KAEDERIC débarque avec un nouvel EP qui ne cherche clairement pas à te caresser dans le sens du poil. Avec « Dazzling Horses », le projet alternatif/metal balance quatre titres tendus comme des arcs, où chaque riff sent la sueur, la rage et la lucidité brute. Dès la première écoute, tu sens que ce n’est pas juste un disque de plus dans la pile, mais un vrai point de rupture.
Un parcours hors norme pour une musique sous tension
À la base de KAEDERIC, il y a un fondateur au parcours totalement atypique. Avant de tout miser sur la musique, il est passé par les sélections des forces spéciales. Forcément, ça laisse des traces. On retrouve cette intensité presque militaire dans la manière dont les morceaux sont construits, serrés, précis, toujours sur le fil. Pourtant, il a claqué la porte de l’institution pour garder son indépendance totale, et ça s’entend à chaque seconde.
Le projet voit le jour en 2023, mais avec « Dazzling Horses », on sent qu’il atteint une première vraie mue. Entre alternative et metal, KAEDERIC préfère creuser son propre sillon plutôt que coller à une étiquette. Les guitares prennent de la place, évidemment, mais les synthés viennent souvent ajouter une tension supplémentaire, presque cinématographique, qui donne un relief particulier à l’ensemble.
Derrière cette énergie, il y a aussi un combat plus intime. Le fondateur utilise la musique comme territoire d’expression, mais aussi comme champ de résistance face à une maladie chronique. Du coup, chaque titre ressemble à une bataille, jamais gagnée d’avance, où la survie et la lucidité se percutent. Tu ne trouves pas ici des textes jetés à la va-vite : tout est pensé, vécu, et surtout assumé.
Quatre titres, quatre coups de poing
L’EP « Dazzling Horses » enchaîne quatre morceaux, et chacun explore un front différent. On commence avec « Lie », qui ouvre la marche en s’attaquant de plein fouet au mensonge, qu’il soit intime ou politique. Tu sens une colère froide, presque analytique, portée par un chant habité et des guitares qui tracent tout droit. Ça pose direct le décor : ici, on ne se ment pas, même quand ça fait mal.
Ensuite, « Pearls of blood » débarque et t’embarque dans le thème de la surconsommation. Le titre dégage une sensation d’étouffement, comme si chaque couche sonore ajoutait un poids de plus sur la poitrine. Pourtant, la dynamique reste addictive, un peu comme ces habitudes qu’on sait toxiques mais qu’on continue de nourrir. Tu passes de la contemplation à la révolte en quelques mesures, sans vraiment voir le moment où ça bascule.
Avec « Brother », l’EP ose aborder le droit à mourir. Là, KAEDERIC ralentit la cadence émotionnelle pour frapper encore plus fort. La voix se fait plus vulnérable, mais jamais plaintive. Au contraire, le morceau garde cette intensité digne d’une fin de setlist, quand tout le monde est rincé mais tient encore debout par principe. C’est le genre de titre qui reste dans un coin de la tête longtemps après la dernière note.
Enfin, « Horses » referme le rideau avec un virage autour des substances qu’on s’injecte, choisies ou imposées. Le morceau sonne comme une cavalcade intérieure, instable, parfois presque hallucinée. En guest, Nicolas Liesnard vient poser basse et claviers, ce qui épaissit encore le climat. Les synthés de David Couturier et les guitares de Mathieu Orain tissent un décor dense, tandis que la batterie de Romain Bercé maintient la tension jusqu’à la dernière seconde. Tu as l’impression d’assister à la fin d’un cycle, autant physique que mental.
Un EP taillé pour marquer les esprits
Si KAEDERIC fonctionne si bien sur « Dazzling Horses », c’est aussi grâce à la cohésion de l’équipe. Au chant et aux guitares, Cédric Boucher mène la barque avec une présence forte, presque frontale. Derrière, la section instrumentale ne lâche rien. Romain assure non seulement la batterie, mais aussi l’enregistrement et le mix, ce qui renforce l’impression de contrôle total sur le son. Puis, au mastering, Alexis Bardinet (Globe Audio Mastering) vient donner le dernier coup de polish sans lisser la rugosité essentielle du projet.
Visuellement, Cédric signe également l’artwork, et ça colle parfaitement à l’univers de l’EP : brut, contrasté, sans surdécor inutile. Tout, dans ce projet, respire le refus du compromis. On est loin d’un disque produit à la chaîne. Au contraire, on ressent un objet pensé comme une expérience complète, où le son, les thèmes et l’esthétique avancent ensemble, comme une unité prête à tout encaisser.
Au final, « Dazzling Horses » ne se contente pas de raconter une expérience humaine. Il la dissèque, la confronte et la transforme en quelque chose de partageable, presque cathartique. Si tu cherches un EP alternatif/metal qui ne joue pas les figurants, tu peux clairement garder KAEDERIC dans ton radar. Parce que ce genre de projet, quand ça s’enracine, a souvent tendance à revenir encore plus fort. Et là, honnêtement, on a déjà hâte de voir la suite.
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