Après avoir sorti leur premier album, Ouverture, le 28 novembre dernier, c’est à la Maroquinerie que nous avons pu interviewer Spore ce 7 mars 2026, juste avant leur troisième concert Parisien. Nous avons pu rencontrer Leo (claviers/basse), Matteo (guitare baryton), Aurélien (batterie), Tristan (guitare) et Louise (chant), afin d’échanger au sujet de leur album et du groupe.
Pozzo Live : Bonjour, comment ça va ? Comment vous sentez-vous avant votre première Maroquinerie à guichet fermé ?
Matteo : Bah c’est pas la première fois qu’on fait une salle complète, donc je dirais que comme d’habitude, ça va bien.
Léo : La routine quoi, la routine… Évidemment un peu stressé, mais écoute c’est aussi beaucoup de bonheur d’avoir ce groupe avec ses amis, et de faire des rendez-vous comme ça, incroyables, dans des salles mythiques.
Louise : C’est comme un anniversaire, un peu. Mais l’anniversaire de tout le monde en même temps. C’est ça qui est plutôt cool, c’est qu’à la fois on passe une étape, donc on le prend comme on peut, mais en même temps il y a quelque chose de très joyeux et de très festif.
Tristan : On a à la fois hâte d’y être, mais au moment de souffler les bougies devant tout le monde, ça fait toujours un peu peur.
Louise : Ouais, c’est vrai.
Matteo : Parce que tous nos parents ont loué les services d’un clown, aussi. Il y a tellement de bougies qu’il risquerait de s’enflammer, donc faudrait pas que ce soit trop la teuf non plus.
Pozzo Live : Ce soir c’est la release party de votre album, Ouverture, qui est sorti le 28 novembre dernier. Il représente quoi, pour vous, cet album ?
Léo : Déjà une ouverture sur le monde, évidemment, avec un nom comme ça, c’était difficile de faire autrement. C’est notre premier album – le groupe a tout juste un an officiellement – donc ouais, c’est une première pierre posée sur un édifice qui ira on ne sait où, mais en tout cas peut-être très loin ?
Tristan : Oui, il représente le début en fait, simplement. C’est un marqueur.
Léo : C’est un marqueur temporel.
Aurélien : Il représente aussi un projet artistique commun. Cinq amis de très longue date, qui n’ont pas spécialement créé de choses ensemble, à cinq, dans leur vie, mais qui ont déjà créé des choses à deux, à trois, ou autre, à plein de moments de notre vie. Là c’est d’un coup les cinq qui se retrouvent ensemble pour ça.
Louise : Oui, et il représente aussi, en tout cas pour moi, une temporalité. C’est-à-dire que moi j’ai beaucoup de mal avec les chiffres, par rapport à Aurélien qui connaît tout, qui peut me dire dans les moindres détails “mais oui c’était en 2022”, alors que moi je ne sais absolument pas que c’était en 2022… C’est un repère, dans nos vies. “Ah, c’est le cycle Ouverture”, genre c’était ce temps-là. Le fait qu’il soit sorti, ça ouvre une porte vers la suite, c’est-à-dire que… C’est marrant, le fait qu’il sorte c’est nouveau pour les gens, mais pour nous c’est le début d’une nouvelle chose qui n’est peut-être plus vraiment Ouverture. On continue de le faire vivre, mais ça veut dire “mettez-vous à la suite maintenant”.
Matteo : Ouais c’est comme – je vais reprendre l’image de l’anniversaire – mais c’est comme fêter… J’ai 34 ans, c’est comme si là je venais de souffler mes 33 bougies.
Aurélien : Mais il dit n’importe quoi ?
Louise : J’ai pas la ref mais… Ouais ?
Matteo : C’est-à-dire que pour nous l’album qu’on sort là, il est en réalité fini depuis plus d’un an, un truc comme ça. Donc on vient de souffler les bougies de l’anniversaire de l’année dernière.
Léo : On a enfin pris le temps d’organiser la fête d’un cadeau qu’on avait acheté il y a si longtemps.
Aurélien : Oui c’est vrai. Et comme on dit, une fois qu’un album sort ou qu’un projet artistique sort, en fait il ne nous appartient plus. Il vit de lui-même au travers des écoutes des gens et de ce que les gens en pensent, mais il ne nous appartient plus. Maintenant que l’ouverture est faite, nous on est déjà partis, on va dire.
Pozzo Live : Ça fait justement un peu plus de trois mois que l’album est sorti. Êtes-vous satisfaits des retours que vous avez eu jusqu’à présent ?
Louise : Moi je suis satisfaite surtout du fait qu’il voyage beaucoup, et ça c’est très très plaisant. C’est-à-dire qu’évidemment on reçoit des mots d’amour, de haine aussi… Non pas de haine, mais on reçoit des mots. De voir – je ne suis pas du tout chiffre – mais c’est vrai que parfois quand je tombe sur les chiffres, c’est très agréable de se dire qu’il voyage et qu’il continue à vivre. Ca je pense que c’est le plus grand bonheur.
J’espère que ça ne s’essoufflera pas, et que je pense que le live est fait pour faire perdurer justement ces écoutes. Si on a aimé une chanson en live d’un groupe qu’on a découvert, rien de mieux que de l’écouter après chez soi… Ou dans la rue, en marchant.
Aurélien : Ouais mais par rapport justement aux retours de l’album, moi j’avoue que ce qui me rend joie, pas mal, c’est les retours sur le live, surtout. Parce que c’est vrai quand même qu’après les quelques concerts qu’on a fait – on n’en a pas fait tant que ça, on a fait huit, je crois c’est quand même assez peu – mais à chaque fois à la fin des concerts, il y a des gens qui nous disent “j’ai pris une énorme claque, c’était trop bien”, etc.
Ça, ça fait très plaisir, parce que quand les gens écoutent chez eux en fait, on ne sait pas trop, à tout moment ils se disent “ah c’est cool” et ils passent à autre chose, à tout moment ils se disent “wha c’est génial” mais on ne saura jamais, à tout moment ils se disent “ça pue” mais on ne le saura jamais… Là, en sortie de live, on a des gens qui nous le disent en direct et j’avoue que les retours live, je suis assez… Très agréablement surpris.
Léo : Oui c’est vrai qu’en terme de retours – c’est ce qui fait la force de Spore aussi – c’est qu’on a un large éventail de styles de musique. Il y a des chansons très calmes, il y a des chansons très vénères et c’est ça aussi qui parle, je trouve, à plein de gens, c’est cette diversité là.
Certaines personnes prennent des portes d’entrée – j’aime bien cette image-là – de “ah bah tiens moi j’aime beaucoup le morceau ‘Libre’”, par exemple, et cette personne prend cette porte d’entrée pour après découvrir le reste de l’univers. Ça c’est très très satisfaisant, et je pense que c’est un des meilleurs retours de dire, “j’écoutais peut-être pas forcément ce style à la base mais vous m’y avez emmené et merci pour cela”.
Pozzo Live: on peut le dire, c’est un album éclectique, dans lequel presque chacun peut trouver son compte tant les morceaux sont divers. Ce mélange de genres, c’était une volonté en créant le groupe ou c’est simplement ce qui est arrivé quand vous vous êtes rassemblés pour écrire et composer ?
Louise : Comme c’est le premier aussi, je pense que quoi qu’il en soit, on se cherche. On cherche ce qu’on peut faire ensemble, ce qu’on a envie de faire ensemble. Donc déjà, là, je pense que ça nous a donné des socles pour la suite. Mais on aime toutes et tous une multitude de styles et de fusions de genres et de choses, donc… Là, pour Ouverture, c’est arrivé comme ça. C’est-à-dire que… On avait d’autres morceaux, il y en a plusieurs qu’on n’a pas sortis – parce qu’à un moment il fallait mettre les choses ensemble – mais qui restaient quand même dans une diversité très large.
Tristan : Ouais en fait je trouve que ça va de soi en fait, je sais pas vraiment si c’était une volonté. Notre volonté, ça a plutôt été de trouver une cohérence malgré cela. C’est un peu une chose qui se répète, on peut zoomer ou dézoomer dans le projet, il y a toujours cette entité de on est cinq, on décide à cinq, on est amis.
Et c’est comment trouver la cohérence là-dedans. Parce que nous on se connaît, ça pourrait être essentiellement de la private joke, ou ce genre de trucs. Le but, ou surtout ce qui a été conscientisé en tout cas, c’est comment trouver la cohérence dans cette diversité. Mais la diversité, étant cinq personnes différentes, elle existe… C’est un pléonasme quoi, malgré elle.
Aurélien : Oui ça n’aurait pas pu être un style, parce que la réalité c’est qu’on ne s’est pas mis ensemble parce qu’on voulait jouer la même musique. On s’est mis ensemble parce qu’on est des amis qui voulons jouer de la musique ensemble. On écoute toutes et tous des trucs tellement différents que franchement ça n’aurait pas pu être un style. Si ça n’avait été qu’un seul “style” de musique, ça n’aurait pas plu à quelques personnes, c’est forcé.
On a toutes et tous des sons un peu favoris, quand même, dans l’album des trucs qu’on aime un peu plus que d’autres, on met les curseurs à des endroits différents. Donc je pense que, comme l’a dit Tristan, je ne vais pas paraphraser bien sûr, mais c’est plus naturel parce qu’on est des amis qui voulons faire de la musique ensemble et pas des musiciens qui voulons faire un style ensemble : “ah moi aussi je joue de ça viens, on joue ensemble”. Nous ce n’est pas ça qu’il s’est passé, nous c’est plus “venez on fait un groupe, on est amis depuis tellement longtemps, faisons de la musique”, quoi.
Louise : Et puis c’est très sincère du coup, c’est-à-dire que c’est sorti, comme ça. Donc ne coupons pas les choses. Et chaque objet, chaque nouvel album est une nouvelle aventure et une nouvelle histoire mais… Non là c’est, je pense que c’est l’album de la sincérité. (rires)
Léo : Oui c’est vrai que déjà entre nous, on aime beaucoup de styles très différents, on a eu des expériences de groupe aussi croisées entre nous toustes. Avec Auré, on avait un groupe de rock garage au lycée. Avec Matteo, on a fait de l’électropunk. Lou et Tristan jouent dans Ceylon qui est un groupe indie rock… Et donc déjà, dans ce qu’on exprime musicalement à travers nos groupes actuels ou passés, on a déjà une diversité qui est très large. Donc se retrouver ensemble rajoute encore un niveau à ce spectre très large.
Pozzo Live: Aujourd’hui, de nombreux artistes misent uniquement sur le format single, ça vous tenait à cœur de sortir un vrai album complet ?
Aurélien : Ben, quand même avant l’album… On a sorti un album complet, mais avant l’album, il y avait déjà Floral qui était un single sorti en 2022. L’album, lui, est sorti effectivement en novembre 2025, mais avant cet album là on a quand même sorti trois singles.
Léo : Même quatre !
Louise : Oui mais on avait tout fini d’abord. On avait déjà fini l’objet, l’entité.
Léo : Et ça c’était – en tant que producteur aussi du projet – c’était très très agréable de se dire, “on a les masters un an avant, réfléchissons maintenant à comment on le présente au public”. Comment on le présente, et peut-être par quoi on commence, par quel morceau ? Donc il y a quand même eu une stratégie de single et il y a quand même eu une réflexion de “comment on fait pour arriver à l’album à un moment” ? Et c’est vrai que d’avoir eu ce temps de création sans être annoncé, c’était quand même très agréable, je trouve.
Louise : Oui et puis t’en apprends vachement. Le fait de faire un album, c’est comme un puzzle, t’as toutes les pièces mais il faut les agencer ensemble. On apprend vachement de notre musique, du coup. Parce que savoir ce qui va avec quoi… Parfois on est très spontanés, instinctifs, on écrit des choses comme ça, sans vraiment y penser – enfin en tout cas pardon, moi c’est ce que je fais – et d’un coup, quand on essaye de les imbriquer ensemble, de les rassembler, et bah on en apprend vachement sur pourquoi peut-être ce morceau irait avec lui, parce que peut-être en fait finalement il dit ça. Donc voilà c’est agréable de… On joue encore. Un nouveau jeu, un puzzle !
Aurélien : Et ça rejoint la question de tout à l’heure. Si on n’avait sorti qu’un seul son, je pense qu’il y aurait eu des frustrations de certaines personnes parce qu’à moins que le son fasse, pourquoi pas, 10 minutes, quelque chose de progressif où on passe par plein de phase… Pourquoi pas, hein ! Mais il y a ça aussi. Les 10 sons font qu’on est toutes et tous plus ou moins satisfaits de l’ouverture qu’il y a dans l’album.
Pozzo Live : En parlant de choses qui tiennent à cœur, c’était important pour vous d’avoir des versions physiques, notamment des vinyles de l’album à l’heure où tout est accessible numériquement ?
Léo : Ouais grave. Moi j’avais vraiment très envie de faire une forme atypique pour le vinyle, aussi, et assez vite on en a parlé et c’est vrai que l’idée du vinyle fleur est arrivée sur la table avec le format 45 tours single, quoi. Un titre par face ; le premier et le dernier morceau de l’album.
Et même je trouve que le format vinyle est important aussi pour nous, pour moi en tant qu’artiste, nous en tant que producteurs aussi à travers le label. C’est une manière, je pense, pour le public qui nous écoute, de nous soutenir aussi. Donc pour moi le format physique est important encore, et à chaque concert ça crée aussi un temps de discussion sympa et de rencontre avec le public au stand de merch.
Aurélien : Et ça s’inscrit aussi un petit peu plus durablement, je trouve. C’est-à-dire que si tout est numérique, quelque part, une fois qu’on est passé à autre chose pour X raison en tant qu’auditeur ou auditrice, en fait, la chose disparaît. Là où quand on a des CD, des vinyles, c’est vrai que… Je veux dire, ça arrive à tout le monde de retomber sur un vieux CD, sur un vieux vinyle, de se dire “mais c’est vrai, il y a cet album que j’écoutais avant”, “ah c’est le deuxième album que j’avais acheté à ce moment-là”, etc. Ça crée des souvenirs qui sont différents, et c’est quelque chose de palpable, de physique. Un souvenir physique, il est quand même, je pense, plus fort qu’un souvenir numérique. En tout cas on peut tomber dessus plus facilement par hasard.
Léo : Il faut pas perdre de vue que le numérique n’est pas infini, moi je repense souvent à des morceaux que j’écoutais sur YouTube, sur telle chaîne qui n’existe plus. Et c’est très frustrant quand, dix ans plus tard, tu te dis “J’aimais trop ce son sur telle chaîne… Ah ben il n’y est plus”.
Aurélien : Oui ! Rien ne dit que – je dis n’importe quoi – que dans cinq ans, l’album Ouverture n’existe plus sur les plates-formes. Je dis n’importe quoi…
Tristan : C’est même sûr, hein.
Aurélien : Mais en tout cas si ça arrive, en fait les gens qui ont les vinyles auront ce souvenir à jamais avec eux.
Matteo : Je pense que, par principe, le prochain album on devrait l’appeler Lost Media, on ne le met qu’en story, et on archive le jour où on en a marre.
Aurélien : En story à la une.
Tristan : Non mais c’est un désir d’être traditionnel aussi, parce que souvent quand une idée est à la mode et marque l’air du temps, eh ben souvent on jette les autres à la poubelle. C’est dommage parce qu’il y a des trouvailles qui resteront bien jusqu’à la fin des temps. C’est comme les gens qui filment sur pellicule, d’autres en numérique et tout.
En fait c’est dommage que quand on donne une bonne idée ça évince l’autre, parce que la nouveauté forcément crée ce truc de : tout le monde se rue dessus, mais une fois qu’on est dans une temporalité très éloignée où ça fait à peu près partie de la même période en fait, pourquoi se priver de choix multiples et d’outils différents propres et mélangeables en plus ?
Pozzo Live: En dehors de Spore, vous êtes sur d’autres projets, ou avez d’autres métiers. Ce n’est pas trop compliqué de gérer les emplois du temps de tout le monde ?
Aurélien : Si. (rire) Si si, c’est compliqué. Après on a souvent cette discussion de savoir où est-ce qu’on met le curseur. C’est-à-dire est-ce que si finalement pour X raisons on a envie d’un peu plus s’impliquer, etc… Alors, c’est clair que c’est compliqué, mais je trouve qu’on s’en sort vraiment très bien, dans le sens où on arrive vraiment à débloquer des semaines, que ce soit pour des résidences ou autre, où on est et tous et toutes dispos à ce moment-là et on se le bloque dans l’agenda.
Parce que même si on fait toutes et tous des activités différentes, tout le monde est indépendant. Et ça, ça aide beaucoup. C’est-à-dire qu’il n’y a personne qui est salarié d’une boîte dont il n’est pas le gérant, par exemple. Et donc en fait ça, ça facilite beaucoup. On est maîtres et maîtresses de nos plannings, et donc même si c’est compliqué, en fait, si on veut, on peut. Indirectement c’est un peu ça.
Louise : C’est compliqué, mais c’est très agréable aussi. Évidemment les histoires d’agenda c’est toujours des petits micmacs, il y a toujours des faux pas et parfois des ratés, mais très peu finalement. Mais c’est agréable, en tout cas. Moi je suis intermittente et musicienne, c’est mon métier principal de jongler entre les projets, et ça permet de mieux respirer dans tous les projets, finalement et ça c’est très agréable.
Tristan : C’est comme juste côtoyer plusieurs personnes dans la vie quoi, plutôt qu’une.
Léo : Moi je suis très très fan d’outils numériques d’organisation. Tout ce qui est Notion, Google Agenda, et tout ça m’aide aussi à avoir toutes ces différentes casquettes. Je pense que personnellement j’aime bien en tout cas jongler entre ces deux métiers de producteur et musicien et je trouve qu’on s’en sort très très bien en termes d’orga. On a une bonne équipe quand même, où chacun donne du sien pour être disponible pour ce projet.
Louise : En fait, on a envie. Du coup c’est fluide.
Aurélien : Étant donné que le groupe s’est fait sur l’impulsion de “on a envie de se voir plus souvent, faisons un groupe de musique”… Bah du coup en fait ce serait idiot de pas trouver des moments pour se voir alors qu’on a fait ce groupe aussi pour ça, quoi.
Pozzo Live : Pour ceux qui font partie d’autres groupes, est-ce que vous voyez Spore comme un prolongement de votre musique ou comme un terrain d’expérimentation ?
Matteo : Pour moi de l’expérimentation.
Tristan : Moi les deux, parce qu’en fait c’est pas antinomique en soi. Tout est… Comment on pourrait dire… Tout donne à tout, en fait. Donc ouais c’est exponentiel, mais dans le bon sens.
Louise : Moi c’est un peu des deux. C’est un prolongement parce que j’apprends, du coup, à chaque fois que je fais quelque chose de nouveau, j’apprends. Et en même temps j’explore 1 milliard de trucs. Je ne ferais pas les mêmes choses dans Spore que dans Ceylon ou dans d’autres projets, et inversement. Du coup j’apprends beaucoup sur moi, donc c’est vraiment les deux, pour le coup.
Matteo : On essaie de rester fidèle à nous, tout en prenant en compte les goûts du groupe et se mettre au service de ce projet-là. Je le vois un peu comme ça. Donc oui c’est un peu les deux.
Pozzo Live : Tout à l’heure, Aurélien a parlé du live… Quand on vous voit évoluer sur scène, on a l’impression d’assister à une soirée entre potes. C’est aussi le sentiment que ça vous inspire ?
Aurélien : En vrai ça fait trop plaisir. Moi je trouve que ça fait trop plaisir. C’est vrai qu’il y a des gens qui m’ont déjà dit ça. Quand on est sur scène en fait, il y a plein de complicité, on s’amuse, il y a des rires parce qu’on a des moments où on se sait, etc. En vrai moi je trouve que ça fait trop plaisir parce que ça veut dire que ça fait complètement sens ce qu’on fait, étant donné qu’on s’est mis ensemble pour faire ce groupe parce qu’on était amis donc si c’est ça qui sort de notre set, ça veut dire que ça marche, je trouve.
Tristan : Oui et puis c’est même vrai par définition, vu qu’on fait la chose qu’on aime et qu’on est cette bande d’amis sur scène, oui effectivement. On est des amis en train de faire la fête parce qu’on est dans un lieu de fête, mais c’est un peu comme si nous on était organisateurs de la fête. C’est-à-dire que nous, des fois on a des moments de complicité qui sont dus au fait que c’est dur la frontière travail passion, mais on assure un set quand même. Je ne vais pas poser ma guitare et aller faire un tour 30 minutes, sinon c’est le tour du groupe d’après, donc il y a une certaine fonction à laquelle je suis rattaché par un temps donné. Et du coup ouais, c’est comme si on organisait une soirée en notre nom donc un peu avec notre vibe, mais on est en même temps au taf, quoi. Mais dans le côté vertueux de la chose.
Pozzo Live: C’est ça, pour vous, une bonne ambiance de concert ?
Aurélien : En vrai, je pense que ça dépend de ce que tu vas voir. Honnêtement ça dépend des groupes, ça dépend des projets, ça dépend de plein de choses. C’est pas forcément ça, non. Mais par contre, je pense que quand on va voir Spore, on a peut-être envie un peu de voir ça, et une espèce d’histoire qui se raconte, des choses qui se déroulent, etc. Vu que le style est assez éclectique, il peut y avoir des moments de surprise, des moments un petit peu plus tranquilles où d’un coup ça pète, etc. Donc voilà, je ne pense pas que ce soit ça un bon concert, mais je pense que pour Spore, oui. J’imagine.
Tristan : Nous sommes les seuls qui ne nous voyons pas, en fait.
Léo : C’est vrai que c’est difficile de savoir.
Aurélien : Ouais, c’est ça. Mais selon les groupes qu’on voit en concert, enfin les groupes ou les artistes, qu’importe… Non. Moi des fois c’est pas ce que je veux voir. Je veux pas voir une bande de potes, pas du tout.
Louise : Je pense qu’on souhaite quand même voir, quoi qu’il se passe – même si ce n’est pas de l’amitié ou de l’amour – une harmonie. Quand on va voir un orchestre classique, si on aime la musique classique, ça m’étonnerait que les 85 soient giga potes. Et pourtant on se prend une claque, mais parce que la notion d’harmonie existe, la sincérité. Je pense que l’harmonie existe s’il y a quelque chose de sincère, même si tu vas très mal ou que tu détestes ton collègue. Si à ce moment-là tu te mets en harmonie avec le moment présent, je pense que ça, c’est un bon concert.
Pozzo Live: On arrive à la dernière question, c’est la même qu’on pose à tous les artistes qu’on interviewe. Quel groupe ou artiste conseillez-vous à Pozzo Live d’interviewer après vous ?
Léo : Peut-être Blue Boys Club, tout simplement ? Le groupe qui ouvre la soirée ce soir et qui est un quatuor électro rock, avec des productions peut-être qui rappellent The Prodigy, un peu De Staat... Ils ont une DA très chouette, avec un univers costume cravate, mais en même temps très décadent, très anglais, très punk aussi. Donc ouais moi je verrais bien Blue Boys Club.
Merci à Léo, Matteo, Aurélien, Tristan et Louise pour leur temps, et merci à Floral Records.
N’hésitez pas à aller voir toutes nos autres interviews.

























