disséminer dans nos trucs, même si avec un nom de groupe comme ça on pourrait penser que ce n’est pas le cas. On cherche vachement la paix. Si on se révolte contre des trucs c’est pour que ça s’arrange, on va pas dire no future, ça y est, sortez vos lignes de coke, foutez vous des races… Faut pas faire n’importe quoi, c’est pas de l’hédonisme ambiant et tout. On essaie de le faire avec prudence parce que c’est nouveau pour nous, on a pas envie d’avoir la prétention qui va avec ou de faire un truc moralisateur ou quoi que ce soit. C’est un lâcher de colère, c’est une purge dans l’idée.

PL : Est-ce que vous avez une anecdote fun en concert ou pour l’album ?

Mathilde : Sur notre dernière track, We Hate You Please Die, c’est Raphael qui fait la gratte. Et en studio, il a dû mettre au moins 45 minutes à faire l’intro parce qu’il a eu un fou rire. Mais c’était incroyable en fait parce qu’il arrivait pas à la faire. Il faisait les premières notes puis il rigolait directement, et c’était invivable, quoi !

Raphael : Sachant que c’est le riff le plus simple du monde ! C’est deux doigts et 3 cordes. Mais j’aime pas la guitare, je préfère le chant, c’est Joseph la guitare. Mais on a pas assez fait de concerts pour avoir des anecdotes ultra funky. Je cherche, mais j’en trouve pas.

Mathilde : Moi une fois j’ai fait un concert tout bourrée, c’était horrible.

Joseph : Pour toi c’était bien, nous on a trouvé ça horrible !

PL : Du coup je vous laisse le mot de la fin !

Joseph : Poulet.

Mathilde : Unis dans la haine et dans l’amour ! Ah si une vous j’étais bourrée et j’ai fait une dédicace et j’ai mis « unis dans le love et dans l’amour », fin bref. Je voulais dire ça parce que j’m’en remets pas.

Joseph : Prenez soin de vous !

Raphael : Bisous à mes sœurs.

Chloé Barabé : Est-ce que t’as du feu ?

Mathilde : Oui !

Joseph : C’est bien comme mot de la fin !

 

On vous laisse avec leur super concert de Rock En Seine !