Après l’avoir débuté à Lyon, c’est à Paris, à l’Accor Arena, que Rosalía poursuivait le Lux Tour le 25 mars dernier.
Acto 1
Dès l’entrée dans la salle, nous sommes plongés dans l’ambiance. Sur la scène se dresse une immense toile, à l’envers, comme si nous nous trouvions derrière un tableau. Dans la fosse trône une seconde scène, celle-ci en forme de croix.
Pas de première partie, c’est l’arrivée d’un orchestre sur la seconde scène qui annonce le début du concert. Lentement, le tableau s’ouvre et l’on s’active sur la scène principale. Au milieu de celle-ci, une boîte que l’on s’empresse de faire apparaître puis d’ouvrir, révélant Rosalía vêtue d’un tutu rose.
C’est ainsi que l’Accor Arena se retrouve plongée dans l’acte 1 de ce show à l’américaine. Sexo, violencia y llantas démarre et nous avons la très bonne surprise de voir les paroles traduites en français sur un écran dédié, au-dessus de la scène. Une belle touche pour les spectateurs non hispanophones.
À la fin de Reliquia, Rosalía est transportée au devant de la scène telle une poupée, sans qu’elle ne bouge. La transition est parfaite pour la prochaine chanson, Porcelana. C’est ensuite Divinize qui résonne dans la salle, et les danseuses se lancent dans une chorégraphie sublime, faisant voler de longs voiles fins sur scène.
Ce n’est qu’après cette chanson, et une fois la tête recouverte d’un très long voile blanc, que Rosalía prend enfin la parole pour saluer le public, déjà conquis après seulement quatre morceaux. Dans un français parfait, l’espagnole nous exprime sa joie d’être ici, avant de retrouver son sérieux pour interpréter l’une des plus belles chansons de son dernier album : Mio Cristo piange diamanti. Une fragilité déconcertante, une mise en scène épurée et voilà l’Accor Arena ensorcelé.
Acto 2
Le tableau s’est à nouveau fermé, et sur les écrans géants apparaissent les danseurs, filmés dans les coulisses. L’un après l’autre, ils imitent Rosalía, distraction tout à fait bienvenue après ce moment d’émotions.
Lorsque la toile s’ouvre à nouveau, c’est sur les premières notes de Berghain. Rosalía apparaît dans une nouvelle tenue, toute de noir vêtue, des cornes ornant son crâne. On le comprend rapidement : ce nouvel acte est dédié à la fête et aux morceaux plus entraînants. La chorégraphie occupe toute la scène, et l’ajout en fin de morceau d’une partie du remix de Conrad Taylor ajoute à l’atmosphère, transformant la salle en une immense boîte de nuit.
“Alors Paris, ça dit quoi ? Vous voulez encore bouger vos fesses ? J’adore vous voir danser.” Bien que les mots puissent faire rire, c’est tout à fait réel, et le début de SAOKO nous fait rester dans cette ambiance dansante et festive.
La fête, donc, puisqu’elle nous le rappelle elle-même : il s’agit du 4ème anniversaire de la sortie de l’album MOTOMAMI. Peu étonnant donc que les deux morceaux suivants en soient extraits : LA FAMA et LA COMBI VERSACE s’enchaînent dans une ambiance toujours survoltée, avant que cette partie du set ne se termine sur De madrugá.
Acto 3
Juste avant cet acte 3, le tableau est à nouveau clos, et nous assistons cette fois à un intermède musical mené par les percussions, avant que l’orchestre ne les rejoigne. Lorsque la toile s’ouvre, Rosalía apparaît dans une nouvelle tenue. Une longue robe blanche, cette fois, accompagnée de gants noirs.
El redentor ouvre cet acte, et la chanteuse s’installe derrière un cadre, dans une mise en scène qui rappelle La Joconde. La chanson suivante est une cover de Can’t take my eyes off you, de Frankie Valli, et Rosalía sort de son cadre pour venir à la rencontre de certains fans présents sur scène.
On assiste alors à une scène aussi surprenante que drôle lorsqu’un confessionnal est apporté sur scène et que Rosalía s’y enferme avec un fan – en réalité l’influenceur Lyas. Une confession filmée au sujet d’une relation amoureuse… Pas si amoureuse que ça, et voilà un public hilare et prêt à passer à la suite du show.
La perla se joue sur un fond noir, et la chorégraphie est impressionnante. On ne distingue pas les danseurs – vêtus entièrement de noir – mais seulement leurs mains gantées de blanc, qui s’agitent autour de Rosalía, la soulèvent parfois dans les airs, vont jusqu’à cacher son visage tandis qu’elle continue de chanter.
Pour la chanson suivante, Rosalía s’installe sur un piano, et s’y fait servir un verre de vin blanc. Aussitôt, le public comprend et des milliers de flashs de téléphone illuminent l’Accor Arena. La chanteuse entonne Sauvignon Blanc sous une pluie de confettis, et finit même par faire un ange de confettis, allongée sur le piano.
La yugular sera la dernière chanson de cet acte, avant une ‘art cam’ sur le principe des kiss cam américaines : on filme le public à la recherche d’un ou plusieurs fans ressemblant à des tableaux de maîtres. Un moyen divertissant et plutôt unique de passer quelques minutes de pause – surtout quand les fans jouent le jeu et prennent la pause !
Intermezzo
Nouvelle partie, nouvelle tenue. Rosalía entre en scène pour Dios es un stalker vêtue d’une jupe et d’un corset, retour au thème de ballerine du début du concert. Durant la chanson, Rosalía fend la foule pour se diriger vers la scène B et rejoindre l’orchestre. Elle nous interpelle alors et nous demande si nous sommes prêts pour une rumba. La rumba del perdón, puis CUUUUuuuuuute termineront ce court interlude.
Acto 4
Cette fois-ci, Rosalía s’est débarrassée de sa jupe et apparaît en short, les bras recouverts de longues manches à froufrous qui font un peu penser à des ailes. C’est sur BIZCOCHITO que démarre ce quatrième et dernier acte, suivi de très près par DESPECHÁ. Sur cette dernière, les danseurs sont d’ailleurs eux-mêmes affublés d’ailes blanches, leur donnant un air angélique.
Sur Focu ’ranni, dernière chanson du set, Rosalía se retrouve pieds nus sur scène, courant et dansant entourée de ses danseurs, donnant l’illusion d’une nuée d’oiseaux volant sous nos yeux. Lorsqu’arrive la fin, la chanteuse monte en haut d’un podium, écarte les bras, et tombe en arrière. On a alors l’impression d’une chute avant une renaissance, ou peut-être l’envol d’un cygne.
L’encore n’est nulle autre que Magnolias, que la chanteuse performe entièrement seule sur scène, les épaules recouvertes d’une cape en dentelle. Une fin magistrale pour un concert sublime. Les références aux beaux-arts s’y sont succédées et l’on en ressort des étoiles plein les yeux, bercés par la voix incroyable de Rosalía.
Setlist
- Sexo, violencia y llantas
- Reliquia
- Porcelana
- Divinize
- Mio Cristo piange diamanti
- Berghain
- SAOKO
- LA FAMA
- LA COMBI VERSACE
- De madrugá
- El redentor
- Can’t Take My Eyes Off You
- La perla
- Sauvignon blanc
- La yugular
- Dios es un stalker
- La rumba del perdón
- CUUUUuuuuuute
- BIZCOCHITO
- DESPECHÁ
- Novia robot
- Focu ‘ranni
- Magnolias

























