Le groupe suisse Annie Taylor revient en force avec un nouvel album, “Out of Scale”, attendu pour le 22 mai chez Clouds Hill, et un premier extrait déjà dispo, le single “Lucidity”. Avec ce nouveau chapitre, Annie Taylor confirme qu’il faudra compter sur eux dans le game indie rock.


Un nouvel album entre grunge, psyché et nuits d’été
Au départ, Annie Taylor, c’est une rencontre de bar après une session snowboard dans les montagnes suisses. Pas vraiment le cliché du groupe formaté. Pourtant, au fil des années, le quatuor a retourné pas mal de scènes, de SXSW et Levitation à Austin jusqu’au Great Escape à Brighton, sans oublier le Reeperbahn Festival à Hambourg. Autant dire qu’en live, le groupe sait faire monter la température dans la salle.
Avec “Out of Scale”, le groupe pousse encore plus loin son son. Chaque titre a sa propre vibe, tout en s’enchaînant comme une bonne setlist de fin de soirée. Tu passes d’un mur de guitares saturées et d’une rage grunge assumée à des boucles psyché hypnotiques, puis à un morceau presque chuchoté, tout en retenue. On navigue quelque part entre Courtney Barnett et Wet Leg, avec ce mélange d’ironie, de fragilité et de gros bourdons de guitare.
Une grosse partie des nouveaux morceaux a été écrite l’été, à Zurich, quand la ville se vide. La chanteuse Gini Jungi parle de crème solaire, de sel sur la peau, de robes d’été et de temps qui s’étire. Parfois, ça rime avec liberté totale, ces nuits qui se construisent sans plan et finissent on ne sait où. Parfois, au contraire, elle se retrouve seule sur la moquette, guitare en main, entre manque, gratitude et idées noires.
Sur “Out of Scale”, Annie Taylor creuse surtout les thèmes de l’amitié et des relations amoureuses. On y retrouve ce sentiment de sécurité qu’on cherche tous, mais aussi cette montée d’euphorie quand quelqu’un t’ouvre les yeux sur la beauté du monde. Puis, peu à peu, les fissures arrivent. Les doutes. Le moment où tu réalises que quelque chose cloche, que tu n’es ni la réponse ni la solution de l’autre. Et ça, le groupe le transforme en énergie brute, taillée pour la scène.
“Lucidity” : nuits blanches, pizzas et gros riffs
Pour lancer la machine, Annie Taylor dégaine “Lucidity”, premier single et vrai concentré de ce que le groupe sait faire de mieux. Tu retrouves des riffs de guitare ultra mélodiques, une batterie qui te fait hocher la tête sans que tu t’en rendes compte, et surtout la voix hyper reconnaissable de Gini Jungi, à la fois claire et un peu éraillée par la vie.
Le morceau tourne autour de ces longues nuits qui se construisent sur un coup de tête, guidées par la curiosité et cette étrange clarté qu’on peut avoir à trois heures du matin. Gini résume ça avec une phrase qui sent la terrasse de bar en été : “Oh yes gimme some lime, I make an order for two! This song is about life, love and long nights that end up with eating pizza at 4AM”. Tu vois le tableau : tu sors, tu traînes, tu refais le monde, puis tu termines devant une part de pizza tiède, un peu lessivé mais étrangement lucide.
Visuellement, l’univers de “Out of Scale” suit la même logique. Le concept a été imaginé par Kevin Högger, Studio Végété, et Quentin Lacombe. Ça mélange graphisme contemporain, art expérimental et esthétique pop. En gros, ça ne rentre pas dans les cases, un peu comme la musique du groupe. Le disque revendique d’ailleurs le non-conformisme comme étendard. Même le nom Annie Taylor vient de là : Annie Edson Taylor, prof américaine au destin chaotique, première personne à se jeter des chutes du Niagara dans un tonneau en 1901. Elle s’en est sortie avec une blessure à l’arrière de la tête. On a vu pire.
Tout au long de l’album, le groupe reste très cru, très intime. “Out of Scale” te pousse clairement à ne pas rester coincé sur place. À rêver encore, à te réinventer même quand tout semble bloqué. Et franchement, ça donne envie d’entendre ces nouveaux morceaux en concert, dans une salle bondée, les bras en l’air sur “Lucidity” avant d’enchaîner sur un titre plus calme comme “Silence” ou “The Ocean”. La tracklist annonce un vrai voyage, de “Alligator” à “Places”, et on sent déjà le potentiel de bombes en live.
Alors, tu te laisses tenter par Annie Taylor et son “Out of Scale” ? File écouter “Lucidity”, imagine-toi dans la fosse avec un gobelet en main, et dis-nous si toi aussi tu sens venir l’album qu’on va garder longtemps en rotation.
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