Khruangbin au Bataclan: une Performance Intime

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Dimanche 8 décembre 19h30 et un bataclan annoncé comme rempli à ras bord, les conditions sembles bonnes pour terminer en beauté cette semaine ! Ce soir c’est Khruangbin qui est à l’honneur, le trio thaï funk résolument psychédélique est de passage à Paris !

Grève ou pas, il y a foule et il semblerait que personne ne se soit privé du plaisir de venir au concert ! On en veut pour preuve la queue qui s’étend sur des dizaines de mètres avant même la première partie. Un jeu d’épaules agile et hop on se sort d’une file d’attente dense et impatiente pour découvrir une sale à moitié pleine. Le bar est pris d’assaut et la boutique se vide déjà : oui on peut dire que ça s’annonce pas mal.

20h30 et les projecteurs s’éteignent pour laisser place à la première partie « Harvey Sutherland ». Tout de suite on sent le mélange des influences variées. Il y a un aspect très expérimental dans l’exercice des deux artistes, les sons sont phasant et on a l’impression que tout peut potentiellement résonner sans fin. Un synthé dynamique associé à des voix déformées est soutenu par une batterie impeccable qui rythme parfaitement le tout ! Et ça marche ! La salle semble continuer à se remplir et les applaudissements font échos aux chants de Harvey.

Fin du set et le changement se fait rapidement, à peine terminé Harvey et son sidemen sont déjà en train de plier bagages !

21h pétante pas une seconde de plus et le groupe fait son entrée ! Excentrique et amoureux des paillettes, les membres se sont vêtus de leurs tenues les plus brillantes et semblent presque scintiller au loin ! Donald Rey s’installe calmement à sa batterie, Laura empoigne sa basse et Mark se présente avec sa guitare dans son style le plus stoïque face à la foule !

La communion avec le public est instantanée, les sourires de Laura font se lever les bras et les premiers riffs de Mark enflamment la salle. A noter ici l’excellente balance! Les différentes sonorités se mélangent à la perfection, le tout avec un jeu de lumière ensorcelant. Et c’est probablement là que la formation texane sait faire la différence à la perfection : le concert s’apparente presque à un spectacle rudement millimétré, un cadre parfait dans lequel il se permettent d’improviser comme bon leur semble. Les transitions entre chaque chanson sont impeccables et ne laissent que rarement place à un blanc ! Sans s’en rendre compte on change d’atmosphère d’une chanson à une autre.

21h26, « à la vôtre », pause rafraichissement oblige le tout sous les cris du public. Maria Tambem, August 10, Friday Morning… les tubes s’enchainent et le public est gardé en haleine. Et toujours ces jeux d’épaules, de mains, ces regards perçants… on aurait presque l’impression que Mark et Laura essaient de nous envouter !

On notera les douces odeurs de haschisch que l’on pouvait régulièrement renifler à travers la salle et qui feront même agréablement réagir le groupe.

Point culminant du concert : Evan Finds the Third Room et le fameux « YES »! Les lumières se tournent toutes vers Laura qui décroche un téléphone vert placé à cet effet : la Hello Hello tour prend alors tout son sens. S’ensuivit un medley fou avec des reprises de Chriss Isaak ou encore Serge Gainsbourg.

22h07 le groupe quitte la scène et c’est au tour du public de faire le plus de bruit possible ! Place à l’encore et on ne se sera là aussi pas déçu. Donald revient et s’installe tranquillement derrière sa batterie pour lancer un roulement de tambour de plusieurs minutes, le tout en accélérant le rythme et l’intensité dans la salle ! Finalement rejoint par Laura et Mark, ce sont sur les notes de People Everywhere (Still Alive) que le groupe saura clôturer avec la manière son show et ainsi sa tournée 2019.

On retiendra ces belles paroles de Mark « merci pour tout et on se voit dans 10 ans », oui mais 10 ans c’est déjà si long… Vous l’aurez compris c’était chouette, et on en redemande déjà.

Des bisous et de la musique,