[Live Report] Mennecy Metal Fest 2019 : il a tout d’un grand !

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Votre serviteur et ses acolytes Alex et Christophe sont allés participer à la huitième édition du Mennecy Metal Fest 2019 les 13 et 14 Septembre. Récit d’un festival de 2 jours dont les mots d’ordre ont été taille humaine et bonne ambiance.

L’annonce de la programmation de cette édition du Mennecy Metal Fest ne nous avait pas laissée de marbre, les têtes d’affiches étant croustillantes et les autres groupes nous envoyaient du rêve. Cette programmation majoritairement française permet de mettre en avant les groupes du coin ! C’est tout naturellement à Mennecy que ce festival nous a donné rendez-vous, cette année en parallèle d’un salon du tatouage.

Vendredi (13 ouuh, ça fait peur)

Le festival a donc lieu dans le Parc de Villeroy, Mennecy. Le parking est déjà bien garni en ce début de soirée et on entend déjà les premiers concerts en approchant du site. L’intégralité des concerts se déroule au sein de la même salle d’une capacité de 500 à 600 places hormis les 5 concerts dits d’ « entracte » qui auront lieu sur une scène en plein air. Des stands de merch des groupes du jour ainsi qu’une buvette/espace restauration sont placés autour de la scène extérieure fraîchement rajoutée pour cette édition.

Ce premier jour de festival commence pour nous avec KOB.

On débarque sur une série d’anecdotes, de la bonne humeur et une sacrée ambiance malgré une salle clairsemée, il n’est même pas encore 20 heures un vendredi de grève des transports, mais la situation va vite changer. Le groupe nous propose des solos à la Iron Maiden et des parties techniques très appréciables qui nous chauffent rapidement et nous mettent dans le bain pour ce début de festival !

Alors la, voici le groupe dont nous arborons déjà les T-shirts, qui a traversé les générations pour revenir encore plus fort et nous teaser un nouvel album en 2020, ADX !

On démarre direct avec des sons pseudos djent en live, qu’on ne ressent pas dans les albums du groupe de speed metal ! Les solos de gratte sont de folie, précis et clairs. Tous les musiciens ont une patate d’enfer, ça saute partout sur scène. L’ambiance et le public affluent et ça commence à bouger dans la fosse. Le groupe s’amuse à poser pour les photographes sur le morceau Notre-Dame de Paris. On se fait balader entre des solos à la Iron Maiden et Judas Priest, des rythmes thrash qui mènent au pogo, du tapping, de la whammy bar, tout y passe ! Le public scande et réclame entre plus de Division Blindée et les zikos montent aux crash barrières sur Caligula.

C’est l’heure d’une collation à la buvette, bières à 3€, sandwich, merguez, frites, crêpes, on se sentirai presque à un barbecue entre potes. Tout le monde papote en écoutant le premier live de la soirée sur la toute nouvelle scène extérieure : Blod.

Cette petite pause est la bienvenue avant le prochain concert, qui risque de Retourner la France. Les toulousains de Sidilarsen nous promettent encore du beau jeu !

Ayant déjà vu Sidilarsen au Hellfest 2017 très tôt dans l’après-midi, ils nous avaient envoyé du très lourd. Le groupe demande à la foule de s’écarter pour un premier wall of death dès le premier morceau, ça promet ! Le show est très bien huilé, avec des écrans diffusant images et paroles synchro avec le groupe. Le show nous est annoncé comme tout nouveau, un début de tournée avec un parti pris de pas mal de morceaux du dernier album On va tous crever, sorti en 2019 comme God’s Got Guns, Money Game. Les breakdowns sont incessants, ça headbang sur scène et quand le groupe propose d’alourdir, ça ne plaisante pas ! Le bassiste se permet même un crowd-surfing tout en continuant à jouer, porté par un public arrivé en masse.

Direction la scène extérieure pour voir jouer Moonskin, première énorme surprise de ce festival, qui a fait l’unanimité des 3 membres de Pozzo Live. Prenez du Black, saupoudrez de Death avec une pincée de Doom et vous obtenez cet hybride qu’est Moonskin. Mené par une chanteuse de folie qui peut se permettre de passer du growl au scream à la voix claire à volonté. Groupe à suivre de très près !

Voici venu l’heure de voir les américains de PRONG, qui propose, après écoute de leurs albums, un groove metal bien sympathique.

Sauf qu’il s’agit de LA déception de cette journée, le trio montre une bonne technicité, avec des changements de rythmes incessants rythmés par une brutasse à la partie percussion qui fait résonner chaque coup de caisse claire comme un coup de feu. Malgré cela, c’est efficace, sans plus. Difficile de passer après Sidilarsen qui a mis le feu au festival. La salle se vide petit à petit mais les inconditionnels du groupe arborant les T-shirts du groupe semblent apprécier la prestation.

Attention mesdames et messieurs, voici venir LA tête d’affiche du soir, les grecs de Septicflesh pour clore cette première journée pour notre plus grand bonheur, dont celui de Christophe qui porte un de leurs T-shirts.

La scénographie est posée, l’intro démarre sur des notes toujours épiques et symphoniques typiques de leur style, les musiciens arrivent et c’est parti. La voix du gigantesque chanteur-bassiste fait toujours son effet et enfonce le clou en me mettant les poils une ou deux fois pendant ce live, bien joué ! La petite attraction du live a été le micro du chanteur qui s’est cassé la tronche pendant les 10 premières minutes du concert, provoquant la panique des techniciens. La discographie remplie de tubes de Septicflesh a été joué : Pyramid God, Anubis, Vampire from Nazareth, Communion, Prometheus, Dante’s Inferno, etc ! C’est propre, lisse, mais pas beaucoup de place à l’improvisation et donne un rendu identique aux albums studio, mais je n’hésiterai pas à y retourner !

Superbe première journée, la foule est motivée et remplie d’avertis des concerts et festivals de métal, on apprécie ! La sono était au top et le son pas trop fort, il ne m’aura fallu dégainer mes atténuateurs de son qu’une seule et unique fois.

Samedi

Pour la deuxième journée pour ce festival, on débarque pour Daturha.

Alors oui, j’ai un crush pour les groupes qui exploitent leur bassiste à fond et là, on y est ! Cette basse est omniprésente et le bassiste slap dat bass et rajoute un côté bien punchy aux compos. Le chanteur propose un chant guttural ou clair sans transition et très propre.

C’est le moment d’accueillir Arcania et leurs compos très orientées prog et death metal.

On commence direct par un mantra répété à l’infini par les instruments qui nous fait directement penser au style de Gojira (Global Warming). Le chanteur-guitariste possède également une voix proche de celle de Jo Duplantier. Le pogo démarre dès la troisième chanson sur les mélodies de folie du groupe, l’ambiance est survoltée. Un circle pit s’organise, ou plutôt un circle-sprint, je n’avais jamais vu les gens courir aussi vite, vous êtes des malades ! Arcania propose après un petit discours de nous jouer une composition datant de leurs 14 ans qui sonne très thrash et qui détonne pas mal par rapport au reste de leur setlist.

Direction la scène extérieure pour voir jouer le premier groupe de la journée, Nzgl.

Surprise de voir qu’il s’agit d’un super-groupe ! Le chanteur de Dathura en duo avec une chanteuse, le guitariste de Gorod et le bassiste d’Arcania qui nous propose des compos pas à moitié bourrin !

Pas le temps de souffler, Smash it Combo démarre aussi sec et ils sont survoltés !

2 chanteurs s’échangent sans cesse les paroles dans un exercice de jonglage qu’ils maîtrisent à 100% avec un très bon flow. Quand ils ne chantent pas, ils sautent partout et engagent des breakdown de folie. Ils n’ont clairement pas le temps ! On passe de hardcore à death metal en 2 chansons, à des sons djent avec les guitares à 8 cordes, ça déclenche des circle pits à répétition sur Spin The Wheel qui fleure bon la bande-son de GTA. Les références à la pop culture et plus particulièrement aux jeux vidéos comme Dark Souls ou encore Super Meat Boy avant d’envoyer Die and Retry confirment leur nom. Le public est déchaîné sur Hardcore Gamer, qui suit un sondage dans le public pour trouver les geeks présents ce soir. Un autre sondage opposant les meilleurs personnages d’anime entraîne un débat dans la foule et le groupe met tout le monde d’accord avec Baka.

Après cette séance de sport, place à la technicité et à la brutalité des Bordelais de GOROD.

Une chose à retenir : cette partie chant m’a mis les poils ! Le chanteur adopte une posture scénique qui me fait penser au jeu du vocaliste de Parkway Drive. Ils sont déjà canon sur album studio, en live on frise la perfection ! Les guitaristes sont en transe et adorent ce qu’ils font, le nombre de notes à la seconde est hallucinant. On a même le droit à une séance de triple tapping des guitaristes et du bassiste sur le titre de bon gros death old school State of Secret (2006). Ils savent gérer le rythme de leur setlist en temporisant l’excitation générale avec le titre éponyme de leur dernier album, Aethra, jouée façon slow. La fin du set est marquée par le tube de leur dernier album, Bekhten’s Curse. Les membres du groupes jouent avec les photographes et le chanteur se permet même un slam.

La scène extérieure accueille pour cette entracte le groupe Seasons qui propose de suivre une histoire diffusée sur écran ponctuée de chansons très orientées prog. Un chanteur et un guitariste composent le groupe et permettent une pause bien fraîche après la dérouillée que l’on vient de prendre.

Une heure de mise en place plus tard, les Tambours du Bronx débarquent devant une salle pleine à craquer, c’est le public le plus dense depuis le début du festival !

En plus d’un public nombreux, les gens sont chauds ! On récupère sur scène 3 chanteurs et 10 percussionnistes sur les fameux fûts, habillés pour la première chanson, mais qui tombent rapidement le haut quand les choses sérieuses commencent avec Roots Bloody Roots de Sepultura ! Circle pits, slam, wall of death, tout y passe. Les batteurs offrent des chorégraphies synchronisées tout en assurant un show efficace, qui semble tout de même très répétitif une fois 7-8 chansons passées.

Et voici la deuxième énorme surprise du festival, on entend sur la scène extérieure une sorte de black survitaminé, rapide et violent. Acedia Mundi est en train de… jouer on dirait ?

Le guitariste court partout dans le public, rejoint par le bassiste (avec un câble, pratique) qui va mosh dans les premiers rangs. Ah, le chanteur saute aussi dans le public, le batteur se sent un peu seul sur scène. Christophe craque pour leur dernier CD et on se dit qu’on ira les voir en concert quoi qu’il arrive, quelle claque !

La seconde tête d’affiche de ce samedi se fait attendre, 30 minutes de retard sur le programme et une foule qui s’amasse devant les portes de la salle afin d’assurer une bonne place pour Le Bal des Enragés.

La scène a radicalement changée, podium, enseigne lumineuse du Bal des enragés et surtout tellement de monde dans le pit ! Quand les artistes débarquent, c’est le défilé, le super-groupe rassemble une quantité de chanteurs et de musiciens impressionnante. La setlist est très variée : Salut à toi des Béru, Ace of Spades, Sugar, Blitzkrieg Pop, Dancing with Myself, etc. Le passage remarqué d’une ambiance à la Rammstein avec spectacle de disqueuse et d’étincelles m’a bien fait penser à Cradle of Filth au Hellfest en Juin dernier ! On enchaine avec Roots Bloody Roots, Master of Puppets, Hurt, Give it Away des RHCP (avec un slam debout du chanteur, la grande classe). Le rythme ne descend jamais et les artistes sont loin d’en avoir fini avec nous, ils enfoncent le clou avec Rage Against the Machine, Antisocial et un hommage au groupe Parabellum avec Mort aux vaches. Le groupe passant en dernier, il profite d’un set rallongé (2h15 de live) avec les courageux qui seront restés jusqu’au bout, à plus de 2 heures du matin ce dimanche.

Bref, on y retourne ?

Carrément ! Pour sa huitième édition et ma première participation, l’ambiance de ce festival à taille humaine est très chaleureuse et la programmation au top. Permettre de faire passer des groupes internationaux, nationaux et locaux au sein de la même journée sur la même scène est une chance, le tout pour un prix plus que raisonnable et ce, aux portes de Paris. L’ajout de la scène supplémentaire « d’entracte » est une super idée et permet de respirer à l’air libre tout en passant à la buvette. Rendez-vous l’année prochaine !