Si tu aimes le prog metal qui te retourne autant le cerveau que la nuque, garde ce nom en tête : Only Human. Les Danois arrivent de Copenhague avec un premier album, Planned Obsolescence, qui s’annonce déjà comme une grosse claque existentielle. Pas juste un disque de riffs techniques, mais une vraie charge contre notre futur pas si lointain, gavé de techno, d’algorithmes et de cerveaux en veille. Entre Periphery, TesseracT, Northlane ou Spiritbox, le groupe trace sa propre route et vient secouer la fosse mentale autant que tes cervicales.
Un univers cyber-déglingué entre Matrix, djent et fin du monde
Only Human ne débarque pas de nulle part, mais presque. Le projet naît en 2022 autour de Patrick Grønbæch Christensen, qui assure à la fois le chant et la guitare, et du batteur Andreas Pröll. Très vite, le duo se renforce avec le bassiste Guillaume Blanjean, puis, en 2024, avec deux autres gratteux, Martin Hastrup et JaCK Kijne. Autant te dire que niveau mur de guitares, tu es servi. Ensemble, ils posent les bases de Planned Obsolescence, un disque construit comme une plongée dans un futur en surchauffe.
Le nom du groupe vient carrément d’une scène clé de The Matrix. Donc forcément, l’univers est blindé de références à la SF parano des années 90, mais aussi de clins d’œil à Linkin Park, Opeth, au drum’n’bass et à toute la clique moderne façon Bring Me The Horizon ou TesseracT. Pourtant, le groupe ne se contente jamais de copier. Au contraire, il tisse son propre monde sonore, entre gros riffs djent, nappes électroniques inquiétantes et refrains qui pourraient retourner un festival entier.
Dès l’ouverture avec “Drift”, tu sens que le voyage ne sera pas cosy. Les morceaux s’enchaînent comme les chapitres d’un film catastrophe hyper contrôlé. La tracklist déroule huit titres pour un peu plus de 40 minutes, sans temps mort : de “The Sun and the Moon” à “Death Cult”, chaque piste ajoute une couche d’angoisse futuriste, mais aussi une bonne dose d’énergie brute qui donne envie de tout hurler en chœur au premier concert.


“Automata”, “Techno Fascist” et la bande-son d’une humanité sous algorithme
Au cœur de l’album, Only Human appuie franchement là où ça fait mal. Le groupe l’annonce clairement : Planned Obsolescence veut réveiller les gens sur la manière dont la technocratie grignote nos vies. Tu vois les applis qui te poussent à scroller sans fin, les objets pensés pour tomber en panne au bout de deux ans, les réseaux qui transforment chacun en produit jetable ? Tout ça, le groupe le balance en pleine face, mais avec des guitares accordées bien bas et des rythmes syncopés qui cognent fort.
Le single “Automata” illustre parfaitement cette vision. Le morceau démarre sur des rythmes qui cliquettent comme un cerveau connecté en permanence, puis explose en grooves énormes qui pourraient retourner la fosse d’un festival en deux minutes. Patrick explique qu’on a “délégué la pensée critique” à des algorithmes : la musique épouse cette idée, en mêlant beats électroniques, blips menaçants et un prog metal ultra moderne qui pulse comme une machine à vivre à ta place.
Puis arrive “Techno Fascist”, qui se faufile d’abord en mode discret avant de s’abattre comme un virus sur ton système nerveux. Les chugs ultra graves, les textures synthétiques et la tension permanente donnent l’impression d’assister au crash complet de l’humanité en temps réel. Plus loin, “Steep Descent” a demandé plusieurs versions au groupe avant d’atteindre son pont final, cette montée vertigineuse où un solo de guitare vient tout arracher, façon décollage vers une autre dimension.
L’album se termine avec “Breach”, un final quasi apocalyptique. Les claviers brillent comme une comète filant droit vers la Terre, pendant que la section rythmique pilonne sans relâche. Pourtant, au milieu de ce chaos, une lueur persiste. Quand Patrick chante “cast your flame beyond this bleak reality”, il ne fait pas que lancer une punchline : il ouvre une brèche vers quelque chose de plus humain, par-delà les écrans et les scripts qui dictent nos vies.
Un premier tir tendu, fait main, pour la scène de demain
Ce qui rend Only Human particulièrement excitant, c’est aussi la façon dont le groupe gère son propre son. L’enregistrement, la prod et le mix se font à la maison, dans leur Only Human Studio, avec Patrick aux manettes pour chaque phase. Même le mastering digital et CD passe par lui, tandis que le vinyle est confié à Brett Caldas-Lima. Résultat : un disque qui sonne moderne, précis, mais jamais froid, loin de l’usine à presets clinique. Tu sens la sueur, les nuits blanches et le souci du détail dans chaque break.
Signés chez Season of Mist dès le début 2026 et déjà annoncés au Sweden Rock Festival, les Danois semblent prêts à emmener leur prog metal existentiel sur scène, là où ces morceaux devraient vraiment prendre feu. On imagine déjà les breakdowns de “Automata” ou les montées de “Steep Descent” en fin de set, quand le public chante à s’en arracher la voix. Avec cette fusion de prog, djent, hard rock et sons électroniques, Only Human construit un univers cohérent, dense, mais immédiatement accrocheur.
Au fond, malgré son ambiance de fin du monde, Planned Obsolescence ne se résume pas à un constat désespéré. Patrick le dit lui-même : si le monde part en vrille, c’est souvent parce que les gens baissent les bras. Alors l’album agit comme un rappel : rien n’est totalement foutu, on peut encore choisir l’humain plutôt que le profit. Si tu cherches un nouveau groupe capable de faire réfléchir tout en te collant la chair de poule, Only Human vient clairement d’entrer dans la partie. Et tu ferais bien de monter dans le train maintenant, avant qu’il ne file à toute vitesse vers le futur qu’ils annoncent.
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