Lorna Shore, Whitechapel, Shadow of Intent, Humanity’s Last Breath, point. Quand cette affiche de tournée a été révélée, prenant place sous les voûtes de la Halle Tony Garnier, c’était déjà clair : nous tenions la plus grosse date Deathcore de 2026. À l’heure où j’écris ces lignes, je ne vois toujours pas de concurrent sérieux à Lyon pour détrôner ce qui a été un concert absolument sublime, du premier au dernier groupe. Je vous raconte.

Déjà, ça a démarré par les Suédois de Humanity’s Last Breath, dont la lourdeur rythmique est un crédo. La lourdeur de leurs compositions, accentuée par l’accordage très bas des guitares et la polyrythmie complexe de leur écriture, constitue une base sur laquelle s’appuie Buster Odeholm pour déposer un chant tout aussi lourd. Si la sous-exploitation des lumières pour souligner le côté sombre de leur musique a rendu la production de photos difficile, nul doute que ça a permis aux 4500 spectateurs de ce soir-là de s’immerger dans les limbes artistiques du groupe.
En bref, une entrée en matière puissante et sans concession qui a probablement desserré quelques boulons de la structure métallique de la salle.

Ensuite, Shadow of Intent. J’aime à dire que ce groupe, c’est un peu Lorna Shore avec un chanteur qui a mangé le plat de Will Ramos à la cantine (je vous laisserai en juger via les photos). Si l’esthétique musicale est très proche de Lorna Shore dans l’approche des compositions, on n’est, il faut le reconnaître, pas au niveau de propreté des productions de ces derniers. Pour autant, le fait que Shadow of Intent n’ait pas la même notoriété que Lorna Shore semble les pousser à aller plus loin dans les prises de risque créatives, avec par exemple, à mon goût, des solos de guitare bien plus complexes et travaillés, notamment dans le dernier opus sorti il y a peu.
Leur positionnement dans la soirée est parfait : par leur proximité stylistique avec Lorna Shore, le fait que Whitechapel s’interpose entre Shadow of Intent et Will et sa bande permet de ne pas avoir une overdose de ce style, et de pouvoir apprécier l’œuvre de Shadow of Intent à sa juste valeur sans la comparer instantanément à Lorna Shore.

Whitechapel, justement, dernière mise en bouche avant les maîtres de cérémonie, ont encore une fois tout cassé. Si Shadow of Intent avait déjà fait monter haut le mercure, Phil Bozeman a pris à cœur d’en rajouter une couche, prouvant au passage sa supériorité dans le domaine du chant dans le genre. Tel un bon vin, sa voix devient de plus en plus riche et puissante au fil des années de maturation, et déjà la sortie de leur dernier album avait prouvé sa maturité vocale ; ce soir, c’est la confirmation : c’est le patron.
Whitechapel a giflé un à un chaque spectateur de la soirée avec un rouleau compresseur rythmique et un hymne à la dissonance absolument magistral. Le fait est qu’on aurait pu en rester là sur cette soirée, et ça aurait déjà été merveilleux.

Mais non, ce n’est pas fini, car il reste le gros morceau : Lorna Shore. Et le groupe a le vent en poupe, avec une ascension fulgurante et maîtrisée. Sous les arches métalliques de la Halle Tony Garnier, le groupe a mis le feu à la salle, au sens propre comme au figuré, avec un set particulièrement léché, porté par une esthétique visuelle sur écran qui sublimait la mise en scène. On a retrouvé un Will Ramos en pleine forme, qui assume pleinement son rôle de frontman tout en laissant la place à ses musiciens pour s’exprimer pleinement.

Un final de soirée en apothéose avec une setlist qui fait la part belle au petit dernier, tout en offrant en guise de dessert la trilogie Pain Remains et un To The Hellfire de toute beauté pour clôturer la soirée.

























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