Mickle Muckle revient pour te secouer sévèrement les tympans avec son premier album protopunk psyché, « Tit For Tat », maintenant dispo via Le Cèpe et Modulor. Si tu aimes quand ça grince, que ça déborde et que ça frôle l’implosion, tu vas clairement vouloir mettre ça très fort. Après un premier extrait en novembre, le groupe avait annoncé la couleur avec le clip de « A Cock And Bull Story ». Là, on a enfin tout le set entre les mains, et il transpire l’urgence du premier disque pensé comme un reset total.

Un album comme un reset, entre rage et brouillard psyché

Avec « Tit For Tat », Mickle Muckle ne perd pas de temps à faire les présentations. Dès les premiers titres, tu sens cette rage prête à mordre, cette tension qui rappelle autant la fureur d’Idles ou d’Osees que l’ombre tordue de The Fall ou Suicide. Les neuf morceaux enchaînent les accélérations sauvages, puis, soudain, tout se brume. Le groupe te laisse errer dans un brouillard sonore épais, comme un lendemain de cuite émotionnelle où chaque note clignote encore dans ta tête.

L’univers protopunk psyché du disque tient justement là-dedans : une base nerveuse, presque punk, mais travaillée au scalpel. Les riffs déboulent, l’énergie est brute, pourtant rien ne sonne bâclé. On entend l’obsession du détail, ce côté “punk minutieux” qui fait que chaque cassure, chaque arrêt net ou dérive noisy paraît calculé pour mieux te retourner le cerveau. “Tit For Tat”, œil pour œil, ne laisse pas de place aux regrets. Tu sens que le groupe avait besoin de tout vider d’un coup, comme on balance un set trop longtemps retenu.

En studio, l’album a pris forme avec Nico Brusq à l’enregistrement et au mixage, puis Christophe Menanteau au mastering. Du coup, ça sonne épais, frontal, mais avec suffisamment de place pour les visions hallucinées qui traversent les morceaux. Tu peux passer d’un passage qui cogne en plein front à une longue dérive presque hypnotique. Le tout garde cette sensation de marche forcée, comme si la bande refusait d’appuyer sur pause, coûte que coûte.

“A Cock And Bull Story” : dérive psyché et lutte en équilibre instable

Au cœur de ce tourbillon, « A Cock And Bull Story » fait office de manifeste. Le titre est tendu, accroché à un fil, mais régulièrement traversé par une dérive psychédélique qui donne l’impression qu’un esprit est sur le point de vaciller. Tu avances avec lui, tu tangues, et, pourtant, tu restes accro. La patte protopunk psyché du groupe s’y déploie à fond : la rythmique serre les dents pendant que les guitares ouvrent des failles presque hallucinées.

La réalisatrice Laura Deforge a capté ce vertige dans le clip en choisissant un angle loin du cliché. Plutôt qu’un récit de guérison bien propre, elle met en scène la lutte contre la dépression comme une mécanique de résistance. C’est une avancée chaotique, absurde, parfois clownesque, où l’on continue de se pencher dans la pente non par renoncement, mais par pure obstination. Tu regardes ça et tu te dis que tu connais ce sentiment : ce moment où tu tiens debout juste parce que tu refuses de tomber.

Ce morceau résume bien le reste de « Tit For Tat ». Le groupe ne cherche pas à enjoliver la chute, il préfère montrer comment on apprend à marcher de travers, mais toujours en avant. Entre les montées en tension, les explosions nerveuses, puis ces pauses dans le brouillard, l’album ressemble à une longue nuit blanche, passée à retourner tes démons en tous sens. Et, franchement, c’est ce qui donne envie d’y revenir, encore et encore, comme on relance un set culte pour vérifier si on a bien tout entendu.

Un trip à rattraper d’urgence

En fin de compte, « Tit For Tat » impose Mickle Muckle comme un sérieux candidat dans le paysage protopunk psyché hexagonal. Tu y retrouves la radicalité d’un premier jet, mais aussi une vraie vision. Entre les influences assumées, de Idles à Osees, et ces ombres plus old school façon The Fall ou Suicide, le groupe trace quand même sa propre route. Ça ne cherche pas à être lisse, ça préfère te griffer un peu au passage.

Alors, si tu as besoin d’un disque qui cogne autant qu’il hypnotise, tu sais quoi faire. Mets « Tit For Tat » dans ta rotation, laisse « A Cock And Bull Story » tourner, et vois comment tout ça vient se faufiler dans ta playlist. Ce n’est pas le genre d’album que tu écoutes en fond. Tu le subis d’abord, puis tu l’adoptes, un peu comme ces groupes que tu découvres par hasard et qui finissent par devenir des passages obligés dans ta setlist perso.

Et, entre nous, mieux vaut le choper maintenant, tant que tout est encore frais, parce que ce genre de premier disque fait souvent office de point de départ. Si Mickle Muckle garde cette intensité, on n’a clairement pas fini d’entendre parler d’eux.


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