Les Belges d’Emptiness reviennent hanter les marges de l’extrême avec “Nowhere Speaks”, à paraître chez Season of Mist. Douze ans après “Nothing But The Whole”, le groupe rouvre brutalement la porte qu’il avait claquée, reprenant le fil exactement là où tout s’était interrompu. Un nouveau chapitre qui s’annonce dense, physique et aussi insaisissable que fascinant.

Un retour attendu dans les ténèbres

Formé à Bruxelles en 1998, Emptiness s’est imposé au fil des années comme l’une des formations les plus singulières de la sphère extrême. Issu du black et du death metal, le groupe a rapidement étiré les frontières du genre pour en faire un véritable terrain d’expérimentation, construit sur l’atmosphère, la tension et la transformation permanente.

Avec des albums comme “Oblivion” (2007), “Error” (2012) ou “Nothing But The Whole” (2014), Emptiness a forgé une identité à part, capable de mêler violence brute, gestion du silence et architectures sonores déroutantes. La mue s’est poursuivie sur “Not For Music” (2017), où le groupe prenait ses distances avec le metal pur et dur pour flirter avec le goth, l’indus et le post-punk.

En 2021, “Vide” marquait une rupture totale : un disque dépouillé, sans distorsion, chanté en français et enregistré en isolement, comme un écho aux états de confinement et de désorientation sensorielle. Avec “Nowhere Speaks”, Emptiness opère un nouveau virage, sans revenir en arrière pour autant.

“Nowhere Speaks” : la suite directe de “Nothing But The Whole”

La grande particularité de ce nouvel album, c’est qu’il reprend précisément là où “Nothing But The Whole” s’arrêtait. Le cut brutal qui clôturait le disque de 2014 n’était pas une erreur : “Nowhere Speaks” démarre mid-riff, mid-phrase, mid-thought, dans cet espace suspendu qui a obsédé une partie des fans pendant plus d’une décennie.

Cette fois, Emptiness choisit la densité et le choc physique. En contraste total avec l’isolement sans distorsion de “Vide”, “Nowhere Speaks” a été longuement préparé – quatre années de travail avant d’enregistrer la moindre note – puis capté en conditions live en studio, au Blackout Studio de Bruxelles. Le groupe revendique un univers régi autant par la pression que par le silence, indifférent à la présence de l’auditeur et rétif à toute narration classique.

L’album se déploie comme un territoire immense, presque déshumanisé, où la logique interne prime sur tout le reste. On reste dans l’ADN avant-gardiste du groupe, entre death et black metal déformés, avec un goût prononcé pour la dissonance et les climats oppressants qui parlera aux amateurs de Portal, Neurosis, Ulcerate ou Deathspell Omega.

Voici la tracklist officielle de “Nowhere Speaks” :

  • Nothing But The Whole (Part 2) (01:19)
  • The Threat (04:07)
  • Nowhere Speaks (05:37)
  • Darkness Commands (01:02)
  • Words To Wind (08:24)
  • One Must See All (01:29)
  • When The Whole Arrives (05:43)
  • The Clash Of Forces (03:08)
  • Next In Line (04:15)
  • All For Nothing (06:37)

Une entité autonome en perpétuelle mutation

Depuis “Vide”, Emptiness fonctionne en totale autonomie artistique. Jérémie Bézier, bassiste et chanteur, prend en charge toute la production, du mix au mastering, tandis qu’Olivier J.L.W. dirige l’univers visuel, de la pochette aux images associées au projet. Autour d’eux, on retrouve Simon L. à la guitare, Dea Hydra aux synthés et Laye Louhenapessy à la batterie, pour un line-up resserré mais entièrement investi dans cette nouvelle ère.

“Nowhere Speaks” est pensé comme une nouvelle étape d’une trajectoire qui refuse la ligne droite. Chaque disque d’Emptiness semble sortir des entrailles du précédent, sans véritable début ni fin, comme si le groupe écrivait une seule et même œuvre fragmentée. Ici, le cycle entamé avec “Nothing But The Whole” se boucle sur ses propres termes, tout en ouvrant déjà de nouvelles brèches.

Si tu cherches un album confortable, tu n’es clairement pas au bon endroit. Mais si tu aimes les expériences extrêmes, les atmosphères qui s’infiltrent sous la peau et les groupes qui refusent de se répéter, Emptiness risque de te happer une fois de plus. “Nowhere Speaks” confirme une chose : ce groupe belge ne suit pas la scène, il trace son propre labyrinthe.


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