Lueurs débarque officiellement dans la cour des grands avec Ustaritz, son tout premier EP, dispo ce vendredi 27 février. Si tu suis un peu la scène pop française, tu as peut‑être déjà croisé son nom avec son dernier single-clip. Là, on passe à l’étape supérieure : six titres pour raconter trois années de vie, de départs, de retours et de lumière retrouvée. Autant te dire que ça sent le projet pensé comme un vrai set, pas juste une playlist de démos collées ensemble.

Du rock ado à une pop française apaisée

Derrière Lueurs, il y a un parcours qui parle à pas mal de monde. Avant de se lancer en solo, il faisait partie du duo Nuage. Donc, il a déjà connu les répètes en cave, les petits concerts où tu sonorises presque toi-même, et les rêves de grosse scène. Sauf qu’au fil du temps, sa musique a glissé du rock adolescent vers une écriture plus posée, plus intérieure, sans perdre l’énergie du départ. Aujourd’hui, il revendique une pop française lumineuse, mais jamais cucul, nourrie autant par l’introspection folk que par les élans plus urbains.

Pour façonner ce nouveau son, Lueurs s’est entouré de Pierre Vergeat à la production. Ensemble, ils ont construit une matière sonore chaleureuse, à mi-chemin entre électro-pop colorée et touches plus modernes. On pense souvent à Ben Mazué pour le côté récit de vie, parfois à Sylvain Duthu pour la sensibilité. Pourtant, le projet garde clairement sa propre identité. Tu sens le soin porté aux arrangements, comme si chaque titre avait été taillé pour t’accompagner en voiture de nuit ou en retour de concert, quand tu redescends doucement.

“Ustaritz” : carnet de bord, lettre d’adieu et bande-son du retour au Sud

Ustaritz, ce n’est pas juste un nom un peu stylé. C’est le fil rouge du disque, le décor et le symbole. L’EP s’ouvre sur l’envie de quitter Paris, cette ville qu’on adore détester, puis il se termine sur l’acceptation de quitter Ustaritz lui-même. Entre les deux, tu traverses trois années intimes, comme si tu lisais un carnet de bord mis en musique. Il y a le retour au Sud, l’océan en ligne d’horizon, les montagnes en arrière-plan et, surtout, les racines qui tirent un peu vers le bas mais réchauffent quand même.

Tout du long, Lueurs parle de reconnexion. À soi, d’abord, parce que tu ne peux pas tricher avec ce genre de projet. À l’amitié ensuite, à l’amour, et évidemment à cette lumière qui donne son nom au projet. Musicalement, ça alterne entre refrains lumineux qui restent en tête et moments plus mélancoliques, presque suspendus. L’EP se vit comme un mini-concert intime : tu passes d’un titre plus énergique à une ballade qui calme la fosse intérieure. Et à la fin, tu as cette impression d’avoir lu une lettre d’adieu douce-amère, adressée à un lieu, à une époque, peut-être à une version passée de soi-même.

Alors, est-ce que “Ustaritz” va réinventer la pop française ? Pas besoin de grandes promesses. Ce disque cherche plutôt à te parler vrai, à devenir la bande-son de ceux qui avancent, tombent, se relèvent et repartent vers le large. Si tu aimes les projets cohérents, narratifs, qui s’écoutent d’une traite comme un set bien construit, tu sais ce qu’il te reste à faire vendredi. Et toi, tu te situes où en ce moment : Paris pressé ou Sud qui prend le temps ?

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