Ce vendredi 7 février 2020 il fait un peu frais, mais Sabaton va vite réchauffer l’atmosphère. Quelques mois après avoir enflammé le Knotfest et le Hellfest à Clisson en juin, la bande de Joakim Brodén est de retour pour un Zénith impatient d’en découdre. 

Le gigantesque rideau “Sabaton” est trône déjà devant la scène et fatalement les roadies viennent le déposer avant l’arrivée du premier groupe. L’imposant décor est en grande partie déjà installé. Si le fond de scène de la première partie, ainsi que des tissus sur les côtés en dissimule une majorité, les barbelés et autres barricades de tranchées sur le devant de la scène sont bien visibles. Mais bon on fera semblant de n’avoir rien vu pour garder la surprise.

Les pays nordiques sont à l’honneur ce soir. Le premier groupe à faire leur entrée sont les compatriotes suédois d’Amaranthe. Après une intro, la bande arrive pour entamer Maximize. Le groupe ayant beaucoup tournée en France avec Powerwolf l’an dernier semble avoir des adeptes. L’ambiance est déjà électrique et la foule répond aisément à tous les “hey ! hey!” de la frontwoman et aux levers de bras qui vont avec.

Digital World et Hunger connaissent un succès similaire auprès du public. Le groupe connait beaucoup de détracteurs d’une manière générale, mais la plus grande majorité des gens présents semble pris au jeu des musiques rock jumelées aux penchants électro des bandes sons qui passent en fond. La recette des trois chanteurs y est probablement pour quelque chose. Le chant clair d’Elize Ryd et de Nils Molin se marie très bien avec le guttural de Henrik Englund.

Sur That Song le groupe entraîne le public à faire un enchaînement de “clap ! clap ! hey !” qui nous rappelle étrangement une chanson de Queen. Mais comme il faut toujours rendre à Queen ce qui appartient à César, Nils profite du pont de la chanson pour réciter un couplet de “We Will Rock You“.

C’est au tour des finlandais d’Apocalyptica. Un drap blanc et noir est tendu en fond de scène, rappelant le design de leur dernier opus Cell-0. Un projecteur diffusera des images dessus tout le long de la prestation. Pour l’heure ce sont des images de chantier de construction d’immeubles avec des fortifications métalliques, et c’est Ashes of the Modern World qui ouvre le set.

Après Path et En Route to Mayhem on voit revenir sur scène la chanteuse Elize Ryd. Elle accompagne les violoncellistes sur une douce reprise de Seemann de Rammstein et sur le titre I Don’t Care chanté initialement par Adam Gontier (Saint Asonia, ex-Three Days Grace).

Si les reprises marchent en général très bien, celles de Metallica d’autant plus. un Seek and Destroy parfaitement maîtrisé embarque la foule, qui démarre même un pogo et chante les paroles avec ardeur. Il en va de même quand Perttu Kivilaakso joue les premières notes de la Marseillaise. Il n’en faut pas plus à la foule pour chanter l’hymne en entier bien après que le musicien ait posé son archer.

La dernière chanson est bien évidemment la culte reprise de Nothing Else Matters de Metallica, reprise en chœur par le public.

Pendant l’entracte le grand rideau de devant de scène est réinstallé, les roadies s’affairent à finir l’installation des décors manquants. La lumière s’éteint et l’intro est lancée.

Le public trépigne et le rideau tombe, un coup de feu d’artifice est tiré depuis l’avancée de scène et Ghost Divisons démarre. Le décor est grandiose, la technique est au point. Des gerbes de feu sont lancées sur la chanson Great War. Pour The Attack of the Dead Men, Sabaton sort les masques à gaz. Si les musiciens les enlèvent rapidement pour pouvoir chanter les chœurs dans leur micro, le frontman le garde tout le titre, avec apparemment un micro de tête à l’intérieur. Si son accoutrement, avec notamment une espèce de canon et réservoir dans le dos, laisse s’échapper une petite fumée du plus bel effet, notre œil d’enfant regrette un peu qu’il ne soit pas actionné pour voir le type de projectile qui pouvait en sortir.

Après The Lost Battalion, le chanteur Joakim Brodén nous présente un bel avion à hélice, qui, vu de dos, se trouve être un piano. Il joue trois notes en nous introduisant un “chant traditionnel suédois” qui est souvent chanté pendant des beuveries et qui fait : “Ikea ! Ikea !”. Meilleure auto-dérision de l’année !

Le chanteur laisse alors la place à un pianiste, déguisé en aviateur, pour la chanson Red Baron. A la fin de Night Witches le frontman prend un bazooka et tire une fusée en direction du fond de la scène. Un noir scénique s’en suit et lorsque la lumière se rallume on peut constater que le groupe Apocalyptica est de retour, sur l’estrade du fond de scène. C’est ensemble que les deux groupes interprètent Angels Calling.

Joakim présente à nouveau ses amis finlandais et précise qu’il attendait de longue date de pouvoir jouer en France la chanson suivante, qui aborde une histoire militaire française : Fields of Verdun.

Pour Dominium Maris Baltici les membres de Sabaton sont allés se vêtir d’un manteau d’officier militaire le temps que les violonistes (qui resteront jusqu’au rappel) jouent l’intro de la chanson. The Lion From the North et Carolus Rex finissent le set, puisque tous les musiciens viennent nous saluer sur le devant de scène et Joakim Brodén ajoute qu’il est temps d’aller au lit en nous souhaitant “Bonne nuit” en français.

Evidemment le public ne souhaite pas en rester là et scande “Sabaton !” de vive voix (certains farceurs tentent vainement d’embrigader la foule à crier “Manowar !”). Le groupe revient pour le culte Primo Victoria qui fait sauter toute la foule au rythme du morceau. Le titre Bismarck, sur les kayakistes de la guerre, voit une grande partie de la fosse s’asseoir spontanément par terre pour faire un rameur géant.

Enfin, après Swedish PagansTo Hell and Back fini de sortir les dernières pyrotechnies et artifices. Les canons installés sur les côtés de la scène lâchent leur réserve de prospectus propagandistes du groupe, et le tank au milieu du décor donne un coup de canon final à toute cette soirée.

Une soirée à l’ambiance survoltée, une affiche de luxe. Les suédois de Sabaton sont définitivement d’une efficacité à la hauteur de leurs chansons.

1. Ghost Division
2. Great War
3. The Attack of the Dead Men
4. Seven Pillars of Wisdom
5. The Lost Battalion
6. The Red Baron
7. The Last Stand
8. 82nd All the Way
9. Night Witches
Partie avec Apocalyptica
10. Angels Calling
11. Fields of Verdun
12. The Price of a Mile
13. Dominium Maris Baltici
14. The Lion From the North
15. Carolus Rex

Rappel
16. Primo Victoria
17. Bismarck
18. Swedish Pagans
19. To Hell and Back

Report: Gaël ; Photos: Justine

Retrouvez notre interview de Perttu Kivilaakso, qui nous parle de Cell-0.

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