Si tu aimes quand le heavy rock sent la taverne enfumée, les vieilles légendes et les guitares chaudes, garde un œil sur Fable. Le groupe espagnol déboule avec son tout premier EP, “Long Hath the Night Dwelt”, qui sort le 22 mai chez Dying Victims Productions, en CD et en vinyle. En à peine 22 minutes, le trio de Murcie réussit à convoquer l’esprit des seventies et des eighties, tout en racontant une histoire de révolte et de lutte des classes façon conte médiéval tordu. Et franchement, ça fait du bien d’entendre un projet neuf qui préfère la narration à la démonstration.

Entre heavy 70’s et fable sombre

Fable, à la base, c’est le bébé de Jose Soler, que tu as peut‑être déjà croisé avec Phantom Spell ou Chantrice. Ici, il pose la batterie et les guitares avec une affection évidente pour le hard rock et le heavy metal des années 70/80. D’emblée, on sent des parfums de Thin Lizzy, Whitesnake, Pagan Altar, Ashbury ou encore Hällas, mais sans que ça tourne au cosplay rétro. Au contraire, l’EP de Fable sonne chaleureux, intime, presque comme un vieux vinyle que tu redécouvres un soir de pluie.

L’EP s’ouvre sur un prélude narré qui plante le décor: une forêt, un peuple dominé par “The Owl”, figure d’oppression à la main de fer. Rapidement, la voix d’Alberto de Lara prend le relais, en mode barde plus que frontman, avec ce timbre de “sage fatigué” qui colle parfaitement à l’ambiance. Pendant ce temps, la basse de Miguel M. Menárguez déroule tranquillement, soutenant des riffs qui refusent de surjouer. Du coup, la tension monte à petits pas, sans esbroufe, et tu te laisses embarquer presque sans t’en rendre compte.

Ce qui frappe, c’est la manière dont la musique raconte autant que les paroles. Les morceaux serpentent, changent de couleur, mais gardent toujours ce côté “feu de cheminée dans une auberge perdue”, avec une distance presque ancestrale. On pense à ces vieux contes transmis autour d’une table en bois, sauf qu’ici, la table vibre de soli bien sentis et d’ambiances heavy bien épaisses.

Cinq titres, un univers complet

Sur le papier, cinq pistes pour 22 minutes, ça peut sembler léger. Pourtant, chaque morceau joue un rôle précis dans la setlist interne de l’EP. Après le “Prelude”, tu te prends “The Owl”, véritable pièce maîtresse qui incarne l’oppresseur de la fable. Les guitares y avancent avec une patience presque prog, tandis que le refrain reste immédiatement mémorisable. Ensuite, “The Oak” vient poser un décor plus contemplatif, sans perdre l’intensité. Là encore, la dynamique fait le taf: ça respire, ça retient les coups au lieu de tout balancer d’un bloc.

Puis arrive “The Funeral – March to the Black Mountain”, moment clé où le ton se durcit. Tu sens la marche, la détermination, la révolte qui gronde sous la surface. Les riffs se font plus solennels, la rythmique avance comme une procession sombre, et tu visualises presque la scène dans ta tête. Enfin, “The Moon” referme le rideau avec une atmosphère plus nocturne, presque mystique, qui laisse l’histoire en suspens plutôt que de tout expliquer. Résultat, tu ressors avec l’impression d’avoir vécu un vrai chapitre d’une saga, pas juste une démo un peu jolie.

D’un point de vue son, Fable joue clairement la carte de la chaleur analogique. Rien n’est surcompressé, rien n’agresse. Les arrangements restent sobres, mais chaque détail semble posé avec soin. En plus, l’artwork signé Álex Bustillo complète parfaitement le tableau: tu as presque envie d’attraper l’édition vinyle beige/brown splatter, avec insert, poster, patch et tout le tralala, juste pour prolonger le voyage. Et si tu es plutôt team CD, tu as aussi ta version avec sticker et obi, histoire de garnir dignement ta étagère.

Une nouvelle voix dans le heavy narratif

Avec “Long Hath the Night Dwelt”, Fable ne réinvente pas le heavy rock, mais il lui redonne une dimension qu’on ne croise pas tous les jours: celle du conte cohérent, pensé de A à Z. On sent que le trio n’a pas voulu blindé l’EP de morceaux purement “efficaces” pour les playlists. Au contraire, tout est construit pour servir l’histoire de ces woodsfolk écrasés par “The Owl”, sans jamais sacrifier les mélodies ni les riffs qui restent en tête.

Si tu vibres pour les groupes qui mélangent feeling old school, atmosphère médiévale et sens du storytelling, tu devrais clairement jeter une oreille à cet EP. Entre les influences assumées, la classe de la production et ce côté “premier chapitre” très prometteur, on a le sentiment d’assister à la naissance d’un univers qui pourrait devenir addictif. Et comme Dying Victims Productions a soigné les différentes éditions physiques, tu peux déjà préparer ta place sur l’étagère à côté de tes classiques 70’s/80’s préférés.

Bref, la nuit a peut‑être “longuement demeuré”, comme le dit le titre, mais pour Fable, c’est clairement l’aube de quelque chose. Tu ferais bien de rentrer dans la forêt dès maintenant, avant que “The Owl” ne ferme la porte.


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